Prudente, la ministre en charge de l'Energie, Zuhal Demir, avait prévu le coup. Dès le lendemain de l'arrêt du Conseil d'Etat empêchant les propriétaires de compteurs numériques de bénéficier encore durant 15 ans, ainsi que l'avait promis le gouvernement, des avantages d'un compteur inversé virtuel, un outil de simulation était accessible en ligne. Les pro...

Prudente, la ministre en charge de l'Energie, Zuhal Demir, avait prévu le coup. Dès le lendemain de l'arrêt du Conseil d'Etat empêchant les propriétaires de compteurs numériques de bénéficier encore durant 15 ans, ainsi que l'avait promis le gouvernement, des avantages d'un compteur inversé virtuel, un outil de simulation était accessible en ligne. Les propriétaires dupés peuvent y calculer ce qu'ils recevront ou perdront. Le montant de l'indemnité prévue est en effet basé sur une production moyenne de 3.600 kWh dont 35% consommée pour besoins propres. La puissance de crête est limitée à 10 kWc et les panneaux installés entre 2007 et 2012 ne donnent droit à aucune indemnité au motif qu'au cours de cette période, leur rendement était d'au moins 5%, notamment en raison des certificats verts et de la déduction fiscale fédérale existant à l'époque. Bref, le maximum récupérable s'élève à 4.360 euros et sera non imposable pour les particuliers. Pour les indépendants et les entreprises, Zuhal Demir devra négocier la chose avec le ministre fédéral des Finances Vincent Van Peteghem. Pour les familles les plus touchées - celles qui ont par exemple investi dans une pompe à chaleur - rien n'est encore décidé. "La plus mauvaise réponse à une promesse non tenue est une autre promesse que l'on ne pourra tenir. On verra ce que l'on peut faire", a répondu la ministre, durement interpellée par l'opposition. Ce débat musclé aura moins eu un effet positif: celui de faire prendre conscience de l'inanité de toute hyper-subsidiation. Depuis 2002, les énergies renouvelables nous ont coûté quelque 30 milliards d'euros sans même atteindre nos objectifs " et cela devrait nous faire réfléchir ", a bien dû admettre Zuhal Demir.