"Il ne faut pas juste compter sur les ressources gazières non-russes: celles-ci ne vont tout simplement pas suffire en volume pour remplacer les livraisons de Russie", souligne Fatih Birol, dans un article publié par son organisation. "Et ce même si l'offre de Norvège et d'Azerbaïdjan afflue à capacités maximum, même si les livraisons d'Afrique du Nord approchent leur niveau de l'an dernier, et même si la croissance des flux de GNL garde son rythme du premier semestre".

Une rupture totale des livraisons ?

Moscou a déjà commencé à fermer le robinet et les Européens craignent une rupture totale des livraisons en réaction aux sanctions prises contre l'invasion de l'Ukraine. Pour Fatih Birol, c'est "une alerte rouge" pour l'UE. L'économiste constate "des progrès" pour s'affranchir de la dépendance russe, "mais pas assez, surtout du côté de la demande, pour éviter que l'Europe ne se retrouve aujourd'hui dans une situation incroyablement précaire". Selon une analyse de l'AIE, le continent devrait stocker dans les trois mois 12 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires (de quoi remplir 130 méthaniers de GNL), pour se mettre à l'abri avec des stocks remplis à 90%.

Mais cela suppose aussi que le gazoduc Nord Stream, principale voie de livraison par la mer Baltique et actuellement en maintenance, soit bien redémarré par les Russes mercredi, et ce jusqu'à début octobre. S'il ne l'était pas, la situation serait encore plus compliquée. Or "on ne peut écarter un arrêt complet", dit M. Birol.

Des systèmes d'enchère

Face à cela, l'AIE préconise en urgence des mesures telles que des systèmes d'enchère pour la vente de gaz aux industriels, privilégier temporairement d'autres sources d'électricité y compris charbon ou pétrole, ou encore lisser les pics de consommation en gaz et électricité via une coordination européenne accrue.

La demande électrique peut être réduite en fixant des normes dans la climatisation par exemple, bâtiments publics en tête, ajoute Fatih Birol, qui appelle les "gouvernements à préparer les populations" via des campagnes, car "chaque action compte. Des gestes simples comme baisser le chauffage de quelques degrés peut économiser la même quantité de gaz que celle fournie par Nord Stream sur un hiver".

Gazprom : soucis de livraison vers l'Europe

Le fournisseur russe de gaz naturel Gazprom a invoqué la "force majeure" pour justifier des problèmes de livraison vers l'Europe, fortement dépendante du gaz russe, ressort-il d'une lettre dont l'agence de presse britannique Reuters a pris connaissance lundi. Dans son courrier, daté de jeudi, l'entreprise indique ne pas pouvoir assurer ses obligations en raison de circonstances "extraordinaires". En opposant la force majeure à sa clientèle, le géant russe - qui jouit d'un monopole sur les exportations nationales par gazoduc - entend éviter de devoir verser des compensations pour défaut d'approvisionnement, avec pour corollaire toutefois de risquer d'envenimer un peu plus les relations entre Moscou et l'Occident depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie fin février.

Les livraisons transitant par le pipeline Nord Stream 1

D'après une source au sein des milieux financiers, qui a requis l'anonymat en raison de la sensibilité du dossier, cette lettre vise les livraisons transitant par le pipeline Nord Stream 1, voie majeure qui alimente l'Europe via notamment l'Allemagne. Ce gazoduc est actuellement à l'arrêt pour des travaux de maintenance. La semaine dernière, le géant gazier avait toutefois annoncé ne pas pouvoir garantir la reprise des livraisons, à cause d'une turbine - présentée comme essentielle - envoyée au Canada pour réparation mais qui ne serait toujours pas de retour en Russie. Les pays européens craignent que Moscou ne prétexte un motif technique pour ne pas reprendre ses livraisons et ainsi faire pression sur eux dans le contexte de la guerre en Ukraine et des sanctions prises envers la Russie.

Gazprom n'a pas souhaité faire de commentaire.

Le courrier a été notamment envoyé à Uniper, le premier importateur et stockeur de gaz en Allemagne, a confirmé un porte-parole de l'entreprise à l'agence de presse allemande DPA. La filiale Gazprom Export invoque la force majeure avec effet rétroactif pour justifier les manquements passés et présents en approvisionnement. Une formulation que l'entreprise allemande réprouve, a souligné le porte-parole.

"Il ne faut pas juste compter sur les ressources gazières non-russes: celles-ci ne vont tout simplement pas suffire en volume pour remplacer les livraisons de Russie", souligne Fatih Birol, dans un article publié par son organisation. "Et ce même si l'offre de Norvège et d'Azerbaïdjan afflue à capacités maximum, même si les livraisons d'Afrique du Nord approchent leur niveau de l'an dernier, et même si la croissance des flux de GNL garde son rythme du premier semestre".Moscou a déjà commencé à fermer le robinet et les Européens craignent une rupture totale des livraisons en réaction aux sanctions prises contre l'invasion de l'Ukraine. Pour Fatih Birol, c'est "une alerte rouge" pour l'UE. L'économiste constate "des progrès" pour s'affranchir de la dépendance russe, "mais pas assez, surtout du côté de la demande, pour éviter que l'Europe ne se retrouve aujourd'hui dans une situation incroyablement précaire". Selon une analyse de l'AIE, le continent devrait stocker dans les trois mois 12 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires (de quoi remplir 130 méthaniers de GNL), pour se mettre à l'abri avec des stocks remplis à 90%.Mais cela suppose aussi que le gazoduc Nord Stream, principale voie de livraison par la mer Baltique et actuellement en maintenance, soit bien redémarré par les Russes mercredi, et ce jusqu'à début octobre. S'il ne l'était pas, la situation serait encore plus compliquée. Or "on ne peut écarter un arrêt complet", dit M. Birol.Face à cela, l'AIE préconise en urgence des mesures telles que des systèmes d'enchère pour la vente de gaz aux industriels, privilégier temporairement d'autres sources d'électricité y compris charbon ou pétrole, ou encore lisser les pics de consommation en gaz et électricité via une coordination européenne accrue.La demande électrique peut être réduite en fixant des normes dans la climatisation par exemple, bâtiments publics en tête, ajoute Fatih Birol, qui appelle les "gouvernements à préparer les populations" via des campagnes, car "chaque action compte. Des gestes simples comme baisser le chauffage de quelques degrés peut économiser la même quantité de gaz que celle fournie par Nord Stream sur un hiver".Le fournisseur russe de gaz naturel Gazprom a invoqué la "force majeure" pour justifier des problèmes de livraison vers l'Europe, fortement dépendante du gaz russe, ressort-il d'une lettre dont l'agence de presse britannique Reuters a pris connaissance lundi. Dans son courrier, daté de jeudi, l'entreprise indique ne pas pouvoir assurer ses obligations en raison de circonstances "extraordinaires". En opposant la force majeure à sa clientèle, le géant russe - qui jouit d'un monopole sur les exportations nationales par gazoduc - entend éviter de devoir verser des compensations pour défaut d'approvisionnement, avec pour corollaire toutefois de risquer d'envenimer un peu plus les relations entre Moscou et l'Occident depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie fin février.D'après une source au sein des milieux financiers, qui a requis l'anonymat en raison de la sensibilité du dossier, cette lettre vise les livraisons transitant par le pipeline Nord Stream 1, voie majeure qui alimente l'Europe via notamment l'Allemagne. Ce gazoduc est actuellement à l'arrêt pour des travaux de maintenance. La semaine dernière, le géant gazier avait toutefois annoncé ne pas pouvoir garantir la reprise des livraisons, à cause d'une turbine - présentée comme essentielle - envoyée au Canada pour réparation mais qui ne serait toujours pas de retour en Russie. Les pays européens craignent que Moscou ne prétexte un motif technique pour ne pas reprendre ses livraisons et ainsi faire pression sur eux dans le contexte de la guerre en Ukraine et des sanctions prises envers la Russie.Gazprom n'a pas souhaité faire de commentaire.Le courrier a été notamment envoyé à Uniper, le premier importateur et stockeur de gaz en Allemagne, a confirmé un porte-parole de l'entreprise à l'agence de presse allemande DPA. La filiale Gazprom Export invoque la force majeure avec effet rétroactif pour justifier les manquements passés et présents en approvisionnement. Une formulation que l'entreprise allemande réprouve, a souligné le porte-parole.