Après une année 2020 record en termes de prise en location de surfaces de bureau (78.000 m2), Namur est retombée ces derniers mois dans ses travers. Seuls 3.504 m2 ont été loués en 2021 (principalement par le Forem au Namur Office Park). "Il y a eu un alignement des planètes l'an dernier, il ne fallait donc pas s'attendre à ce que ce soit les nouveaux standards locaux, tempère Stéphane Moermans, responsable de la Wallonie pour le courtier en immobilier d'entreprise Cushman & Wakefield. Nous ne retrouverons pas une telle prise en occupation avant plusieurs années."
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Après une année 2020 record en termes de prise en location de surfaces de bureau (78.000 m2), Namur est retombée ces derniers mois dans ses travers. Seuls 3.504 m2 ont été loués en 2021 (principalement par le Forem au Namur Office Park). "Il y a eu un alignement des planètes l'an dernier, il ne fallait donc pas s'attendre à ce que ce soit les nouveaux standards locaux, tempère Stéphane Moermans, responsable de la Wallonie pour le courtier en immobilier d'entreprise Cushman & Wakefield. Nous ne retrouverons pas une telle prise en occupation avant plusieurs années." L'emballement du marché du bureau namurois l'an dernier s'est traduit par une concentration de baux de location pour des projets situés aux abords de la gare. Comme la future Cour de Justice sur le site des anciennes casernes (environ 35.000 m2) ou le Service public de Wallonie (SPW) dans les projets AXS (24.000 m2, développés par Baltisse) et Cross Point (10.300 m2 construits par IRET). Des locations qui s'ajoutent à celle de Belfius, qui a rejoint l'immeuble développé par Artone le long des voies de chemin de fer, boulevard Mélot. "On assiste clairement à un déplacement de la fonction de bureau de Jambes vers le centre de Namur, explique Maxime Prévot, bourgmestre de Namur. A moyen terme, alors que la proportion de bureau était d'un tiers en centre-ville et deux tiers à Jambes, cette proportion s'inversera."Cette évolution est en fait liée à l'élaboration d'un cadastre des bâtiments publics lancé par la Région wallonne. L'objectif était d'opérer une rationalisation des surfaces, de se rapprocher d'espaces multimodaux et de s'adapter aux nouvelles méthodes de travail. "Le SPW est le plus grand occupant de bureau à Namur, relève Stéphane Moermans. Il a saisi une série d'opportunités avec ces immeubles en cours de développement situés à proximité de la gare. Les déménagements ne sont toutefois pas attendus avant 2024 ou 2025." Ajoutons toutefois que ce mouvement va s'éteindre de lui-même puisqu'il n'y a pratiquement plus aucun projet à développer aux alentours de la gare. Seuls les 10.000 m2 de bureaux prévus dans le cadre du projet Côté verre, de Besix Red, seront encore mis sur le marché (2026), de même que la reconstruction des trois immeubles appartenant à AG Real Estate et qui accueillent le SPF Finances. La Ville et AG Real Estate sont d'ailleurs en discussion pour y créer un ensemble de bureaux et de logements. Ils sont toutefois tributaires, niveau timing, de la stratégie de la Régie des Bâtiments. Cette mutation va en tout cas laisser de nombreux immeubles vacants à Jambes. Où peu de promoteurs devraient encore s'aventurer et suivre la voie d'Eaglestone et Thomas & Piron, qui viennent de livrer deux des trois immeubles du projet Aquilis (30.000 m2 au total). "Ma stratégie était de mettre un terme au chancre que l'on retrouvait aux abords de la gare mais pas de diminuer la présence administrative à Jambes, fait remarquer Maxime Prévot. Jambes reste attractive. Il y a encore de nombreux cabinets ministériels et de services régionaux. Nous attendons encore la stratégie de la Région wallonne sur le devenir des immeubles qu'elle va libérer ( environ 50.000 m2, soit 10% du stock de la ville, Ndlr). Mais je ne veux en tout cas pas assister à des reconversions vers du résidentiel tout en se rendant compte dans 10 ans qu'il manque des bureaux."