La cinquième conférence européenne des parties prenantes de l'économie circulaire, intitulée "Vers une nouvelle normalité : des produits durables pour une consommation durable", s'est déroulée en ce début du mois de mars.

En présence de Frans Timmermans, vice-président exécutif de la Commission européenne en charge du Green Deal européen, et de Barbara Pompili, ministre française de la transition écologique, les débats ont été marqués par la situation en Ukraine. Une guerre qui impacte fortement l'économie européenne, et notamment sur le volet énergétique.

Pour les hauts fonctionnaires européens, cette situation "n'est qu'une des nombreuses raisons" pour intensifier les efforts en matière d'économie circulaire. L'objectif étant de renforcer l'autonomie stratégique de l'UE, quand d'autres - dont régulièrement le président française Emmanuel Macron - parlent de "souveraineté européenne". La logique reste la même : l'Europe doit cesser d'être dépendante des autres.

L'Europe face aux guerres économique et climatique

"La guerre de Poutine ajoute une dimension supplémentaire à l'effort incroyablement urgent que nous devons entreprendre pour notre transition verte". Le vice-président Timmermans a résumé en une phrase l'enjeu auquel fait face aujourd'hui les européens.

Pour lui, "la transition verte nous libérera de notre dépendance à l'égard des importations d'énergie et d'autres ressources". Une réflexion qu'avait déjà formulé l'Agence internationale de l'énergie dans un rapport publié le 3 mars. Elle préconisait à l'UE de se tourner vers d'autres sources d'énergie, comme le solaire, l'éolien ou encore la bioénergie (déchets organiques).

Pour Timmermans, investir dans l'économie circulaire "c'est aussi investir dans notre sécurité collective". Une sécurité aujourd'hui mise à mal par un conflit économique de grande ampleur qui frappe les consommateurs européens.

Mais avant même le début de la guerre en Ukraine, l'Union européenne menait déjà un énorme combat : celui contre le changement climatique. Le sixième rapport du GIEC, dont le second volet a été publié le 28 février dernier, l'a encore confirmé. Celui-ci révèle notamment que le seuil de +1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle pourrait être atteint autour de 2030, soit dix ans plus tôt que la dernière estimation datant de 2018.

Nos modèles de consommation actuels ont des effets dévastateurs sur la biodiversité. L'extraction et la transformation des ressources ont entrainé plus de 90 % de la perte de biodiversité et sont responsables de la moitié des émissions totales de gaz à effet de serre.

Produire moins mais produire mieux

Mais concrètement, c'est quoi l'économie circulaire ? Plus que simplement recycler, ce système économique implique de repenser notre façon de concevoir et fabriquer les produits. Cela signifie de mettre fin à l'obsolescence programmée et de réaliser des produits réparables pour les consommateurs. Mais aussi de produire moins et de meilleure qualité, tout l'inverse de ce qui a été fait en matière de textile ces dernières années.

A contre-sens de ces enjeux environnementaux, la "fast fashion" - ou mode rapide - a envahi l'industrie vestimentaire. Une des industries les plus polluantes au monde. On estime que moins de 1 % de tous les textiles dans le monde sont recyclés, pour une industrie qui écoule chaque année 56 millions de tonnes de vêtements.

Les leaders européens souhaitent donc s'attaquer à la fast fashion en stimulant la réutilisation, la réparation et le recyclage des textiles. "Vous savez, la seconde main devient très à la mode et je pense que nous devrions essayer de la stimuler", a déclaré Frans Timmermans.

Si l'UE reconnait que "d'autres Européens risquent leur vie en se battant pour ces valeurs", les leaders européens admettent qu'ils doivent "prendre part à ce combat". Et aujourd'hui, pour Frans Timmermans et Barbara Pompili, cela passe par l'adoption d'une économie circulaire.

Une économie qui ralentit les changements climatiques mais aussi - et surtout - qui permet de garantir l'indépendance stratégique de l'UE. Pour qu'à l'avenir, l'Europe ne se retrouve plus embourbée dans une guerre économique, la mettant dans une position de faiblesse diplomatique.

Aurore Dessaigne

La cinquième conférence européenne des parties prenantes de l'économie circulaire, intitulée "Vers une nouvelle normalité : des produits durables pour une consommation durable", s'est déroulée en ce début du mois de mars. En présence de Frans Timmermans, vice-président exécutif de la Commission européenne en charge du Green Deal européen, et de Barbara Pompili, ministre française de la transition écologique, les débats ont été marqués par la situation en Ukraine. Une guerre qui impacte fortement l'économie européenne, et notamment sur le volet énergétique. Pour les hauts fonctionnaires européens, cette situation "n'est qu'une des nombreuses raisons" pour intensifier les efforts en matière d'économie circulaire. L'objectif étant de renforcer l'autonomie stratégique de l'UE, quand d'autres - dont régulièrement le président française Emmanuel Macron - parlent de "souveraineté européenne". La logique reste la même : l'Europe doit cesser d'être dépendante des autres."La guerre de Poutine ajoute une dimension supplémentaire à l'effort incroyablement urgent que nous devons entreprendre pour notre transition verte". Le vice-président Timmermans a résumé en une phrase l'enjeu auquel fait face aujourd'hui les européens. Pour lui, "la transition verte nous libérera de notre dépendance à l'égard des importations d'énergie et d'autres ressources". Une réflexion qu'avait déjà formulé l'Agence internationale de l'énergie dans un rapport publié le 3 mars. Elle préconisait à l'UE de se tourner vers d'autres sources d'énergie, comme le solaire, l'éolien ou encore la bioénergie (déchets organiques).Pour Timmermans, investir dans l'économie circulaire "c'est aussi investir dans notre sécurité collective". Une sécurité aujourd'hui mise à mal par un conflit économique de grande ampleur qui frappe les consommateurs européens.Mais avant même le début de la guerre en Ukraine, l'Union européenne menait déjà un énorme combat : celui contre le changement climatique. Le sixième rapport du GIEC, dont le second volet a été publié le 28 février dernier, l'a encore confirmé. Celui-ci révèle notamment que le seuil de +1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle pourrait être atteint autour de 2030, soit dix ans plus tôt que la dernière estimation datant de 2018.Nos modèles de consommation actuels ont des effets dévastateurs sur la biodiversité. L'extraction et la transformation des ressources ont entrainé plus de 90 % de la perte de biodiversité et sont responsables de la moitié des émissions totales de gaz à effet de serre.Mais concrètement, c'est quoi l'économie circulaire ? Plus que simplement recycler, ce système économique implique de repenser notre façon de concevoir et fabriquer les produits. Cela signifie de mettre fin à l'obsolescence programmée et de réaliser des produits réparables pour les consommateurs. Mais aussi de produire moins et de meilleure qualité, tout l'inverse de ce qui a été fait en matière de textile ces dernières années.A contre-sens de ces enjeux environnementaux, la "fast fashion" - ou mode rapide - a envahi l'industrie vestimentaire. Une des industries les plus polluantes au monde. On estime que moins de 1 % de tous les textiles dans le monde sont recyclés, pour une industrie qui écoule chaque année 56 millions de tonnes de vêtements.Les leaders européens souhaitent donc s'attaquer à la fast fashion en stimulant la réutilisation, la réparation et le recyclage des textiles. "Vous savez, la seconde main devient très à la mode et je pense que nous devrions essayer de la stimuler", a déclaré Frans Timmermans.Si l'UE reconnait que "d'autres Européens risquent leur vie en se battant pour ces valeurs", les leaders européens admettent qu'ils doivent "prendre part à ce combat". Et aujourd'hui, pour Frans Timmermans et Barbara Pompili, cela passe par l'adoption d'une économie circulaire.Une économie qui ralentit les changements climatiques mais aussi - et surtout - qui permet de garantir l'indépendance stratégique de l'UE. Pour qu'à l'avenir, l'Europe ne se retrouve plus embourbée dans une guerre économique, la mettant dans une position de faiblesse diplomatique. Aurore Dessaigne