On ne se saurait trop conseiller à Donald Trump, qui croit toujours être président des Etats-Unis, de regarder le dernier discours de Giscard d'Estaing. Surtout la célébrissime dernière minute où le président lâche au revouaââr, se lève et s'en va lentement sur fond de Marseillaise... C'était sans doute le pire moment du marketing politique, mais Giscard, au moins, avait compris que c'était fini.

Il avait été terrassé autant par François Mitterrand que par la crise pétrolière. Sous son mandat de sept ans, le chômage avait doublé et la dette explosée. Et surtout, son premier ministre Raymond Barre, économiste classique, avait déclenché une politique de la rigueur qui avait empiré les choses.

La hantise du président français actuel Emmanuel Macron est sans doute que le choc gazier actuel ne provoque les mêmes réactions qu'il y a quarante ans. Du coup, on ne regarde pas à la dépense. Le principal producteur d'électricité, EDF, contrôlé par l'Etat, s'est vu obligé de vendre sa production à des prix très inférieurs aux prix du marché. Cela va lui coûter cette année 7 à 8 milliards de profits. Et le gouvernement a décidé de distribuer à tout va des indemnités d'inflation.

Ludovic Subran, chef économiste de l'assureur Allianz, s'en inquiète dans Le Monde : "Trente-huit millions de personnes bénéficiaires de l'indemnité inflation, c'est beaucoup trop quand on sait que les ménages ont épargné 187 milliards d'euros depuis la crise du Covid. Les classes moyennes peuvent supporter un hiver un peu rude vu ce qu'elles n'ont pas dépensé pour aller au restaurant depuis deux ans. Les plus précaires, en revanche, nécessitent bien plus que 100 euros ".

Du côté des opposants politiques, on s'étrangle. Tel Hervé Morin, conseiller économique de la candidate LR de Valérie Pécresse : "Nous sommes face à un gouvernement qui crame la caisse, non seulement de l'Etat, mais aussi des entreprises publiques dont il a la responsabilité".

Mais que serait une campagne électorale sans distribution de cadeaux ? On l'a vu dans un billet précédent, la droite et l'extrême droite veulent alléger les droits de succession, ce qui devrait coûter, selon les projets, 4 à 10 milliards d'euros récurrents. Les entreprises, elles, réclament par la voix de leur association, le Medef, 35 milliards de réductions de charges patronales supplémentaires, en sus des 8 milliards déjà décidées sous ce gouvernement. Personnels de soins de santé, policiers, enseignants, militaires, tous réclament des hausses de budget. Et toucher au régime des retraites s'assimile à un suicide électoral.

Or, comme l'écrit le quotidien économique Les Echos, qui relaie les estimations de l'Institut Montaigne (un think tank libéral), "pour stabiliser la dette à l'horizon 2027 et faire refluer le déficit public à 3 % du PIB, il faudrait un programme d'économies massif de l'ordre de 70 milliards d'euros".

Sans doute, mais l'expérience Giscard a tellement été traumatisante que, comme l'a calculé Éric Dor (IESEG management school), sous les différents mandats quinquennaux, la dette publique française a progressé en points de PIB de 6,7 sous Chirac, 24,9 sous Sarkozy, 9,2 sous Hollande et 13,7 sous Macron (après quatre années de mandat sur cinq).

La caisse n'en finit pas de cramer.

On ne se saurait trop conseiller à Donald Trump, qui croit toujours être président des Etats-Unis, de regarder le dernier discours de Giscard d'Estaing. Surtout la célébrissime dernière minute où le président lâche au revouaââr, se lève et s'en va lentement sur fond de Marseillaise... C'était sans doute le pire moment du marketing politique, mais Giscard, au moins, avait compris que c'était fini.Il avait été terrassé autant par François Mitterrand que par la crise pétrolière. Sous son mandat de sept ans, le chômage avait doublé et la dette explosée. Et surtout, son premier ministre Raymond Barre, économiste classique, avait déclenché une politique de la rigueur qui avait empiré les choses. La hantise du président français actuel Emmanuel Macron est sans doute que le choc gazier actuel ne provoque les mêmes réactions qu'il y a quarante ans. Du coup, on ne regarde pas à la dépense. Le principal producteur d'électricité, EDF, contrôlé par l'Etat, s'est vu obligé de vendre sa production à des prix très inférieurs aux prix du marché. Cela va lui coûter cette année 7 à 8 milliards de profits. Et le gouvernement a décidé de distribuer à tout va des indemnités d'inflation. Ludovic Subran, chef économiste de l'assureur Allianz, s'en inquiète dans Le Monde : "Trente-huit millions de personnes bénéficiaires de l'indemnité inflation, c'est beaucoup trop quand on sait que les ménages ont épargné 187 milliards d'euros depuis la crise du Covid. Les classes moyennes peuvent supporter un hiver un peu rude vu ce qu'elles n'ont pas dépensé pour aller au restaurant depuis deux ans. Les plus précaires, en revanche, nécessitent bien plus que 100 euros ". Du côté des opposants politiques, on s'étrangle. Tel Hervé Morin, conseiller économique de la candidate LR de Valérie Pécresse : "Nous sommes face à un gouvernement qui crame la caisse, non seulement de l'Etat, mais aussi des entreprises publiques dont il a la responsabilité". Mais que serait une campagne électorale sans distribution de cadeaux ? On l'a vu dans un billet précédent, la droite et l'extrême droite veulent alléger les droits de succession, ce qui devrait coûter, selon les projets, 4 à 10 milliards d'euros récurrents. Les entreprises, elles, réclament par la voix de leur association, le Medef, 35 milliards de réductions de charges patronales supplémentaires, en sus des 8 milliards déjà décidées sous ce gouvernement. Personnels de soins de santé, policiers, enseignants, militaires, tous réclament des hausses de budget. Et toucher au régime des retraites s'assimile à un suicide électoral.Or, comme l'écrit le quotidien économique Les Echos, qui relaie les estimations de l'Institut Montaigne (un think tank libéral), "pour stabiliser la dette à l'horizon 2027 et faire refluer le déficit public à 3 % du PIB, il faudrait un programme d'économies massif de l'ordre de 70 milliards d'euros".Sans doute, mais l'expérience Giscard a tellement été traumatisante que, comme l'a calculé Éric Dor (IESEG management school), sous les différents mandats quinquennaux, la dette publique française a progressé en points de PIB de 6,7 sous Chirac, 24,9 sous Sarkozy, 9,2 sous Hollande et 13,7 sous Macron (après quatre années de mandat sur cinq). La caisse n'en finit pas de cramer.