La hausse des taux d'intérêt et les échanges en cours sur la compensation des prix élevés de l'énergie illustrent la nécessité d'un débat budgétaire sérieux. Si nous voulons être prêts pour affronter la transition climatique, le vieillissement de la population et le prochain choc économique, il est grand temps de réduire les déficits et de constituer les tampons nécessaires.

Les déficits budgétaires actuels ne sont pas seulement la conséquence de dépenses dans la lutte contre le coronavirus, mais également d'une augmentation structurelle des dépenses. Soyons clairs: les mesures de soutien dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 étaient nécessaires, tout comme l'est la solidarité après les inondations en Wallonie. Cela ne signifie pas cependant que nous pouvons lâcher complètement les rênes des dépenses avec insouciance, comme certains semblent le croire. La santé de nos finances publiques était déjà précaire avant la crise du coronavirus avec trop de dépenses récurrentes et trop peu d'investissements proprement dits. Le résultat est que la dette publique belge a fortement augmenté, à 113% du revenu national.

Une dette nationale élevée n'est pas innocente. Les économistes soulignent à juste titre qu'il ne faut pas se fixer sur le montant exact de cette dette. Après tout, la soutenabilité de la dette nationale dépend des charges d'intérêt, du coût de la dette. Pendant des années cette charge d'intérêts a diminué grâce à des taux d'intérêt bas et à une politique de refinancement intelligente, mais cela a pris fin en 2020. La charge annuelle d'intérêts s'est stabilisée à 2% du PIB, soit environ 9 milliards d'euros. Ce sont des taxes que nous collectons et transférons directement aux investisseurs et que nous n'utilisons donc pas à des fins politiques. A titre de comparaison, les budgets de l'Intérieur, de la Défense et de la Justice s'élèvent à 8,3 milliards d'euros. Pendant ce temps, les taux d'intérêt remontent et nos déficits restent structurellement élevés.

De temps en temps on tire des sonnettes d'alarme. Le Fonds monétaire international, la Commission européenne et notre propre Banque nationale sont tous préoccupés par la viabilité de notre dette nationale. Ils soulignent la nécessité de se désendetter afin de constituer les tampons nécessaires dont nous aurons besoin pour faire face au vieillissement de la population, au rattrapage de l'investissement public et aux crises futures. Après tout, les pays avec un faible niveau d'endettement ont plus de liberté de mouvement, il suffit de regarder les Pays-Bas.

Par conséquent, il est maintenant temps d'agir. Nous ne maîtrisons pas les taux d'intérêt internationaux, mais nous avons un contrôle sur nos déficits. Il n'y a pas de marge du côté des revenus. Notre pression fiscale est déjà parmi les plus élevées au monde, seuls le Danemark et la France en perçoivent davantage. L'effort doit être fait du côté des dépenses, comme l'indique également le FMI. Les dépenses de notre gouvernement sont trop élevées. A politique inchangée, les dépenses publiques atteindront bientôt 55% du PIB.

Nous avons besoin d'une norme de dépenses. Notre président, Egbert Lachaert a récemment déclaré dans une interview que les dépenses publiques ne devraient jamais représenter plus de la moitié de nos revenus, ce palier devant même être une exception. C'est pourquoi je plaide moi aussi pour une norme de dépenses de 50%. Cela permettra d'imposer un plafond à ce que notre gouvernement peut dépenser et encouragera les organismes gouvernementaux à privilégier la qualité plutôt que la quantité.

Il y a nécessité de débattre de façon approfondie des tâches fondamentales du gouvernement, ainsi que de l'efficacité et l'efficience de nos dépenses publiques.

Comme l'a constaté l'économiste en chef du VOKA, Bart Van Craeynest, au vu de nos importantes dépenses publiques, peu de problèmes peuvent être attribués à un manque de ressources. La secrétaire d'État au Budget, Eva De Bleeker a cependant déjà pris des mesures importantes, comme l'introduction de révisions des dépenses. Mais trop souvent, elle semble crier dans le désert. Il est temps que chacun, à tous les niveaux, prenne ses responsabilités.

Christian Leysen (Open VLD)

La hausse des taux d'intérêt et les échanges en cours sur la compensation des prix élevés de l'énergie illustrent la nécessité d'un débat budgétaire sérieux. Si nous voulons être prêts pour affronter la transition climatique, le vieillissement de la population et le prochain choc économique, il est grand temps de réduire les déficits et de constituer les tampons nécessaires.Les déficits budgétaires actuels ne sont pas seulement la conséquence de dépenses dans la lutte contre le coronavirus, mais également d'une augmentation structurelle des dépenses. Soyons clairs: les mesures de soutien dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 étaient nécessaires, tout comme l'est la solidarité après les inondations en Wallonie. Cela ne signifie pas cependant que nous pouvons lâcher complètement les rênes des dépenses avec insouciance, comme certains semblent le croire. La santé de nos finances publiques était déjà précaire avant la crise du coronavirus avec trop de dépenses récurrentes et trop peu d'investissements proprement dits. Le résultat est que la dette publique belge a fortement augmenté, à 113% du revenu national.Une dette nationale élevée n'est pas innocente. Les économistes soulignent à juste titre qu'il ne faut pas se fixer sur le montant exact de cette dette. Après tout, la soutenabilité de la dette nationale dépend des charges d'intérêt, du coût de la dette. Pendant des années cette charge d'intérêts a diminué grâce à des taux d'intérêt bas et à une politique de refinancement intelligente, mais cela a pris fin en 2020. La charge annuelle d'intérêts s'est stabilisée à 2% du PIB, soit environ 9 milliards d'euros. Ce sont des taxes que nous collectons et transférons directement aux investisseurs et que nous n'utilisons donc pas à des fins politiques. A titre de comparaison, les budgets de l'Intérieur, de la Défense et de la Justice s'élèvent à 8,3 milliards d'euros. Pendant ce temps, les taux d'intérêt remontent et nos déficits restent structurellement élevés.De temps en temps on tire des sonnettes d'alarme. Le Fonds monétaire international, la Commission européenne et notre propre Banque nationale sont tous préoccupés par la viabilité de notre dette nationale. Ils soulignent la nécessité de se désendetter afin de constituer les tampons nécessaires dont nous aurons besoin pour faire face au vieillissement de la population, au rattrapage de l'investissement public et aux crises futures. Après tout, les pays avec un faible niveau d'endettement ont plus de liberté de mouvement, il suffit de regarder les Pays-Bas.Par conséquent, il est maintenant temps d'agir. Nous ne maîtrisons pas les taux d'intérêt internationaux, mais nous avons un contrôle sur nos déficits. Il n'y a pas de marge du côté des revenus. Notre pression fiscale est déjà parmi les plus élevées au monde, seuls le Danemark et la France en perçoivent davantage. L'effort doit être fait du côté des dépenses, comme l'indique également le FMI. Les dépenses de notre gouvernement sont trop élevées. A politique inchangée, les dépenses publiques atteindront bientôt 55% du PIB.Nous avons besoin d'une norme de dépenses. Notre président, Egbert Lachaert a récemment déclaré dans une interview que les dépenses publiques ne devraient jamais représenter plus de la moitié de nos revenus, ce palier devant même être une exception. C'est pourquoi je plaide moi aussi pour une norme de dépenses de 50%. Cela permettra d'imposer un plafond à ce que notre gouvernement peut dépenser et encouragera les organismes gouvernementaux à privilégier la qualité plutôt que la quantité.Il y a nécessité de débattre de façon approfondie des tâches fondamentales du gouvernement, ainsi que de l'efficacité et l'efficience de nos dépenses publiques.Comme l'a constaté l'économiste en chef du VOKA, Bart Van Craeynest, au vu de nos importantes dépenses publiques, peu de problèmes peuvent être attribués à un manque de ressources. La secrétaire d'État au Budget, Eva De Bleeker a cependant déjà pris des mesures importantes, comme l'introduction de révisions des dépenses. Mais trop souvent, elle semble crier dans le désert. Il est temps que chacun, à tous les niveaux, prenne ses responsabilités.Christian Leysen (Open VLD)