Au lendemain de l'intervention du président Vlodymyr Zelenski à la Chambre, les partis francophones de la Vivaldi restent impressionnés par ce moment d'histoire. Mais ils sont aussi ébranlés par les demandes du chef de cet Etat européen en guerre et pas toujours d'accord sur les réponses économiques complémentaires à donner, que ce soit en ce qui concerne le secteur des diamants ou au sujet de l'embargo énergétiques - deux sujets sur lesquels Zelensky a interpellé les Belges.
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Au lendemain de l'intervention du président Vlodymyr Zelenski à la Chambre, les partis francophones de la Vivaldi restent impressionnés par ce moment d'histoire. Mais ils sont aussi ébranlés par les demandes du chef de cet Etat européen en guerre et pas toujours d'accord sur les réponses économiques complémentaires à donner, que ce soit en ce qui concerne le secteur des diamants ou au sujet de l'embargo énergétiques - deux sujets sur lesquels Zelensky a interpellé les Belges."Son intervention était très poignante, c'était presque irréel de voir en direct le chef d'un Etat en guerre qui nous interpelle", souligne Benoît Piedboeuf, chef de groupe MR. Qui est visiblement bousculé: "Nous avons exprimé notre soutien tout en exprimant le sens de la mesure pour ne pas déclencher autre chose. C'est extrêmement délicat. On se demande par moments s'il ne faut pas y aller...""C'était un moment très émouvant, cet appel à l'aide chef d'un Etat en guerre, avec des milliers de morts", prolonge Ahmed Laaouej, chef de groupe PS. "C'était évidemment un moment symbolique, que nous appelions de nos voeux, mais c'est très important que les démocraties montrent leur appui aux démocraties, appuie Gilles Vanden Burre, chef de groupe Ecolo. L'Ukraine est une démocratie, agressée par un régime tyrannique."Au-delà de ces mots, Vlodymyr Zelenski a renvoyé par moments nos élus à leur impuissance. Les trois représentants francophones de la Vivaldi soulignent qu'il ne pourrait être question d'une "no fly zone" et d'un face-à-face Russie - Otan qui mènerait à l'escalade. Mais sur le volet économique, ils vacillent. Notamment lorsque le chef d'Etat ukrainien affirme que "la paix a plus de valeur que les diamants" ou qu'il rappelle la nécessité d'un embargo énergétique pour cesser de financer la guerre de Poutine.Sur les diamants, la Vivaldi se fendille. Avec des écologistes en pointe. "Nous sommes tout à fait favorables à l'interdiction de l'importation de diamants bruts de Russie, il faut cesser ce commerce dès maintenant, souligne Gilles Vanden Burre. A ce stade, l'option est que ce soit une décision au niveau européen, mais nous pensons que l'on peut déjà prendre une décision au niveau belge. Cela représentait quand même 1,8 milliard de dollars de chiffre d'affaires l'année dernière rien que pour la Belgique, ce n'est pas rien !""Le problème, rétorque Ahmed Laaouej pour le PS, c'est que cela risque de n'avoir aucun effet puisque les Russes pourraient revendre leurs diamants à Dubaï qui n'a pas condamné l'invasion. Cette demande pourrait s'avérer inefficace."De façon générale, le MR de Benoît Piedboeuf insiste : "Il y a une volonté d'aller plus loin, mais il faut une cohérence d'ensemble. Il faut aussi respecter la liberté des entreprises. Nous ne sommes pas comme en France..." Chez nos voisins, la pression sur certains groupes commerçant avec la Russie a été extrêmement forte.En ce qui concerne l'embargo sur l'énergie, tous s'inscrivent dans l'ambition européenne de se couper progressivement de la dépendance à l'égard du gaz russe : deux tiers d'ici la fin de l'année, la totalité en 2027. "Nous avons pris des initiatives avec le Premier ministre, Alexander De Croo, et Tinne van der Straeten, ministre de l'Energie, pour plafonner le prix du gaz ou pour lancer des achats communs au niveau européen", plaide Gilles Van den Burre."Cela doit se construire au niveau européen, acquiesce Ahmed Laaouej. Ce serait contreproductif de nous plonger nous-mêmes dans la misère alors que l'on doit préserver nos moyens pour nous défendre stratégiquement. Poutine joue au échecs et il ne pourra pas gagner de façon éclair comme il le voulait, nous sommes désormais entrés dans un jeu d'usure."