Vous vous souvenez du film, et du livre, "the big short" (titre français : le casse du siècle) ? Il racontait l'histoire de ces quelques spéculateurs qui avaient vu en 2007 la crise des subprimes arriver avant tout le monde et avaient parié contre les titres liés aux crédits immobiliers. Ils avaient fait des milliards de dollars de profit.
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Vous vous souvenez du film, et du livre, "the big short" (titre français : le casse du siècle) ? Il racontait l'histoire de ces quelques spéculateurs qui avaient vu en 2007 la crise des subprimes arriver avant tout le monde et avaient parié contre les titres liés aux crédits immobiliers. Ils avaient fait des milliards de dollars de profit.Comme c'est dans les vieilles casseroles que l'on fait les meilleures soupes, certains, voyant arriver avec le coronavirus une nouvelle crise mondiale, ont remis le couvert. Ils ont parié à nouveau contre les défauts de paiement des entreprises les plus endettées. Selon l'agence Moody's, les sociétés américaines assorties d'une note financière pourries (B3 ou en dessous) représentent environ 38% du marché des obligations d'entreprises. Elles n'étaient "que" 22% en 2008.Le milliardaire Bill Ackman, fondateur et gérant du hedge fund Pershing Square, a le nez pour faire de l'argent quand cela va mal. C'est lui qui avait sonné l'hallali contre FSA, la filiale de Dexia spécialisée dans le "rehaussement de crédit" en 2008, aggravant les difficultés du groupe franco-belge. Bill Ackman a parié cette fois que les entreprises américaines, très endettées, qui auront du mal à payer leur dette. Comment a -t-il fait ? Il a acheté, comme en 2007, des CDS. Ce sont des titres particuliers qui sont comme des assurances qui permettent à ceux qui les ont de se faire rembourser des obligations émises par des sociétés qui feraient défaut. La valeur de ces contrats augmente évidemment quand le risque de faillite progresse. Bill Ackman avait acheté quand les temps étaient calmes pour 27 millions de dollars de ces CDS. Il les a vendus et a encaissé... 2,6 milliards.Les CDS fonctionne un peu comme une assurance incendie. Mais avec cette différence que si une assurance incendie ne peut être achetée que par le propriétaire de la maison, les CDS peuvent être achetés par tous, même par ceux qui ne possèdent pas les obligations que les CDS protègent. Imaginez que votre voisin ait un contrat d'assurance incendie sur votre maison... Ne sera-t-il pas tenté, pour toucher l'argent, d'y mettre le feu ?C'est ce que l'on reproche à Bill Ackman. Car peu avant de vendre ses CDS, il était sur les plateaux de CNBC, la télévision américaine, en avertissant que "l'enfer arrivait" avec la dissémination du coronavirus. Il paraissait très remué, annonçant qu'il s'était réveillé un matin après avoir fait un cauchemar sur le virus. Dans cette interview émouvante, il expliquait qu'il était devenu encore plus pessimiste en janvier après s'être réveillé d'un cauchemar à propos du virus. Il a appelé le gouvernement américain à imposer une fermeture d'un mois pour arrêter la propagation. Mais il disait aussi qu'il achetait des actions parce qu'avec ces cours qui étaient déjà en forte baisse, il réalisait "l'affaire de sa vie".On sait maintenant qu'il pariait plutôt sur un effondrement.