Au Parlement flamand, les débats ont été plus qu'animés. Tout est parti d'une lettre ouverte cosignée par une coalition assez inédite d'agriculteurs, de protecteurs de l'environnement, d'architectes et d'urbanistes. Tous y stigmatisent une facture potentiellement multipliée par 10 et réclament au préalable une solution à l'excès de terrains construc...

Au Parlement flamand, les débats ont été plus qu'animés. Tout est parti d'une lettre ouverte cosignée par une coalition assez inédite d'agriculteurs, de protecteurs de l'environnement, d'architectes et d'urbanistes. Tous y stigmatisent une facture potentiellement multipliée par 10 et réclament au préalable une solution à l'excès de terrains constructibles situés dans des zones peu appropriées. Dans les année 1970 en effet, des zones d'habitat ont été définies sans grand discernement, et depuis deux décennies au moins, insiste la lettre ouverte, personne n'ignore que nombre d'entre d'elles ne sont pas vraiment propices à l'habitat, par exemple pour des questions d'humidité ou d'éloignement. Jusqu'à présent, le gouvernement flamand n'a conçu aucun plan pour résorber cet excès d'une manière socialement acceptable. Il a, au contraire, dénoué déraisonnablement les cordons de sa bourse. Initialement en effet, seuls les propriétaires de terrains situés le long d'une voie carrossable étaient indemnisés à hauteur de 80% du prix d'acquisition. En 2016, ce pourcentage a été porté à 100% de la valeur de marché actuelle et étendu à tous les terrains déclarés inconstructibles. Interpellée à ce sujet, Zuhal Demir (N-VA), ministre de l'Environnement, a mis tous les intervenants d'accord en annonçant la création d'une task force chargée d'examiner sans tabou toutes les facettes du problème. Dans le même temps, elle a livré quelques précisions sur les "spéculateurs": 0,6% des propriétaires, détenteurs de plus de 10 parcelles, possèdent 14% de la surface disponible. Les détenteurs de 2 à 10 parcelles, au nombre de 22% possèdent ensemble 38%. Le solde, 47% est à répartir entre 77% des propriétaires.