"On relève les prix dans les magasins, on récupère les données des caisses, on regarde les factures des fournisseurs d'énergie, on prend en compte les loyers, ...", explique Ken Van Loon, statisticien et expert en indice des prix à la consommation à Statbel, l'Institut public belge responsable des statistiques officielles. "On regarde ces indices témoins, qui sont représentatifs des coûts de la vie". En tout, il y en a des milliers.

Ces témoins sont appelés les indices du prix à la consommation. L'indice du pain, l'indice des boissons alcoolisées, l'indice du kilowatt/heure, etc. Il permet de voir, mois par mois, quel élément augmente, lequel stagne, et lequel baisse. Tous ensemble, ils permettent d'établir le taux d'inflation.

Pour cela, il faut d'abord faire la moyenne pondérée de tous ces témoins, selon la dépense moyenne des ménages. Par exemple, sur la dépense totale du mois, un pourcentage x va dans le carburant, un pourcentage y dans tel aliment, un pourcentage z dans tel service. Par suite logique, la part d'un élément augmente ou baisse avec l'évolution du prix de l'élément. L'aggrégation de tous ces éléments, selon l'odre de grandeur de leur pondération dans la moyenne, donne alors une idée globale de l'évolution des prix.

L'inflation est donc, enfin, l'évolution de ce chiffre global, de mois en mois. Mais attention, les mois sont comparés aux mois de l'année d'avant, pour avoir une vision sur le plus long terme. Jeudi, Statbel a ainsi annoncé que le taux d'inflation était passé de 2,86% à 4,16%. De septembre 2020 à septembre 2021, le taux a ainsi augmenté de 2,86%, et d'octobre 2020 à octobre 2021 de 4,16%.

Bien sûr, la comparaison peut être faite avec le mois de septembre 2021. Entre le mois dernier et ce mois-ci, l'indice des prix à la consommation a progressé de 1,47%.

Les prix d'énergie qui s'envolent (+77% pour le gaz naturel, +28% pour le diesel, 25,8 pour l'électricité et 23 pour l'essence, par exemple, comparaison à octobre 2020), tirent les chiffres vers le haut.

Energie: une réaction en chaîne sur tous les prix?

L'énergie, tous les secteurs en ont besoin. Pour la production des matières premières, pour le transport, pour l'éclairage et les frigos du supermarché. On pourrait donc s'attendre à une hausse des prix, en réaction de chaîne, car chaque étape de la chaîne d'approvisonnement devient plus chère.

Mais Ken Van Loon nuance: "Il y a un effet de délai. Cette augmentation ne suit pas automatiquement. Depuis février, les produits d'alimentation suivent une évolution négative, les prix baissent." Mais il ne sait pas évaluer quand cette tendance s'inverserait.

Est-ce qu'on peut espérer une augmentation de salaire?

Si l'indice augmente, et que tout (en moyenne) devient plus cher, est-ce qu'une augementation des salaires va suivre pour garder un équilibre? La réponse est nuancée. "L'augmentation des salaires est caluclée selon l'indice santé", explique Ken Van Loon.

L'indice santé, c'est le même principe de calcul que l'indice des prix à la consommation. Mais avec la grande différence qu'il faut enlever certains éléments de l'addition, majoritairement l'alcool, le tabac, et les carburants. L'indice santé, selon le même calcul expliqué plus haut, est passé de 2,29% à 3,48%.

"Dans le privé, cela dépend des secteurs, certains décident de s'adapter tous les mois. Dans la fonction publique, cela est calculé avec l'indice pivot", continue Ken Van Loon. Ce dernier est calculé comme suit: si la moyenne de l'indice santé, sur quatre mois, dépasse l'indice pivot, celui-ci est augmenté de 2%. Ainsi, les salaires des fonctionnaires et les allocations sociales sont revues à la hausse. Il a été augmenté de 2% en août, mais devrait à nouveau être augmenté en janvier, au vu des chiffres actuels de l'inflation, selon les provisions du Bureau du Plan.

Qu'est-ce que l'hyperinflation?

"C'est si on a une inflation de 10%, et qu'elle augmente de 8 à 10% tous les mois. On en est encore loin", analyse Ken Van Loon.

Il compare les chiffres d'aujourd'hui à différentes périodes dans le temps. Il trouve l'équivalent, similaire, de l'inflation d'aujourd'hui en 2008, après la crise boursière. Dans les années 80, elle tournait autour des 8-9%.

"On relève les prix dans les magasins, on récupère les données des caisses, on regarde les factures des fournisseurs d'énergie, on prend en compte les loyers, ...", explique Ken Van Loon, statisticien et expert en indice des prix à la consommation à Statbel, l'Institut public belge responsable des statistiques officielles. "On regarde ces indices témoins, qui sont représentatifs des coûts de la vie". En tout, il y en a des milliers.Ces témoins sont appelés les indices du prix à la consommation. L'indice du pain, l'indice des boissons alcoolisées, l'indice du kilowatt/heure, etc. Il permet de voir, mois par mois, quel élément augmente, lequel stagne, et lequel baisse. Tous ensemble, ils permettent d'établir le taux d'inflation.Pour cela, il faut d'abord faire la moyenne pondérée de tous ces témoins, selon la dépense moyenne des ménages. Par exemple, sur la dépense totale du mois, un pourcentage x va dans le carburant, un pourcentage y dans tel aliment, un pourcentage z dans tel service. Par suite logique, la part d'un élément augmente ou baisse avec l'évolution du prix de l'élément. L'aggrégation de tous ces éléments, selon l'odre de grandeur de leur pondération dans la moyenne, donne alors une idée globale de l'évolution des prix.L'inflation est donc, enfin, l'évolution de ce chiffre global, de mois en mois. Mais attention, les mois sont comparés aux mois de l'année d'avant, pour avoir une vision sur le plus long terme. Jeudi, Statbel a ainsi annoncé que le taux d'inflation était passé de 2,86% à 4,16%. De septembre 2020 à septembre 2021, le taux a ainsi augmenté de 2,86%, et d'octobre 2020 à octobre 2021 de 4,16%.Bien sûr, la comparaison peut être faite avec le mois de septembre 2021. Entre le mois dernier et ce mois-ci, l'indice des prix à la consommation a progressé de 1,47%. Les prix d'énergie qui s'envolent (+77% pour le gaz naturel, +28% pour le diesel, 25,8 pour l'électricité et 23 pour l'essence, par exemple, comparaison à octobre 2020), tirent les chiffres vers le haut.L'énergie, tous les secteurs en ont besoin. Pour la production des matières premières, pour le transport, pour l'éclairage et les frigos du supermarché. On pourrait donc s'attendre à une hausse des prix, en réaction de chaîne, car chaque étape de la chaîne d'approvisonnement devient plus chère. Mais Ken Van Loon nuance: "Il y a un effet de délai. Cette augmentation ne suit pas automatiquement. Depuis février, les produits d'alimentation suivent une évolution négative, les prix baissent." Mais il ne sait pas évaluer quand cette tendance s'inverserait.Si l'indice augmente, et que tout (en moyenne) devient plus cher, est-ce qu'une augementation des salaires va suivre pour garder un équilibre? La réponse est nuancée. "L'augmentation des salaires est caluclée selon l'indice santé", explique Ken Van Loon.L'indice santé, c'est le même principe de calcul que l'indice des prix à la consommation. Mais avec la grande différence qu'il faut enlever certains éléments de l'addition, majoritairement l'alcool, le tabac, et les carburants. L'indice santé, selon le même calcul expliqué plus haut, est passé de 2,29% à 3,48%."Dans le privé, cela dépend des secteurs, certains décident de s'adapter tous les mois. Dans la fonction publique, cela est calculé avec l'indice pivot", continue Ken Van Loon. Ce dernier est calculé comme suit: si la moyenne de l'indice santé, sur quatre mois, dépasse l'indice pivot, celui-ci est augmenté de 2%. Ainsi, les salaires des fonctionnaires et les allocations sociales sont revues à la hausse. Il a été augmenté de 2% en août, mais devrait à nouveau être augmenté en janvier, au vu des chiffres actuels de l'inflation, selon les provisions du Bureau du Plan. "C'est si on a une inflation de 10%, et qu'elle augmente de 8 à 10% tous les mois. On en est encore loin", analyse Ken Van Loon. Il compare les chiffres d'aujourd'hui à différentes périodes dans le temps. Il trouve l'équivalent, similaire, de l'inflation d'aujourd'hui en 2008, après la crise boursière. Dans les années 80, elle tournait autour des 8-9%.