On avait bien ri à l'époque en regardant la tête de nos copains matheux quand François Hollande avait promis d'"inverser la courbe du chômage" pendant son mandat présidentiel. Tout le monde avait compris que le président socialiste signifiait qu'il voulait que le taux de chômage cesse de monter et commence à baisser. Tout le monde, sauf les mathématiciens qui s'étaient arraché les cheveux et avaient mangé leurs calculettes. "C'est une aberration, avait clamé, au bord des larmes, l'un d'eux sur France Culture. Inverser la courbe du chômage pourrait consister à inverser la fonction f(x) qui correspond à cette courbe, c'est-à-dire la remplacer par 1/f(x). En l'occurrence, cela ne va pas. On ne va quand même pas remplacer le nombre de chômeurs par l'inverse du nombre de chômeurs".

Pourquoi reparler de ce triste épisode ? Parce que voilà, la courbe du chômage s'inverse. Les dernières statistiques de Pôle Emploi nous apprennent que sur une année, le chômage a baissé de 12,6% dans l'Hexagone (si on veut chipoter, il s'agit des chômeurs de catégorie A, la plus importante, qui regroupe ceux qui sont sans aucune activité. Mais il y a aussi les catégories B, C, ... Par exemple, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie C, les gens qui ont exercé une activité réduite de plus de 78 heures par mois, a en revanche augmenté de 8,6% sur un an). Le taux d'emploi, qui correspond au nombre d'actifs occupés sur le nombre de la population en âge de travailler, s'élève à 67,5%. Là aussi un record. On n'a jamais compté en France aussi peu de gens sans aucune activité depuis dix ans. Mais cela fait quand même, encore, trois millions de personnes, pour un taux de chômage qui était encore de 8,1% en septembre.

Mais ne boudons pas notre plaisir. La ministre du travail, Elisabeth Borne, qu'on ne peut pourtant pas soupçonner d'avoir forcé sur le Glenfiddich, ose rêver au plein emploi. "Un taux de chômage de 5, 6%, je pense que c'est ce qu'on peut viser compte tenu de la bonne dynamique qu'on a pu créer ces derniers mois", jubile-t-elle sur C News.

On doit aussi y songer à l'Elysée. Car inverser la courbe du chômage à quelques mis du suffrage, c'est ce dont rêvent tous les présidents qui cherchent à se faire réélire.

Je sais, je sais. Emmanuel Macron n'est toujours pas déclaré candidat à sa succession. Enfin, il n'y a que lui, peut-être, qui ignore encore qu'il brigue un nouveau mandat. Toute son équipe est sur pied de guerre et Le Monde a dévoilé que son parti, La République en Marche, avait créé dans la nuit de mercredi dernier son site de campagne. Il s'appelle "avecvous2022".

Le pitch ? Dévaloriser les candidats déjà déclarés, qui ne sont que des égocentriques représentant la vieille politique. "Vous ne vous reconnaissez pas dans les déclarations des candidats à l'élection présidentielle ? C'est normal, ils ne parlent pas de vous, ils parlent d'eux. Notre démarche est à l'opposé de ça" peut-on lire sur "avecvous2022". Ne pas être candidat pour gagner l'élection. Il fallait y penser.

On avait bien ri à l'époque en regardant la tête de nos copains matheux quand François Hollande avait promis d'"inverser la courbe du chômage" pendant son mandat présidentiel. Tout le monde avait compris que le président socialiste signifiait qu'il voulait que le taux de chômage cesse de monter et commence à baisser. Tout le monde, sauf les mathématiciens qui s'étaient arraché les cheveux et avaient mangé leurs calculettes. "C'est une aberration, avait clamé, au bord des larmes, l'un d'eux sur France Culture. Inverser la courbe du chômage pourrait consister à inverser la fonction f(x) qui correspond à cette courbe, c'est-à-dire la remplacer par 1/f(x). En l'occurrence, cela ne va pas. On ne va quand même pas remplacer le nombre de chômeurs par l'inverse du nombre de chômeurs".Pourquoi reparler de ce triste épisode ? Parce que voilà, la courbe du chômage s'inverse. Les dernières statistiques de Pôle Emploi nous apprennent que sur une année, le chômage a baissé de 12,6% dans l'Hexagone (si on veut chipoter, il s'agit des chômeurs de catégorie A, la plus importante, qui regroupe ceux qui sont sans aucune activité. Mais il y a aussi les catégories B, C, ... Par exemple, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie C, les gens qui ont exercé une activité réduite de plus de 78 heures par mois, a en revanche augmenté de 8,6% sur un an). Le taux d'emploi, qui correspond au nombre d'actifs occupés sur le nombre de la population en âge de travailler, s'élève à 67,5%. Là aussi un record. On n'a jamais compté en France aussi peu de gens sans aucune activité depuis dix ans. Mais cela fait quand même, encore, trois millions de personnes, pour un taux de chômage qui était encore de 8,1% en septembre. Mais ne boudons pas notre plaisir. La ministre du travail, Elisabeth Borne, qu'on ne peut pourtant pas soupçonner d'avoir forcé sur le Glenfiddich, ose rêver au plein emploi. "Un taux de chômage de 5, 6%, je pense que c'est ce qu'on peut viser compte tenu de la bonne dynamique qu'on a pu créer ces derniers mois", jubile-t-elle sur C News.On doit aussi y songer à l'Elysée. Car inverser la courbe du chômage à quelques mis du suffrage, c'est ce dont rêvent tous les présidents qui cherchent à se faire réélire.Je sais, je sais. Emmanuel Macron n'est toujours pas déclaré candidat à sa succession. Enfin, il n'y a que lui, peut-être, qui ignore encore qu'il brigue un nouveau mandat. Toute son équipe est sur pied de guerre et Le Monde a dévoilé que son parti, La République en Marche, avait créé dans la nuit de mercredi dernier son site de campagne. Il s'appelle "avecvous2022". Le pitch ? Dévaloriser les candidats déjà déclarés, qui ne sont que des égocentriques représentant la vieille politique. "Vous ne vous reconnaissez pas dans les déclarations des candidats à l'élection présidentielle ? C'est normal, ils ne parlent pas de vous, ils parlent d'eux. Notre démarche est à l'opposé de ça" peut-on lire sur "avecvous2022". Ne pas être candidat pour gagner l'élection. Il fallait y penser.