"Nous sommes disposés à examiner, avec les ministres Dedonder (Défense) et Van Peteghem (Finances), comment la Banque européenne d'investissement (BEI) peut jouer un rôle dans le financement des dépenses de sécurité et de défense de la Belgique, pour autant que cela s'inscrive dans l'approche à double usage de la Banque. Cette offre s'adresse également aux gouvernements flamand, bruxellois et wallon". C'est en ces termes que Kris Peeters a lancé dans De Tijd son invitation à utiliser l'argent de la BEI.
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"Nous sommes disposés à examiner, avec les ministres Dedonder (Défense) et Van Peteghem (Finances), comment la Banque européenne d'investissement (BEI) peut jouer un rôle dans le financement des dépenses de sécurité et de défense de la Belgique, pour autant que cela s'inscrive dans l'approche à double usage de la Banque. Cette offre s'adresse également aux gouvernements flamand, bruxellois et wallon". C'est en ces termes que Kris Peeters a lancé dans De Tijd son invitation à utiliser l'argent de la BEI. Bien sûr, le mandat de la banque, bras financier de l'Union européenne, lui interdit de financer l'achat d'armes. En revanche, l'institution peut soutenir des projets "mixtes", d'usage à la fois militaire et civil. Kris Peeters note ainsi que la BEI a financé voici un an l'achat par la marine italienne de navires qui serviront à étudier l'impact du changement climatique en Méditerranée. La banque vient aussi de signer aux Pays-Bas le financement d'une plateforme de cybersécurité. "Ce sont des sujets un peu sensibles pour la banque", nous explique Kris Peeters qui est compétent pour les matières de mobilité mais aussi, et c'est une première au sein de la BEI, de défense et de sécurité. Des matières qu'il connaît bien, lui qui, quand il était au Parlement européen, présidait la délégation auprès de l'Otan. "Dès 2017, poursuit Kris Peeters, la BEI a lancé une European Security Initiative afin de soutenir les investissements dans la cybersécurité, biosécurité, les technologies spatiales, la recherche et développement à double usage. A l'époque, on a décidé de dédier 6 milliards d'euros à ces secteurs. Aujourd'hui, nous en avons déjà investi 3,54, dans de nombreux projets, et j'espère convaincre non seulement les entreprises mais aussi les gouvernements de voir ce qu'ils peuvent faire avec la BEI." Ce n'est donc pas uniquement une question belge. Mais notre pays, qui ne consacre à sa défense que 0,95% de son PIB, doit, comme d'autres Etats membres, faire un effort, selon le vice-président. "Un des éléments cruciaux pour l'Otan est la mobilité militaire, dit-il. Ses deux ports d'entrée sont ceux d'Anvers et de Rotterdam. Quand vous acheminez du matériel dans les Balkans, par exemple, vous avez besoin d'une infrastructure. Et celle-ci n'est pas uniquement militaire. L'article du Tijd avait pour but de dire aux entreprises et gouvernements: essayez d'utiliser les instruments que nous avons pour vous soutenir." Et il semble avoir eu un impact. Au niveau du gouvernement fédéral, "nous avons eu, suite à cet article, des contacts avec les cabinets des ministres belges de la Défense et des Finances", souligne Kris Peeters. Ce que l'on confirme chez Ludivine Dedonder. Reste maintenant à identifier les projets et à les soumettre à la banque... Côté entreprise, Dominique Demonté, directeur auprès de la fédération des entreprises techniques Agoria, a immédiatement réagi: "Ce coup de pouce de la BEI doit être accepté rapidement. Nos pays voisins ne se contentent pas d'inclure leurs industries de la sécurité et de la défense dans leurs plans de relance mais considèrent également ce secteur comme un important pionnier. La Belgique pourrait le faire encore plus."