C'est une blague à la mode sur les réseaux sociaux anglo- saxons depuis que l'épidémie a touché l'Occident. Elle se présente sous la forme d'un choix multiple comme il en circule des milliers dans les études de management, avec une petite touche d'humour en plus. " Who led the digital transformation of your company : CEO, CTO, COVID-19 ? ", peut-on lire ici et là. Une blague ? Pas tout à fait... La propagation du nouveau coronavirus n'a pas seulement provoqué un choc économique, elle a aussi administré quelques électrochocs aux sphères décisionnelles d'entreprises attentistes, voire réfractaires, quant à la digitalisation.
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C'est une blague à la mode sur les réseaux sociaux anglo- saxons depuis que l'épidémie a touché l'Occident. Elle se présente sous la forme d'un choix multiple comme il en circule des milliers dans les études de management, avec une petite touche d'humour en plus. " Who led the digital transformation of your company : CEO, CTO, COVID-19 ? ", peut-on lire ici et là. Une blague ? Pas tout à fait... La propagation du nouveau coronavirus n'a pas seulement provoqué un choc économique, elle a aussi administré quelques électrochocs aux sphères décisionnelles d'entreprises attentistes, voire réfractaires, quant à la digitalisation. " La crise du Covid-19 est un révélateur implacable des atouts et des faiblesses de nos entreprises sur le plan de leur performance digitale, confirme Benjamin Minard, digital transformation expert auprès de la fédération belge de l'industrie technologique Agoria. Il existe un risque de fracture digitale plus important qu'avant la crise entre les entreprises déjà engagées et les autres. En effet, face à une accélération de l'adoption du digital par notre société, les entreprises qui auront pris du retard sauront-elles le rattraper ? " En vue de freiner le virus, les autorités belges ont érigé le télétravail en norme obligatoire. Conséquence directe, l'écrasante majorité du trafic sur les réseaux informatiques de certains secteurs ne se fait plus au départ du bureau mais du domicile des employés. Or, plus de 90% de l'activité des logiciels malveillants provient des réseaux résidentiels, précise la firme BitSight spécialisée dans les security ratings des entreprises. Face à la recrudescence du phishing et autres fraudes en ligne, le Centre pour la cybersécurité en Belgique multiplie les appels à la précaution et martèle les bonnes pratiques (ne pas réagir aux offres suspectes, utiliser des programmes fiables, etc.). " Le test grandeur nature en matière de cybersécurité n'a pas attendu la crise du coronavirus. Un grand nombre d'entreprises sont déjà la cible de cyberattaques et elles n'en sont bien souvent même pas conscientes, relativise Ferdinand Casier, business group leader digital industries chez Agoria. L'idéal est de se faire conseiller par des experts. La Belgique, pays d'où vient le protocole de sécurité AES qui se trouve dans tout smartphone, dispose d'une bonne expertise en la matière au travers d'un écosystème comprenant aussi bien des scale-up performantes que des sociétés de renom. " On en viendrait presque à espérer que les entreprises belges ressortent renforcées de cette épreuve inédite. Quoique devoir investir en urgence dans des solutions digitales au moment même où les revenus ont tendance à dégringoler ressemble à une double peine. " Il est difficile à ce stade de tirer des conclusions sur l'état de nos entreprises après le confinement, reconnaît Ferdinand Casier. Cependant, nos sociétés les plus entreprenantes, notamment celles du monde des start-up et scale-up, ont su identifier les problèmes urgents et y apporter des solutions innovantes. En temps de crise, la solidarité ( open innovation) s'organise et s'intensifie entre les entreprises qui forment de nouvelles chaînes de valeurs que l'on croyait impossible à monter ", souligne Benjamin Minard, en pensant par exemple à la chaîne de recyclage des masques chirurgicaux en Wallonie.