Fin des cartes essence à usage privé : “Cela pourrait être une mesure temporaire”

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Supprimer la carte essence pour les trajets privés est l’une des recommandations du collectif d’économistes, sollicités pour conseiller le gouvernement dans le contexte de crise énergétique actuelle. Explications avec Bertrand Candelon de l’UCLouvain, l’un des experts auteur de cette recommandation.

En quoi consiste votre recommandation de supprimer la carte essence pour les trajets privés ?

Il s’agit d’une sous sous recommandation qui figure parmi d’autres dans notre rapport final dans la rubrique “réduction de la demande en énergie”. Dans le cadre privé, notre conseil extrême est de retirer cet avantage aux employés. L’hiver s’annonce compliqué car nous aurons une baisse d’approvisionnement. Nous devons anticiper les possibles pénuries d’énergie. Le but est que les prix n’augmentent pas trop dans ce contexte tendu. Il y a urgence à moins consommer.

Vous touchez ici à la “voiture salaire”, chère aux Belges. Que prévoyez-vous comme compensation financière si une partie de la carte essence est supprimée ? Comment différencier la part de trajets privés et ceux professionnels dans ce cadre ?

C’est une des pistes avancées dans une réflexion plus générale. Nous la proposons au gouvernement et c’est ensuite à lui de réfléchir à la manière de la mettre, ou pas, en oeuvre, avec de possibles compensations financières. Cela pourrait être une mesure temporaire, juste pour l’hiver quand la situation est tendue.

Quelles sont les autres pistes avancées par le groupe d’experts ?

Nous avons lancé l’idée de limiter la vitesse sur les autoroutes à 110km/h et de réduire le chauffage d’un degré. On propose aussi d’avoir davantage recours au télétravail pour éviter de devoir chauffer de grands espaces dans les entreprises en cas de pénurie d’énergie. L’idéal serait aussi d’accélérer le verdissement du parc automobile belge, pour avant 2026.

Comment entrevoyez-vous l’hiver à venir ?

Je pense que la population ne s’en rend pas encore bien compte mais l’hiver prochain va être compliqué. Si par malheur la situation venait à encore se dégrader, on va avoir du mal à se chauffer. Les signaux des pays voisins ne sont pas très encourageants. L’Allemagne a rouvert 3 centrales à charbon et la France va redémarrer la centrale à charbon de Saint-Avold en Moselle.

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