Parmi les mesures annoncées la semaine dernière par le gouvernement fédéral en vue de soutenir l'horeca, il y a cette baisse temporaire de la TVA entre le 8 mai prochain et la fin du mois de septembre. Aujourd'hui de 12% sur les repas et 21% sur les boissons, le taux de TVA passera à 6% durant cette période, y compris sur les boissons alcoolisées. La décision est évidemment saluée par le secteur qui rappelle toutefois que seules les terrasses pourront rouvrir le 8 mai. "C'est 10 à 15% de l'horeca, relève Thierry Neyens, président de la Fédération Horeca Wallonie. Nous espérons une ouverture globale en juin afin que chacun ait l'opportunité de bénéfi...

Parmi les mesures annoncées la semaine dernière par le gouvernement fédéral en vue de soutenir l'horeca, il y a cette baisse temporaire de la TVA entre le 8 mai prochain et la fin du mois de septembre. Aujourd'hui de 12% sur les repas et 21% sur les boissons, le taux de TVA passera à 6% durant cette période, y compris sur les boissons alcoolisées. La décision est évidemment saluée par le secteur qui rappelle toutefois que seules les terrasses pourront rouvrir le 8 mai. "C'est 10 à 15% de l'horeca, relève Thierry Neyens, président de la Fédération Horeca Wallonie. Nous espérons une ouverture globale en juin afin que chacun ait l'opportunité de bénéficier de cet effet retour. "Les objectifs affichés sont d'encourager les clients à consommer davantage et de permettre aux tenanciers d'augmenter leur marge. Mais à qui cette baisse de la TVA va-t-elle réellement profiter ?Economiste en chef chez Orcadia, Etienne de Callataÿ ne croit pas un instant que cette mesure puisse avoir un effet sur les prix. "Comme nous avons pu le constater lors de précédentes baisses de TVA, cela va dans la marge, dit-il. Les prix, eux, ne bougent pas." Et d'une certaine manière, tant mieux : "Cela se répercuterait sinon dans l'indice des prix et donc dans une diminution de l'indexation automatique des salaires et des prestations sociales. Ce serait donc une mesure pro-employeurs et non pro-travailleurs"."A la sauvegarde des entreprises, préfère Thierry Neyens. Afin d'éviter un nombre de faillites considérable dans les mois à venir. C'est un ballon d'oxygène qui va nous permettre d'honorer des obligations que les indemnités régionales ne nous permettent pas d'honorer."Si la mesure va permettre aux restaurateurs et cafetiers de gonfler leurs liquidités, elle devrait toutefois surtout profiter à ceux qui en ont le moins besoin, estime Etienne de Callataÿ. "Lorsque l'on diminue la TVA, cela augmente la marge de manière proportionnelle au chiffre d'affaires, dit-il. Cela veut dire que vous aidez beaucoup ceux qui en ont le moins besoin, et très peu ceux qui en ont fortement besoin. Je pense, par exemple, au restaurateur situé dans un quartier de bureaux. ""Derrière les ventes, il y a du personnel, des investissements, etc. Il est logique que l'aide soit proportionnelle aux coûts, répond le président de la Fédération Horeca Wallonie. Par ailleurs, le protocole et la distanciation vont nous brider dans notre activité et de facto impacter notre rentabilité. La marge va donc aussi permettre de compenser le manque à gagner."Pour Thierry Neyens, c'est clair, la marge va être diluée dans des augmentations de prix de la part des fournisseurs, des prestataires de services, etc. "Le respect d'un protocole strict va engendrer des coûts supplémentaires et les fournisseurs vont augmenter leurs prix", dit-il."On peut imaginer que certains fournisseurs de l'horeca en profitent pour augmenter leurs prix, admet Etienne de Callataÿ. Mais je pense que cela se fera de manière assez limitée." Et l'économiste de sourire : " Les restaurateurs iront sinon s'approvisionner chez Colruyt."