Vous aviez créé la surprise, parfois le doute, en remportant l'appel d'offre à la barbe de Proximus pour créer Coronalert. Était-ce une mission compliquée ?

Avant de se porter candidats, on avait vérifié le code de l'appli allemande qui était public. On a vérifié qu'on était capable d'y arriver car, oui il fallait faire un clone mais nous étions face à un code dont il fallait comprendre l'esprit. On savait qu'on pouvait le faire mais le challenge était de rajouter les modules belges sans mettre le code allemand en danger. Et de pouvoir assurer les mises à jour sans casser les modules belges. Le challenge sera plus dans l'acceptation et la compréhension de l'app par le public.

Vous avez remporté un marché en étant beaucoup moins cher que votre principal concurrent, Proximus. On parle d'un peu plus de 300.000 euros soit 10 fois moins cher. Comment est-ce possible ? Certains pensent que vous avez cassé les prix...

Je ne peux pas parler pour Proximus. Notre proposition financière tenait compte de notre situation : on est une petite équipe de quelques personnes seulement, on travaille tous à distance et on s'est associé à la boîte néerlandophone Ixor. Coronalert reste un clone d'une app existante. Je ne sais pas pourquoi d'autres ont proposé un prix 10 fois plus élevé. Je ne le comprends d'ailleurs pas. Mais je pense que ce n'est pas seulement le prix que le gouvernement a choisi... mais notre flexibilité. On était totalement dévolu au projet et l'on s'est montré réactifs. Dans le contexte actuel et l'évolution sanitaire c'était primordial.

Le choix a été très critiqué de confier cette app à une boîte "inconnue"... Comment l'expliquez-vous ?

Je le comprends car pendant plusieurs années, après la vente de mon agence Appsolution, j'ai dû arrêter, contractuellement, de développer des applications. Ensuite, j'ai recommencé mais avec un autre état d'esprit : je voulais avoir différents projets, mais pas sous la forme d'une grosse agence. Avec Appsolution, j'ai été prisonnier d'une structure et de pas mal de contraintes. A présent, je préfère avoir un "petit labo" qu'une grosse structure. Je ne suis pas un bon gestionnaire, ce n'est pas cela que j'aime faire.

Vous avez aussi été critiqué parce que vous aviez affiché certaines références sur votre site sans autorisation.

C'était une erreur. On aurait dû demander l'autorisation de tous nos clients et des clients de nos développeurs. Mais vous savez quand je me suis relancé dans les applications, je n'ai pas porté une grande attention à notre site ou notre page Facebook. On a d'ailleurs été critiqué pour le site qui était un petit site à 65 dollars. On s'est fait démonté pour cela parce qu'en reportant le projet d'appli Coronalert, nous avons été mis très en lumière. Mais on l'a pris comme un "audit public" et on a corrigé ces erreurs.

Dans l'appel d'offre, des amendes lourdes étaient prévues en cas de retard de l'app. Elle était prévue pour avant la mi-septembre. Vous la sortez à présent... Devside devra-t-il s'acquitter d'une amende ?

Non : nous étions prêts en temps et en heure. Mais c'est pour des raisons légales que sa sortie a été retardée. Pas en raison d'un retard de développement.

Votre mission est-elle à présent terminée ?

Nous allons encore assurer la maintenance dans l'application, évidemment. Comme c'était prévu. Et nous allons aussi nous assurer que l'application puisse fonctionner correctement au niveau européen, pour assurer le tracing au niveau des pays européens qui emploient ce protocole, c'est-à-dire tous sauf la France. L'idée c'est de permettre aux serveurs de communiquer entre eux pour qu'un Belge qui aurait approché une autre personne qui utilise une autre appli nationale puisse être notifié en cas d'infection de cette dernière.

De quoi dépendra le succès de l'app à présent selon vous ?

Il faut que les gens comprennent bien que l'appli respecte toutes les normes d'anonymat. Et il faut, bien sûr que les Belges la téléchargent en masse et jouent le jeu. En quelque sorte, nous sommes la petite main du développement. Nous n'intervenons pas sur le marketing ou la stratégie de Coronalert. D'ailleurs, l'appli n'est qu'une pièce d'un grand puzzle de lutte contre le coronavirus.

Cette référence va-t-elle, selon vous, vous ouvrir des portes ?

Honnêtement : aucune idée. Et ce n'est pas le but. Encore une fois : je ne souhaite pas relancer une grosse agence. Devside a lancé quelques start-up et elles nous occupent déjà pas mal. On ne cherche pas à nous relancer sous une grosse structure.

Propos recueillis par Christophe Charlot

Vous aviez créé la surprise, parfois le doute, en remportant l'appel d'offre à la barbe de Proximus pour créer Coronalert. Était-ce une mission compliquée ?Avant de se porter candidats, on avait vérifié le code de l'appli allemande qui était public. On a vérifié qu'on était capable d'y arriver car, oui il fallait faire un clone mais nous étions face à un code dont il fallait comprendre l'esprit. On savait qu'on pouvait le faire mais le challenge était de rajouter les modules belges sans mettre le code allemand en danger. Et de pouvoir assurer les mises à jour sans casser les modules belges. Le challenge sera plus dans l'acceptation et la compréhension de l'app par le public.Vous avez remporté un marché en étant beaucoup moins cher que votre principal concurrent, Proximus. On parle d'un peu plus de 300.000 euros soit 10 fois moins cher. Comment est-ce possible ? Certains pensent que vous avez cassé les prix...Je ne peux pas parler pour Proximus. Notre proposition financière tenait compte de notre situation : on est une petite équipe de quelques personnes seulement, on travaille tous à distance et on s'est associé à la boîte néerlandophone Ixor. Coronalert reste un clone d'une app existante. Je ne sais pas pourquoi d'autres ont proposé un prix 10 fois plus élevé. Je ne le comprends d'ailleurs pas. Mais je pense que ce n'est pas seulement le prix que le gouvernement a choisi... mais notre flexibilité. On était totalement dévolu au projet et l'on s'est montré réactifs. Dans le contexte actuel et l'évolution sanitaire c'était primordial.Le choix a été très critiqué de confier cette app à une boîte "inconnue"... Comment l'expliquez-vous ?Je le comprends car pendant plusieurs années, après la vente de mon agence Appsolution, j'ai dû arrêter, contractuellement, de développer des applications. Ensuite, j'ai recommencé mais avec un autre état d'esprit : je voulais avoir différents projets, mais pas sous la forme d'une grosse agence. Avec Appsolution, j'ai été prisonnier d'une structure et de pas mal de contraintes. A présent, je préfère avoir un "petit labo" qu'une grosse structure. Je ne suis pas un bon gestionnaire, ce n'est pas cela que j'aime faire.Vous avez aussi été critiqué parce que vous aviez affiché certaines références sur votre site sans autorisation.C'était une erreur. On aurait dû demander l'autorisation de tous nos clients et des clients de nos développeurs. Mais vous savez quand je me suis relancé dans les applications, je n'ai pas porté une grande attention à notre site ou notre page Facebook. On a d'ailleurs été critiqué pour le site qui était un petit site à 65 dollars. On s'est fait démonté pour cela parce qu'en reportant le projet d'appli Coronalert, nous avons été mis très en lumière. Mais on l'a pris comme un "audit public" et on a corrigé ces erreurs.Dans l'appel d'offre, des amendes lourdes étaient prévues en cas de retard de l'app. Elle était prévue pour avant la mi-septembre. Vous la sortez à présent... Devside devra-t-il s'acquitter d'une amende ?Non : nous étions prêts en temps et en heure. Mais c'est pour des raisons légales que sa sortie a été retardée. Pas en raison d'un retard de développement.Votre mission est-elle à présent terminée ? Nous allons encore assurer la maintenance dans l'application, évidemment. Comme c'était prévu. Et nous allons aussi nous assurer que l'application puisse fonctionner correctement au niveau européen, pour assurer le tracing au niveau des pays européens qui emploient ce protocole, c'est-à-dire tous sauf la France. L'idée c'est de permettre aux serveurs de communiquer entre eux pour qu'un Belge qui aurait approché une autre personne qui utilise une autre appli nationale puisse être notifié en cas d'infection de cette dernière.De quoi dépendra le succès de l'app à présent selon vous ?Il faut que les gens comprennent bien que l'appli respecte toutes les normes d'anonymat. Et il faut, bien sûr que les Belges la téléchargent en masse et jouent le jeu. En quelque sorte, nous sommes la petite main du développement. Nous n'intervenons pas sur le marketing ou la stratégie de Coronalert. D'ailleurs, l'appli n'est qu'une pièce d'un grand puzzle de lutte contre le coronavirus.Cette référence va-t-elle, selon vous, vous ouvrir des portes ?Honnêtement : aucune idée. Et ce n'est pas le but. Encore une fois : je ne souhaite pas relancer une grosse agence. Devside a lancé quelques start-up et elles nous occupent déjà pas mal. On ne cherche pas à nous relancer sous une grosse structure.Propos recueillis par Christophe Charlot