"Un premier accord de principe est intervenu entre l'État belge et Engie sur la prolongation des centrales nucléaires de Doel 4 et Tihange 3. Le gouvernement belge prend ses responsabilités pour que notre pays puisse maîtriser son approvisionnement énergétique", déclarait ce matin Alexander De Croo.

Une annonce qui fait suite à celle faite par la Commission européenne ce mercredi, appelant les États membres à réduire leur consommation de gaz. La guerre en Ukraine et la volonté de Poutine de mettre la pression sur ceux qui soutiennent le pays envahi poussent l'Europe - et donc la Belgique - à l'indépendance énergétique.

La Commission européenne a ainsi appelé à réduire la consommation de gaz en Europe de 15% entre le 1er août 2022 et le 31 mars 2023, déclarant : "tous les consommateurs, les administrations publiques, les ménages, les propriétaires de bâtiments publics, les fournisseurs d'électricité et l'industrie peuvent et devraient prendre des mesures pour économiser le gaz". Dans ce contexte, le gouvernement belge a donc décidé de se tourner vers le nucléaire.

"Une question de sécurité nationale"

Au mois de mai 2022, des statistiques publiées par l'agence européenne Eurostats montraient que la Belgique était, en 2020, dépendante du pétrole russe à 46%, du charbon à 36% et du gaz naturel à 8%, pour arriver à un total de 24% de son mix énergétique. Des importations russes qui pèsent sur l'économie belge.

L'instabilité actuelle rappelle ainsi au gouvernement que les équilibres géopolitiques peuvent basculer très rapidement. Et pour un pays qui importe au total 78% de son énergie, le risque semble aujourd'hui trop grand. Et la ministre de l'énergie Tinne Van der Straeten l'a martelé pendant la conférence de presse de ce vendredi, "l'énergie est devenue une question de sécurité nationale". Des mots repris par le Premier ministre.

Ce dernier a confirmé que cette décision avait été prise dans un "contexte d'une guerre sur le continent européen" et dans le but d'atteindre l'indépendance énergétique. La ministre de l'énergie a quant à elle souligné leur objectif d'assurer "la sûreté et la tranquillité des citoyens et des entreprises [...]" .

Voulant souligner l'aspect solennel du moment, Alexander De Croo a indiqué que c'était "la première fois dans l'histoire" que l'Etat belge prenait en mains son énergie, cela "faisant partie des missions clés d'un Etat" pour "des questions stratégiques" et, encore une fois, "des questions de sécurité nationale". Enfin, l'énergie ayant un fort impact sur l'économie, le Premier ministre a simplement déclaré qu' "on [le gouvernement belge] a notre mot à dire".

Quel avenir pour le nucléaire belge ?

Alexander De Croo a confirmé que toutes les "préparations en cours" étaient organisées de telle sorte que les réacteurs reprennent du service d'ici novembre 2026 (sous réserve de l'approbation des autorités de sûreté). L'idée est de prolonger la durée de vie des deux réacteurs nucléaires belges de 10 ans et de les exploiter dans une coentreprise à créer entre l'Etat belge et le groupe français Engie, selon "un accord de principe".

Les deux parties négocient actuellement les conditions de cette prolongation annoncée en mars et espèrent aboutir à un accord définitif d'ici à la fin de l'année. Ceci dans le but de le soumettre par la suite à la Commission européenne, en charge d'évaluer les plans d'urgence des Etats membres d'ici à la fin septembre. Ces derniers doivent en effet montrer comment ils entendent atteindre l'objectif de réduction du gaz, et ainsi présenter un rapport d'avancement à la Commission tous les mois ou deux mois.

Pour l'instant, l'Etat belge et Engie sont convenus "des modalités concernant l'approche future, le timing et le cadre des négociations" en vue de cet accord définitif. Les réacteurs concernés - Doel 4 et Tihange 3 - représentent ensemble une capacité nucléaire de 2 GW. Ils seront gérés par "une nouvelle société à créer", présentée côté belge comme "une structure stable et durable dans laquelle l'État belge et Engie partagent les risques comme les bénéfices". Pendant la conférence de presse, le Premier ministre a d'ailleurs précisé que ces bénéfices dégagés permettraient un réinvestissement dans d'autres technologies.

La participation de l'Etat belge et d'Electrabel (filiale belge d'Engie) sera partagée en deux, soit 50/50, a déclaré le groupe français dans un communiqué distinct. Le gouvernement belge avait annoncé le 18 mars sa décision de repousser de dix ans sa sortie totale du nucléaire qui était prévue en 2025. Le groupe Engie, qui avait jugé cette annonce tardive, faisait comprendre depuis quatre mois à l'Etat belge qu'il souhaitait un partage de la facture pour faire effectivement vivre jusqu'en 2035 deux des sept réacteurs qu'il exploite.

Dans le cadre de l'accord "les coûts de démantèlement des centrales nucléaires, et de gestion des matières fissiles et des déchets radioactifs, sont supportés par l'exploitant", ont indiqué le Premier ministre et la ministre de l'énergie pendant la conférence de presse. Enfin, Alexander De Croo a déclaré s'inspirer du modèle allemand, dans lequel Engie reprend en charge les coûts mais où l'Etat définit la réalisation.

Suite à la conférence de presse, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s'est dite "satisfaite" de l'accord de principe. "Il s'agit d'une nouvelle étape dans la prolongation des réacteurs nucléaires qui donne donc à notre pays et à son économie une plus grande confiance dans la future sécurité d'approvisionnement".

Aurore Dessaigne

"Un premier accord de principe est intervenu entre l'État belge et Engie sur la prolongation des centrales nucléaires de Doel 4 et Tihange 3. Le gouvernement belge prend ses responsabilités pour que notre pays puisse maîtriser son approvisionnement énergétique", déclarait ce matin Alexander De Croo. Une annonce qui fait suite à celle faite par la Commission européenne ce mercredi, appelant les États membres à réduire leur consommation de gaz. La guerre en Ukraine et la volonté de Poutine de mettre la pression sur ceux qui soutiennent le pays envahi poussent l'Europe - et donc la Belgique - à l'indépendance énergétique.La Commission européenne a ainsi appelé à réduire la consommation de gaz en Europe de 15% entre le 1er août 2022 et le 31 mars 2023, déclarant : "tous les consommateurs, les administrations publiques, les ménages, les propriétaires de bâtiments publics, les fournisseurs d'électricité et l'industrie peuvent et devraient prendre des mesures pour économiser le gaz". Dans ce contexte, le gouvernement belge a donc décidé de se tourner vers le nucléaire. Au mois de mai 2022, des statistiques publiées par l'agence européenne Eurostats montraient que la Belgique était, en 2020, dépendante du pétrole russe à 46%, du charbon à 36% et du gaz naturel à 8%, pour arriver à un total de 24% de son mix énergétique. Des importations russes qui pèsent sur l'économie belge. L'instabilité actuelle rappelle ainsi au gouvernement que les équilibres géopolitiques peuvent basculer très rapidement. Et pour un pays qui importe au total 78% de son énergie, le risque semble aujourd'hui trop grand. Et la ministre de l'énergie Tinne Van der Straeten l'a martelé pendant la conférence de presse de ce vendredi, "l'énergie est devenue une question de sécurité nationale". Des mots repris par le Premier ministre.Ce dernier a confirmé que cette décision avait été prise dans un "contexte d'une guerre sur le continent européen" et dans le but d'atteindre l'indépendance énergétique. La ministre de l'énergie a quant à elle souligné leur objectif d'assurer "la sûreté et la tranquillité des citoyens et des entreprises [...]" . Voulant souligner l'aspect solennel du moment, Alexander De Croo a indiqué que c'était "la première fois dans l'histoire" que l'Etat belge prenait en mains son énergie, cela "faisant partie des missions clés d'un Etat" pour "des questions stratégiques" et, encore une fois, "des questions de sécurité nationale". Enfin, l'énergie ayant un fort impact sur l'économie, le Premier ministre a simplement déclaré qu' "on [le gouvernement belge] a notre mot à dire".Alexander De Croo a confirmé que toutes les "préparations en cours" étaient organisées de telle sorte que les réacteurs reprennent du service d'ici novembre 2026 (sous réserve de l'approbation des autorités de sûreté). L'idée est de prolonger la durée de vie des deux réacteurs nucléaires belges de 10 ans et de les exploiter dans une coentreprise à créer entre l'Etat belge et le groupe français Engie, selon "un accord de principe". Les deux parties négocient actuellement les conditions de cette prolongation annoncée en mars et espèrent aboutir à un accord définitif d'ici à la fin de l'année. Ceci dans le but de le soumettre par la suite à la Commission européenne, en charge d'évaluer les plans d'urgence des Etats membres d'ici à la fin septembre. Ces derniers doivent en effet montrer comment ils entendent atteindre l'objectif de réduction du gaz, et ainsi présenter un rapport d'avancement à la Commission tous les mois ou deux mois.Pour l'instant, l'Etat belge et Engie sont convenus "des modalités concernant l'approche future, le timing et le cadre des négociations" en vue de cet accord définitif. Les réacteurs concernés - Doel 4 et Tihange 3 - représentent ensemble une capacité nucléaire de 2 GW. Ils seront gérés par "une nouvelle société à créer", présentée côté belge comme "une structure stable et durable dans laquelle l'État belge et Engie partagent les risques comme les bénéfices". Pendant la conférence de presse, le Premier ministre a d'ailleurs précisé que ces bénéfices dégagés permettraient un réinvestissement dans d'autres technologies.La participation de l'Etat belge et d'Electrabel (filiale belge d'Engie) sera partagée en deux, soit 50/50, a déclaré le groupe français dans un communiqué distinct. Le gouvernement belge avait annoncé le 18 mars sa décision de repousser de dix ans sa sortie totale du nucléaire qui était prévue en 2025. Le groupe Engie, qui avait jugé cette annonce tardive, faisait comprendre depuis quatre mois à l'Etat belge qu'il souhaitait un partage de la facture pour faire effectivement vivre jusqu'en 2035 deux des sept réacteurs qu'il exploite. Dans le cadre de l'accord "les coûts de démantèlement des centrales nucléaires, et de gestion des matières fissiles et des déchets radioactifs, sont supportés par l'exploitant", ont indiqué le Premier ministre et la ministre de l'énergie pendant la conférence de presse. Enfin, Alexander De Croo a déclaré s'inspirer du modèle allemand, dans lequel Engie reprend en charge les coûts mais où l'Etat définit la réalisation.Suite à la conférence de presse, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s'est dite "satisfaite" de l'accord de principe. "Il s'agit d'une nouvelle étape dans la prolongation des réacteurs nucléaires qui donne donc à notre pays et à son économie une plus grande confiance dans la future sécurité d'approvisionnement".Aurore Dessaigne