Face à une crise qui pourrait coûter en manque à gagner 2% du PIB du pays, soit une petite dizaine de milliards d'euros, la question qui surgit assez vite est : qui va payer ?
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Face à une crise qui pourrait coûter en manque à gagner 2% du PIB du pays, soit une petite dizaine de milliards d'euros, la question qui surgit assez vite est : qui va payer ?La réponse est simple : le contribuable, les entreprises et les ménages, bref, tout le monde.Le contribuable sera certainement sollicité : les dépenses de l'Etat vont en effet bondir et il faudra bien les assumer. Certes, les dépenses des Etats seront financées par des émissions d'obligations qui se retrouveront en grande partie aux bilans des banques centrales. C'est le but des mesures d'achat d'obligations pour 750 milliards d'euros prises par la BCE. Aux Etats-Unis, Donald Trump voudrait même distribuer un chèque à tous les Américains. Au niveau belge, on a déjà décidé de dispenses, d'étalement ou de reports de cotisations et d'impôts, on a simplifié le "droit de passerelle" instaurant des revenus de remplacement pour les indépendants, on a étendu le chômage technique. Dans certains cas, des garanties d'Etat ont déjà été activées afin d'aider les entreprises à avoir du crédit et afin de ne pas plomber les bilans des banques avec des emprunts d'entreprises devenus toxiques. Les Régions ont mis en place des mécanismes de garantie et le ministre des Finances Alexander De Croo a annoncé que l'Etat fédéral et la SFPI en mettront un aussi.Rester solvableUne partie de l'endettement des Etats restera confiné un long moment au bilan des banques centrales. Mais pour asseoir leur crédibilité, les Etats devront montrer qu'ils restent solvables et capables d'engranger des recettes, et donc de lever l'impôt et de réduire certaines prestations. Et l'on peut penser que puisque les entreprises vont être choquées, ce sont les contribuables personnes physiques qui, un jour ou l'autre, seront sollicités... Les ménages subiront également une partie de la facture, qui se manifestera par une perte sévère de leur épargne et pour certains la perte de leur emploi.Même si toutes les mesures de soutien sont mises en place, il y aura aussi certainement de la casse du côté des entreprises. Celles qui étaient déjà très endettées, ou qui devaient se restructurer avant la crise, sont évidemment les plus fragiles. Rien ne dit que toutes pourront tenir jusqu'au rebond qui suivra la fin du confinement. Au niveau mondial, les compagnies aériennes demandent à elles seules 200 milliards de dollars pour tenir le coup.