"300 projets, c'est difficilement gérable et les résultats seront non mesurables, regrette Bernard Delvaux, ancien CEO de la Sonaca, qui a participé aux groupes de travail de Get up Wallonia. L'immense majorité, ce sont des bonnes intentions, mais il est difficile de voir comment les articuler dans un ensemble cohérent. Il y a toute une dynamique qui démarre avec une ambition, qui décline des objectifs, utilis...

"300 projets, c'est difficilement gérable et les résultats seront non mesurables, regrette Bernard Delvaux, ancien CEO de la Sonaca, qui a participé aux groupes de travail de Get up Wallonia. L'immense majorité, ce sont des bonnes intentions, mais il est difficile de voir comment les articuler dans un ensemble cohérent. Il y a toute une dynamique qui démarre avec une ambition, qui décline des objectifs, utilise les techniques de gestion professionnelle de projets, mais qu'il faudrait pouvoir mettre en place." Désormais CEO du groupe familial belge Etex, actif dans les matériaux de construction (13.000 emplois, près de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires), Bernard Delvaux veut encore croire que des temps meilleurs peuvent venir pour la Wallonie avec un plan recalibré ou bien maîtrisé. "Je crois que l'on a encore la possibilité aujour-d'hui d'inverser la tendance. Il y a moins de deux siècles, nous étions industriellement et technologiquement les meilleurs du monde. Pourquoi ne pourrions-nous pas l'être encore aujourd'hui dans certains domaines précis? Cela démarre avec une ambition. On voit des pays qui, en 20 ou 30 ans, partent de rien et deviennent des leaders. Beaucoup de pays émergents en Asie, y compris la Chine, n'étaient nulle part il y a 50 ans. Même si, bien sûr, ils ont - et souvent utilisent - d'autres moyens que nous." La cohérence du projet est essentielle, souligne-t-il, au-delà des moyens. "Personnellement, j'aime beaucoup l'idée de l'excellence technologique dans des domaines de pointe. Prenons les Pays-Bas qui sont devenus les spécialistes mondiaux des radars ou Israël avec sa dynamique autour de la cybersécurité, qui est devenue un énorme business... La vague verte (et le Green Deal) est une formidable opportunité économique pour l'Europe. Dans ce contexte, la Wallonie peut jouer un rôle clé, mais en choisissant quelques thèmes: la construction modulaire recyclable à 100%, la fabrication de kérosène de synthèse..."