Une dizaine d'années après la crise des subprimes, le Bureau fédéral du Plan observait que "l'état de santé mentale des Belges s'est globalement dégradé depuis 2008, soit depuis le début de la crise économique et financière". Les crises économiques laissent indéniablement des traces dans notre équilibre psychique.
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Une dizaine d'années après la crise des subprimes, le Bureau fédéral du Plan observait que "l'état de santé mentale des Belges s'est globalement dégradé depuis 2008, soit depuis le début de la crise économique et financière". Les crises économiques laissent indéniablement des traces dans notre équilibre psychique.Aussi, cette crise-ci, qui oblige à rester confinés chez soi pendant deux mois, ébranle certainement notre psychisme.Des études le démontrent déjà. On songe notamment à cette enquête "covid et moi" menée par les chercheurs de l'Institut de recherche Santé et Société de l'UCLouvain quelques jours après le début du confinement.La moitié des répondants se dit insatisfaite de ses contacts sociaux depuis ce "lock down". En effet 52% des Belges ressentent un "mal-être psychologique", alors qu'en temps "normal", cette proportion est de 18%.Cet état est évidemment lié à l'isolement, qui est la conséquence la plus évidente de ces décisions de santé publique. Ce sentiment d'isolement (on ne parle pas simplement d'un manque de contacts sociaux, mais de réel sentiment d'isolement) est ressenti par 24 % des 15.000 personnes qui ont répondu à l'enquête. Un phénomène perçu davantage chez les personnes seules, évidemment, mais aussi par les jeunes qui "ont deux fois plus de chance de se sentir isolés que les personnes plus âgées, notent les chercheurs. Dans une moindre mesure, les personnes sans emploi ou sans activité, les étudiants, et les personnes soupçonnées d'être atteintes par le coronavirus se sentent aussi plus isolées". Le mal-être psychologique est davantage ressenti par les jeunes et les femmes, qui sont 56% à faire par de ce sentiment, contre 42% des hommes. Et "la part de la population en mal-être psychologique diminue avec l'âge : 64 % chez les 15-24 ans, 58 % chez les 35-44 ans, 32 % chez les personnes de plus de 65 ans", souligne l'étude.Ce sentiment de mal-être est aussi lié à la diminution des activités. Réduction des activités professionnelles (et des revenus qui y sont liés), mais aussi réductions des activités physiques.Et ne croyez pas qu'internet est une solution à ce sentiment de mal-être. Il l'aggrave plutôt : "les personnes qui utilisent plus les réseaux sociaux ont près de 30 % plus de chance de ressentir un mal-être psychologique. Un grand paradoxe, note l'UCLouvain, puisqu'en période de confinement, l'usage des médias sociaux se renforce considérablement (95 % des répondants déclarent passer plus de temps sur les réseaux sociaux), et que les réseaux sociaux sont devenus le moyen principal de faire face à la diminution des contacts sociaux et au maintien des activités professionnelles".