La violence de la crise actuelle est désormais connue. On sait, grosso modo, que nous perdons environ 1% du PIB par semaine. Deux mois de confinement devrait donc aboutir à une réduction d'environ 8% de notre création de richesse, puis à un redémarrage progressif. Ce qui pour notre pays porterait, selon le Fonds monétaire international, à une baisse de 6,9% sur l'année, pour rebondir de 4,6% en 2021 dans un scénario relativement optimiste.
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La violence de la crise actuelle est désormais connue. On sait, grosso modo, que nous perdons environ 1% du PIB par semaine. Deux mois de confinement devrait donc aboutir à une réduction d'environ 8% de notre création de richesse, puis à un redémarrage progressif. Ce qui pour notre pays porterait, selon le Fonds monétaire international, à une baisse de 6,9% sur l'année, pour rebondir de 4,6% en 2021 dans un scénario relativement optimiste. Au niveau mondial, la contraction serait de plus de 6,3%, avec un PIB global qui finalement afficherait une baisse de 3% alors qu'avant crise, le FMI tablait sur 3,3% de croissance. Bref, c'est un choc aussi fort que celui de l'effondrement de 1929-1932.Ensuite, tout dépend des scénarios. Si le déconfinement général est prononcé, l'économie mondiale rebondira de 5,8% l'an prochain. Si l'épidémie redémarre, avec une prolongation du confinement pendant encore des mois, 2021 pourrait afficher une nouvelle baisse, de 2,2%.Mais à plus long terme, la question est de savoir si ces créations de richesses perdues peuvent être récupérées un jour. Et la réponse, malheureusement, est : sans doute pas totalement. C'est ce que nous enseigne le passé récent.Regardez ces deux graphiques. Ils représentent l'évolution du PIB des Etats-Unis et de la zone euro avant et après la crise de 2008. Et ils montrent assez clairement que le PIB perdu lors de la crise de 2008 n'a jamais été retrouvé. La croissance est repartie, certes, au même rythme que précédemment, mais en partant d'une marche plus bas qu'auparavant.Source NatixisL'explication est relativement simple : on sait déjà aujourd'hui que dans certains secteurs, la perte est sèche et irréversible. Dans le tourisme le transport, la restauration, et, en partie, la culture et l'événementiel, le chiffre d'affaires envolé ne reviendra pas. Nous n'allons pas aller deux fois plus au restaurant, au théâtre, en vacances après le déconfinement. Certes, ces pertes sont en partie compensées par les aides publiques. Mais, note l'économiste français Patrick Artus, il y a un effet général des récessions auquel nous ne pourrons pas échapper: "on sait aussi qu'une récession a des effets négatifs durables sur la croissance: perte de capital, hausse de la dette". Une entreprise davantage endettée investira moins dans le futur. Une entreprise forcée de licencier une partie de son personnel repartira de plus bas. Voilà pourquoi, une partie de ce que nous avons perdu aujourd'hui ne se retrouvera pas demain.