Les questionnements sur la juste évaluation du marché immobilier ne sont pas neufs. Trends- Tendances avait largement abordé ce volet en avril dernier. Malgré la multitude de statistiques en la matière (SPF Economie, notaires, Trevi, de Crombrugghe & Partners, etc.), toutes sont confrontées aux limites de leur précision. Elles permettent d'esquisser les tendances d'une région, d'une commune voire d'un quartier. Mais ne parviennent toutefois pas à refléter suffisamment précisément la valeur d'un bien tant certains éléments font défaut (localisation, caractéristiques du bien, état de rénovation, etc.).
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Les questionnements sur la juste évaluation du marché immobilier ne sont pas neufs. Trends- Tendances avait largement abordé ce volet en avril dernier. Malgré la multitude de statistiques en la matière (SPF Economie, notaires, Trevi, de Crombrugghe & Partners, etc.), toutes sont confrontées aux limites de leur précision. Elles permettent d'esquisser les tendances d'une région, d'une commune voire d'un quartier. Mais ne parviennent toutefois pas à refléter suffisamment précisément la valeur d'un bien tant certains éléments font défaut (localisation, caractéristiques du bien, état de rénovation, etc.). Des professionnels liégeois vont tenter de remédier à ces manquements. Ils viennent de lancer la plateforme en ligne Immoversus. Il s'agit, selon son fondateur, d'un indicateur des prix réels de l'immobilier. L'idée est que des agents et experts immobiliers souscrivent à un abonnement (50 euros par mois, gratuit jusque fin 2020) qui leur permet d'accéder à une base de données qu'ils alimenteront eux-mêmes par le fruit de leurs transactions. La multitude de points de comparaison renforçant la précision de l'outil. Déjà en application en région liégeoise, il compte actuellement 3.000 points de comparaison et 120 affiliés. L'objectif est d'atteindre la barre des 200 membres d'ici la fin de l'année. Avant de s'étendre vers le reste de la Wallonie et à Bruxelles en 2021 avec l'ambition de posséder 20.000 points de comparaison à la fin de l'année prochaine. "A ce moment-là, nous pourrons alors affirmer que l'outil sera pleinement opérationnel, estime l'expert immobilier François Kaiser, fondateur d'Immoversus. L'idée est que chaque membre encode entre 35 et 50 biens par an." Tant le SPF que les notaires collectent déjà les données des transactions immobilières. Mais leur tentative de transparence se heurte au fait qu'ils ne transmettent que le prix et la localisation d'un bien. "Or, cela ne reflète absolument pas la réalité du marché, pointe le promoteur immobilier Serge Lejeune (H-3D), partie prenante du projet. Certains quartiers liégeois connaissent des hausses de prix de 10% alors que d'autres sont en baisse. Etablir une moyenne n'a donc pas de sens. Cette plateforme va permettre d'affiner les informations et d'améliorer la transparence des prix." Car la véritable valeur ajoutée de cette plateforme est que les agents qui font le pari d'Immoversus devront encoder leurs transactions via 34 critères (isolation, composition du gros oeuvre, état du toit, des châssis, etc.). L'identité des clients n'est toutefois pas révélée. Ajoutons qu'un accord de partenariat a été signé avec les principaux logiciels de gestion des agences immobilières, de quoi faciliter leur tâche. "La consultation de la plateforme est réservée aux professionnels mais pas uniquement à ceux qui sont actifs dans l'immobilier, précise Serge Lejeune. Les banquiers et assureurs sont très intéressés par un tel outil. Obtenir la bonne valorisation d'un bien pour octroyer un crédit hypothécaire est capital." Plusieurs fédérations (Federia, SNPC) soutiennent en tout cas l'initiative. Les grands réseaux immobiliers sont également en train d'observer de près cet outil. "Leur banque de données ne peut rivaliser avec la multiplication d'informations dont nous disposerons et la transparence des prix que nous offrons, espère Serge Lejeune. Je suis assez optimiste sur le fait qu'ils nous rejoindront bientôt."