Attendue en net ralentissement, la croissance économique a déjoué les pronostics au deuxième trimestre dans les 19 pays partageant la monnaie unique. En hausse de 0,7%, elle s'est même accélérée par rapport aux trois premiers mois de l'année.

Dans l'ensemble de l'UE, elle a progressé à peine moins vite (0,6%), d'après les données de l'office européen des statistiques Eurostat publiées vendredi.

L'activité a été portée par la bonne tenue des services touristiques grâce à la levée des restrictions liées à la pandémie de coronavirus. Mais les économistes avertissent que l'industrie a déjà commencé à flancher et qu'une récession approche.

"Les données du produit intérieur brut (PIB) plus fortes que prévu ne changent rien au fait que l'aggravation de la crise énergétique, la flambée de l'inflation et la hausse des taux d'intérêt risquent de pousser la zone euro dans la récession plus tard cette année", prévient Andrew Kenningham, économiste en chef pour l'Europe chez Capital Economics.

La croissance a été forte en Espagne (1,1%), en Italie (1%) et en France (0,5%). Mais l'Allemagne, première économie européenne, a stagné (0%).

"La crise énergétique pèse énormément sur l'Allemagne, plus industrielle et très dépendante des importations de gaz russe", a expliqué à l'AFP Peter Vanden Houte, chef économiste pour ING.

Parallèlement, "la réouverture de l'économie post-Covid est surtout positive pour les pays avec un fort secteur des services, comme la France ou les pays dépendants du tourisme comme l'Espagne et l'Italie", a-t-il ajouté.

Le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, avertit depuis le printemps qu'une éventuelle coupure complète des livraisons de gaz russes à l'Europe pourrait plonger le continent dans la récession en fin d'année.

"Incertitude élevée"

"Bonne nouvelle! L'économie de la zone euro dépasse les attentes au deuxième trimestre", s'est-il réjoui vendredi sur son compte Twitter. Mais "l'incertitude reste élevée pour les trimestres à venir", a-t-il averti.

Peter Vanden Houte souligne que certains indicateurs sont déjà négatifs : "la consommation a baissé en France pour le deuxième trimestre consécutif, l'indicateur de confiance des consommateurs européens est au plus bas depuis 1985 et l'industrie se contracte dans plusieurs pays".

Les Etats-Unis sont déjà techniquement en récession, avec deux trimestres consécutifs de baisse du PIB (-1,6% sur janvier-mars, -0,9% sur avril-juin, en rythme annualisé).

La Chine a connu un coup de frein brutal, avec une chute de sa croissance à seulement 0,4% au deuxième trimestre, sa pire performance depuis début 2020 au plus fort de la crise du Covid.

L'économie européenne risque aussi d'être freinée par la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) devenue restrictive pour lutter contre l'inflation. La BCE a augmenté la semaine dernière ses taux d'intérêt pour la première fois en plus de dix ans, suivant une tendance initiée par la banque centrale américaine.

"L'horizon économique s'assombrit" et ce "pour la seconde moitié de 2022 et au-delà", a estimé la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

La dégradation des perspectives intervient alors que la monnaie européenne a chuté au plus bas depuis 20 ans par rapport au dollar américain.

La guerre en Ukraine, et son impact toujours plus grand sur les prix de l'énergie et de l'alimentation, ont poussé récemment Bruxelles à réduire encore ses prévisions de croissance en zone euro.

L'exécutif européen n'attend plus que 2,6% en 2022 et seulement 1,4% en 2023, contre 2,7% et 2,3% anticipés jusqu'ici. Il a parallèlement relevé ses prévisions d'inflation à 7,6% en 2022 et 4% en 2023, contre 6,1% et 2,7% attendus précédemment.

Comme chaque mois depuis novembre, l'inflation de la zone euro a été propulsée à un nouveau record en juillet, à 8,9% sur un an, après 8,6% en juin. Outre l'envolée des prix de l'énergie (carburants, gaz, électricité), les ménages européens sont de plus en plus confrontés à celle des prix alimentaires.

Attendue en net ralentissement, la croissance économique a déjoué les pronostics au deuxième trimestre dans les 19 pays partageant la monnaie unique. En hausse de 0,7%, elle s'est même accélérée par rapport aux trois premiers mois de l'année.Dans l'ensemble de l'UE, elle a progressé à peine moins vite (0,6%), d'après les données de l'office européen des statistiques Eurostat publiées vendredi.L'activité a été portée par la bonne tenue des services touristiques grâce à la levée des restrictions liées à la pandémie de coronavirus. Mais les économistes avertissent que l'industrie a déjà commencé à flancher et qu'une récession approche."Les données du produit intérieur brut (PIB) plus fortes que prévu ne changent rien au fait que l'aggravation de la crise énergétique, la flambée de l'inflation et la hausse des taux d'intérêt risquent de pousser la zone euro dans la récession plus tard cette année", prévient Andrew Kenningham, économiste en chef pour l'Europe chez Capital Economics.La croissance a été forte en Espagne (1,1%), en Italie (1%) et en France (0,5%). Mais l'Allemagne, première économie européenne, a stagné (0%)."La crise énergétique pèse énormément sur l'Allemagne, plus industrielle et très dépendante des importations de gaz russe", a expliqué à l'AFP Peter Vanden Houte, chef économiste pour ING.Parallèlement, "la réouverture de l'économie post-Covid est surtout positive pour les pays avec un fort secteur des services, comme la France ou les pays dépendants du tourisme comme l'Espagne et l'Italie", a-t-il ajouté.Le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, avertit depuis le printemps qu'une éventuelle coupure complète des livraisons de gaz russes à l'Europe pourrait plonger le continent dans la récession en fin d'année."Bonne nouvelle! L'économie de la zone euro dépasse les attentes au deuxième trimestre", s'est-il réjoui vendredi sur son compte Twitter. Mais "l'incertitude reste élevée pour les trimestres à venir", a-t-il averti.Peter Vanden Houte souligne que certains indicateurs sont déjà négatifs : "la consommation a baissé en France pour le deuxième trimestre consécutif, l'indicateur de confiance des consommateurs européens est au plus bas depuis 1985 et l'industrie se contracte dans plusieurs pays".Les Etats-Unis sont déjà techniquement en récession, avec deux trimestres consécutifs de baisse du PIB (-1,6% sur janvier-mars, -0,9% sur avril-juin, en rythme annualisé).La Chine a connu un coup de frein brutal, avec une chute de sa croissance à seulement 0,4% au deuxième trimestre, sa pire performance depuis début 2020 au plus fort de la crise du Covid.L'économie européenne risque aussi d'être freinée par la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) devenue restrictive pour lutter contre l'inflation. La BCE a augmenté la semaine dernière ses taux d'intérêt pour la première fois en plus de dix ans, suivant une tendance initiée par la banque centrale américaine."L'horizon économique s'assombrit" et ce "pour la seconde moitié de 2022 et au-delà", a estimé la présidente de la BCE, Christine Lagarde.La dégradation des perspectives intervient alors que la monnaie européenne a chuté au plus bas depuis 20 ans par rapport au dollar américain.La guerre en Ukraine, et son impact toujours plus grand sur les prix de l'énergie et de l'alimentation, ont poussé récemment Bruxelles à réduire encore ses prévisions de croissance en zone euro.L'exécutif européen n'attend plus que 2,6% en 2022 et seulement 1,4% en 2023, contre 2,7% et 2,3% anticipés jusqu'ici. Il a parallèlement relevé ses prévisions d'inflation à 7,6% en 2022 et 4% en 2023, contre 6,1% et 2,7% attendus précédemment.Comme chaque mois depuis novembre, l'inflation de la zone euro a été propulsée à un nouveau record en juillet, à 8,9% sur un an, après 8,6% en juin. Outre l'envolée des prix de l'énergie (carburants, gaz, électricité), les ménages européens sont de plus en plus confrontés à celle des prix alimentaires.