La principale organisation patronale britannique, la CBI, a estimé qu'il n'est "pas clair que les nouvelles propositions telles qu'elles sont décrites représentent une avancée" et qu'elles ne "peuvent pas être la dernière escale" dans les négociations.

David Cheetham, analyste de la maison de courtage XTB, a lui aussi qualifié le discours de M. Johnson de "maigre en termes de détails sur la façon dont il espère obtenir un nouvel accord amélioré".

L'indice FTSE 100 a accéléré ses pertes pendant le discours de M. Johnson au congrès de son parti à Manchester, et cédait 2,07% à 7.208,02 points vers 12H00 GMT.

La livre cédait aussi un peu de terrain s'échangeant à 1,2275 dollar (-0,24%), et à 89,00 pence pour un euro (-0,16%) vers 12H00 GMT.

A moins d'un mois de la date prévue du Brexit, le Premier ministre a déclaré que ses propositions pour le Brexit ne comprennent pas de contrôles physiques à la frontière irlandaise, point d'achoppement de la discussion avec Bruxelles. Il enjoint par ailleurs l'UE à faire des compromis.

Selon The Telegraph, la nouvelle proposition britannique prévoit que l'Irlande du Nord reste dans le marché unique européen jusqu'en 2025, tout en formant une union douanière avec le Royaume-Uni.

"Je pense qu'un Brexit sans accord est probable car le parti DUP d'Irlande du nord va probablement bloquer tout contrôle douanier en mer d'Irlande, et le gouvernement irlandais ne va pas accepter de contrôles de douane près de la frontière" avec l'Irlande du nord, estime David Madden, de CMC Markets, interrogé par l'AFP.

Une perspective qui affole la CBI, pour qui un Brexit sans accord plongerait l'économie du pays dans un "marais qui va ralentir chaque pas dans les années à venir".

Un Brexit sans accord "serait un échec étatique historique", affirme la directrice générale du CBi Carolyn Fairbairn dans un communiqué, appelant le gouvernement à "garder la porte ouverte à la possibilité d'un accord".

City of London, l'organisation qui représente le puissant secteur financier londonien, s'est pour sa part contentée d'appeler les conservateurs à "éviter un Brexit sans accord dommageable" pour l'économie.

Russ Mould, analyste d'AJ Bell, appelle quant à lui à ne pas "surjouer la déprime". "Le gouvernement se prépare clairement à dépenser de l'argent (pour soutenir l'économie), la Banque d'Angleterre et le Trésor ont eu trois ans pour planifier le Brexit" et en atténuer l'impact.

Mais la Chambre de commerce martèle que "le gouvernement et beaucoup d'entreprises ne sont pas pleinement préparés pour un Brexit sans accord le 31 octobre", date prévue en l'absence d'un report, et "personne ne devrait minimiser les perturbations économiques qui en découleraient".