Mythe 1 : L'application suit les données de localisation

Coronalert fonctionne sur base de données Bluetooth : l'application enregistre la trace d'une personne qui était plus d'un quart d'heure à moins d'1,5 mètre d'une autre, sans plus de détails sur la localisation du contact. La distance entre deux personnes est déterminée sur la base de l'intensité du signal Bluetooth émis.
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Coronalert fonctionne sur base de données Bluetooth : l'application enregistre la trace d'une personne qui était plus d'un quart d'heure à moins d'1,5 mètre d'une autre, sans plus de détails sur la localisation du contact. La distance entre deux personnes est déterminée sur la base de l'intensité du signal Bluetooth émis. Les personnes utilisant l'application sur Android doivent fournir des informations de localisation mais l'app' ne reçoit pas ces informations et ne sait pas où une personne a eu des contacts avec une autre. Chaque personne qui télécharge l'application contribue à une détection plus rapide des nouvelles infections. Il n'y a pas de nombre minimum d'utilisateurs pour garantir qu'une application de suivi des contacts est plus ou moins efficace. Le chiffre de 60 % est, en réalité, une interprétation erronée d'une étude de l'université d'Oxford. En effet, les auteurs de l'étude déclarent: "Nos modèles laissent voir que nous pouvons arrêter l'épidémie si environ 60 % de la population télécharge l'application. Même avec un nombre réduit d'utilisateurs, nous tablons toujours sur une réduction du nombre d'infections et de décès dûs au coronavirus".Coronalert permet en effet d'être plus rapidement informé d'infections transmises par des personnes inconnues (par exemple dans les transports publics). Cependant, de nombreux Belges ne sont pas en possession d'un smartphone assez récent (ou d'un smartphone tout court) et n'ont pas la possibilité de télécharger l'application. C'est notamment le cas sur les iPhone de plus de 5 ans et sur les Samsung Galaxy. L'application a en effet besoin d'iOS 13 au minimum pour être installée et fonctionner correctement. Toutefois, pour permettre à ces citoyens d'être intégrés dans le tracing, dans la lutte contre le virus, plusieurs outils sont déployés en permanence. Le suivi de contacts est un outil parmi d'autres et l'app' Coronalert est un élément d'une stratégie de tracing beaucoup plus large.De nombreuses applications populaires téléchargées sur un smartphone recueillent une grande quantité d'informations privées et sont peu ou pas transparentes sur les données qu'elles stockent. Coronalert est un logiciel libre (c'est-à-dire que le code de l'application est rendu publique et accessible au public), ce qui garantit que les experts en protection de la vie privée, les développeurs et, en gros, tout le monde peut voir comment elle fonctionne avec précision et qu'en dehors des codes Bluetooth, aucune information supplémentaire n'est collectée. Avant que l'application ne soit disponible, une large consultation publique a aussi été organisée où tout un chacun a pu voir comment fonctionne Coronalert et donner son feedback. Résultat : son fonctionnement est très transparent.La fausse idée reçue et qu'on obtient un signal d'alerte d'une éventuelle infection dès que l'on se trouve à proximité d'une personne infectée dans la rue ou dans un magasin. Or, ce n'est pas le cas car l'échange des codes Bluetooth n'a lieu que quand les smartphones sur lesquelles l'app' est installée se trouvent pendant au moins 15 minutes et à une distance n'excédant pas 1,5 mètre d'une autre personne. Les inventeurs de la technologie Bluetooth ont eux-mêmes formulé certaines préoccupations concernant son utilisation par les applications de recherche de contacts : ils ont déclaré que la technologie n'a pas été développée pour déterminer les distances avec précision. Pourtant, ils estiment que le Bluetooth est préférable à l'utilisation des technologies de géolocalisation qui empiètent davantage sur la vie privée.Il existe donc bien une marge d'erreur dans l'utilisation de la technologie Bluetooth pour la recherche des contacts, aussi parce que des facteurs contextuels (tel que le port du masque) ne sont pas pris en compte. Une évaluation plus précise des risques entraînerait un risque nettement plus élevé pour la vie privée.