Sur quoi porte exactement le conflit ?

Les principaux producteurs au sein de l'OPEP+ ne parviennent pas à trouver un accord pour augmenter progressivement leur production de pétrole. Cela leur permettrait de répondre à la demande croissante de pétrole brut, d'essence et de diesel, alors que l'économie mondiale se remet de la pandémie de coronavirus.

Un plan est sur la table pour augmenter la production de 400.000 barils par jour chaque mois entre août et décembre, portant le total à 2 millions de barils par jour d'ici la fin de l'année. Mais les Émirats arabes unis exigent des quotas de production plus élevés pour leur pays avant de donner leur accord, bloquant toutes les négociations. La réunion qui devait avoir lieu lundi a été annulée.

Quelles en sont les conséquences ?

Conséquences directes de ce blocage : les prix du pétrole ont atteint un niveau plus vu depuis des années. Ce mardi, le baril de Brent de la mer du Nord se négociait à 77,54 dollars, en hausse de 38 centimes. Le baril WTI, référence américaine, valait, lui, 1,59 dollar de plus, pour un prix de 76,75 dollars. Cela faisait deux ans et demi que le pétrole n'avait plus été aussi cher.

Le prix du mazout de chauffage pourrait flamber., GETTY
Le prix du mazout de chauffage pourrait flamber. © GETTY

Personne ne peut prédire aujourd'hui comment la situation va évoluer. Selon les experts étrangers, le fait que ce jeu de pouvoir entre les deux grands États pétroliers se déroule désormais si ouvertement n'est pas de bon augure, analyse le journal flamand Het Nieuwsblad.

Koen De Leus, économiste en chef chez BNP Paribas Fortis, espère que ce conflit sera de courte durée et qu'un accord sera trouvé car il pourrait avoir d'autres conséquences financières. "Je crains que chacun d'entre nous n'en paie le prix. Pas encore demain ou dans les prochains jours, mais dans quelques semaines. Parce que ça prend généralement du temps", explique-t-il dans le quotidien flamand.

Impact sur d'autres produits

"Si les parties en conflit ne parviennent pas rapidement à un accord, les prix à la pompe vont augmenter. Mais le mazout de chauffage deviendra également plus cher", prévient-il encore.

Selon Koen De Leus, ce sera encore plus dommageable si la crise dure des mois. "Je crains que les prix du baril de pétrole brut n'atteignent des sommets sans précédent. Ensuite, les grandes entreprises vont répercuter la hausse des prix du carburant sur leur production. Les augmentations de prix ne se limiteront plus au carburant à la pompe et au mazout, mais de nombreux autres biens deviendront également plus chers et nous nous dirigerons vers une inflation plus élevée."

L'analyste de SEB Research, Bjarne Schieldrop, esquissait lundi deux scénarios via l'AFP: une forte hausse des prix si, faute d'accord, le groupe décidait de prolonger les coupes actuelles ou au contraire une chute si chacun devenait libre d'augmenter sa production, sans plus aucun quota.

L'alliance est toutefois habituée au roulis. Elle a notamment su dépasser en début d'année dernière un désaccord profond entre Moscou et Ryad qui avait débouché sur une courte mais intense guerre des prix.

(Ca.L)

Les principaux producteurs au sein de l'OPEP+ ne parviennent pas à trouver un accord pour augmenter progressivement leur production de pétrole. Cela leur permettrait de répondre à la demande croissante de pétrole brut, d'essence et de diesel, alors que l'économie mondiale se remet de la pandémie de coronavirus.Un plan est sur la table pour augmenter la production de 400.000 barils par jour chaque mois entre août et décembre, portant le total à 2 millions de barils par jour d'ici la fin de l'année. Mais les Émirats arabes unis exigent des quotas de production plus élevés pour leur pays avant de donner leur accord, bloquant toutes les négociations. La réunion qui devait avoir lieu lundi a été annulée. Conséquences directes de ce blocage : les prix du pétrole ont atteint un niveau plus vu depuis des années. Ce mardi, le baril de Brent de la mer du Nord se négociait à 77,54 dollars, en hausse de 38 centimes. Le baril WTI, référence américaine, valait, lui, 1,59 dollar de plus, pour un prix de 76,75 dollars. Cela faisait deux ans et demi que le pétrole n'avait plus été aussi cher.Personne ne peut prédire aujourd'hui comment la situation va évoluer. Selon les experts étrangers, le fait que ce jeu de pouvoir entre les deux grands États pétroliers se déroule désormais si ouvertement n'est pas de bon augure, analyse le journal flamand Het Nieuwsblad.Koen De Leus, économiste en chef chez BNP Paribas Fortis, espère que ce conflit sera de courte durée et qu'un accord sera trouvé car il pourrait avoir d'autres conséquences financières. "Je crains que chacun d'entre nous n'en paie le prix. Pas encore demain ou dans les prochains jours, mais dans quelques semaines. Parce que ça prend généralement du temps", explique-t-il dans le quotidien flamand."Si les parties en conflit ne parviennent pas rapidement à un accord, les prix à la pompe vont augmenter. Mais le mazout de chauffage deviendra également plus cher", prévient-il encore. Selon Koen De Leus, ce sera encore plus dommageable si la crise dure des mois. "Je crains que les prix du baril de pétrole brut n'atteignent des sommets sans précédent. Ensuite, les grandes entreprises vont répercuter la hausse des prix du carburant sur leur production. Les augmentations de prix ne se limiteront plus au carburant à la pompe et au mazout, mais de nombreux autres biens deviendront également plus chers et nous nous dirigerons vers une inflation plus élevée."L'analyste de SEB Research, Bjarne Schieldrop, esquissait lundi deux scénarios via l'AFP: une forte hausse des prix si, faute d'accord, le groupe décidait de prolonger les coupes actuelles ou au contraire une chute si chacun devenait libre d'augmenter sa production, sans plus aucun quota.L'alliance est toutefois habituée au roulis. Elle a notamment su dépasser en début d'année dernière un désaccord profond entre Moscou et Ryad qui avait débouché sur une courte mais intense guerre des prix. (Ca.L)