Depuis l'interdiction du service UberPop (celui qui permettait à des particuliers de jouer les chauffeurs de taxi), le conflit entre le secteur des taxis et la firme américaine semblait totalement calmé dans notre capitale. Uber a continué à proposer des services (UberX et UberBlack) mais en faisant appel à des chauffeurs professionnels... C'est-à-dire des indépendants disposant d'une licence appropriée au transport de personnes, mais qui n'est pas une licence de taxi.
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Depuis l'interdiction du service UberPop (celui qui permettait à des particuliers de jouer les chauffeurs de taxi), le conflit entre le secteur des taxis et la firme américaine semblait totalement calmé dans notre capitale. Uber a continué à proposer des services (UberX et UberBlack) mais en faisant appel à des chauffeurs professionnels... C'est-à-dire des indépendants disposant d'une licence appropriée au transport de personnes, mais qui n'est pas une licence de taxi. Mais surprise, nous apprenons aujourd'hui que la firme Taxis Verts, la plus importante société de taxis à Bruxelles, demande à la justice d'appliquer strictement le jugement du mois de septembre 2015. C'est-à-dire d'appliquer les astreintes de 10.000 euros par infraction constatée, comme prévu dans le jugement de l'année passée. La firme bruxelloise aurait déjà fait constater plusieurs dizaines d'infractions... Pourquoi ? Selon Michel Pêtre, président de Taxis Verts, "le jugement est très clair : il considère qu'Uber fait... du taxi. Or pour cela, il faut que les chauffeurs disposent d'une licence de taxi. C'est très simple. Les chauffeurs avec lesquels Uber travaille actuellement disposent d'un autre type de licence. C'est donc illégal." Pour mener cette action, la firme bruxelloise a attendu que "toutes les voies de recours aient été épuisées", glisse Michel Pêtre.Aujourd'hui, les deux services Uber actifs à Bruxelles se présentent, selon la firme américaine, comme de la "location de voiture avec chauffeur". La différence avec le taxi ? Les chauffeurs disposent bien d'une licence, mais différente de celle des taxis. D'ailleurs, pas mal de chauffeurs obtiendraient une licence en Wallonie et viendraient travailler à Bruxelles. Par ailleurs, ces chauffeurs doivent, en théorie, nouer avec leur client un contrat qui porte sur une prestation de 3 heures ou un montant de 90 euros. Une subtilité que nous avions déjà évoquée ici et qui pose question. La question consistera donc à savoir si UberX et UberBLACK doivent, ou non, être mis sur le même pied que UberPOP. Ces services sont-ils du taxi ? La firme américaine semble considérer que la décision du tribunal bruxellois en septembre 2015 portait exclusivement sur UberPOP (service avec des chauffeurs particuliers). Pour le président des Taxis verts, il ne fait aucun doute que "Uber fait du taxi selon le juge, peu importe la manière dont ils nomment le service." Toutefois, lorsque la décision est tombée, UberX venait à peine d'être lancé et le tribunal s'est donc essentiellement penché sur UberPOP... Est-ce à dire que Taxis Verts s'oppose aux services UberX et UberBLACK ? "On s'oppose uniquement à ceux qui font du taxis sans en respecter les règles", martèle Michel Pêtre, président de Taxis Verts. Dans les faits, toutefois, l'ensemble des chauffeurs qui passent au travers de Uber à Bruxelles ne possèdent pas de licence de taxi... Cela signifie donc qu'en l'état la firme s'oppose désormais à UberX et UberBLACK, tout comme elle l'a fait avec UberPOP... Si ce n'est qu'elle dispose d'une décision judiciaire en sa faveur. "Nous continuons de demander toujours la même chose, renchérit Jean-Michel Courtoy, CEO de la firme Taxis Verts: que chaque entreprise qui fait du taxi réponde aux mêmes règles. Point !"