Il y a peut-être un biais statistique : nous comptabilisons les décès qui sont "probablement dus" au virus, alors que dans bien d'autres pays, seuls sont pris en compte, dans cette liste morbide, les cas avérés et testés.
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Il y a peut-être un biais statistique : nous comptabilisons les décès qui sont "probablement dus" au virus, alors que dans bien d'autres pays, seuls sont pris en compte, dans cette liste morbide, les cas avérés et testés.Mais le point qui fait mal et qui est souligné par le sociologue belge est celui-ci : alors que nous avons concentré nos efforts sur le système hospitalier, nous avons laissé tomber celui des maisons de repos et de soins. Environ un décès sur deux (44%) a lieu en effet dans ces institutions.Elles ont été abandonnées en effet: manquant de masques, blouses, gants, visières, le personnel soignant a trop souvent opéré sans protection. Il a été infecté dans de terribles proportions, propageant la maladie dans leur famille et chez les pensionnaires. "C'est une tragédie humaine, sociale et éthique qui nous pose d'innombrables questions, souligne Geoffrey Pleyers. Comment ce secteur n'a-t-il pas mieux été préparé à l'arrivée de l'épidémie alors qu'on savait depuis janvier que le virus affectait particulièrement les personnes âgées ? Quelle est la proportion de ces décès qui auraient pu être évités s'ils avaient bénéficié de soin dans les hôpitaux ? Quels moyens et quelles énergies ont été accaparés pour éviter à tout prix le débordement de nos hôpitaux auraient pu sauver des vies s'ils avaient été alloués à des maisons de repos ? Combien de personnes âgées atteintes du coronavirus a-t-on maintenues dans les maisons de repos malgré l'aggravation de la maladie alors que l'accès aux soins dans les hôpitaux aurait pu les sauver ?"Ces questions, éminemment politiques, nous ne pourrons pas en faire l'économie une fois la pandémie sous contrôle. Pourquoi avons-nous laissé tomber nos grands-parents ?