C'est la start-up qui monte dans le secteur encore naissant de la legaltech. Créé en 2018, Legal Studio connaît une croissance soutenue: "La première année, nous avons fait un chiffre d'affaires de 400.000 euros, puis le double en 2019. En 2020, nous avons atteint le million et demi d'euros. Cette année, nous espérons arriver à un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros", explique Anthony Verhaegen, cofondateur de cette ambitieuse jeune pousse qui ne suit pas le modèle classique de financement des start-up technologiques. Après une première levée de fonds (seed) auprès d'investisseurs privés membres du réseau BeAngels, Legal Studio a progressé uniquement grâce à sa croissance organique. "La société a toujours été cash positive et rentable. Nous avons clôturé 2020 avec un Ebitda de 250.000 euros", se réjouit Anthony Verhaegen.
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C'est la start-up qui monte dans le secteur encore naissant de la legaltech. Créé en 2018, Legal Studio connaît une croissance soutenue: "La première année, nous avons fait un chiffre d'affaires de 400.000 euros, puis le double en 2019. En 2020, nous avons atteint le million et demi d'euros. Cette année, nous espérons arriver à un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros", explique Anthony Verhaegen, cofondateur de cette ambitieuse jeune pousse qui ne suit pas le modèle classique de financement des start-up technologiques. Après une première levée de fonds (seed) auprès d'investisseurs privés membres du réseau BeAngels, Legal Studio a progressé uniquement grâce à sa croissance organique. "La société a toujours été cash positive et rentable. Nous avons clôturé 2020 avec un Ebitda de 250.000 euros", se réjouit Anthony Verhaegen. Cet entrepreneur formé à la Vlerick Business School et à l'UCLouvain s'est frotté au monde du barreau avant de lancer sa boîte. Pendant huit ans, il a travaillé pour le cabinet d'affaires international Allen & Overy. "C'est une excellente expérience dans le domaine juridique. Et cela m'a permis de me familiariser avec des clients dans une logique B to B", souligne l'ancien avocat. La combinaison de ces deux facettes du métier est cruciale dans le lancement de son projet. Legal Studio est une start-up de la legaltech qui propose des services techno-juridiques à des grands groupes internationaux, en mode business to business.La jeune pousse a développé la plateforme en ligne Klea (Knowledgeable legal entity automation) dans le but d'améliorer la gestion de ce que l'on appelle le corporate housekeeping. Derrière cette dénomination barbare se cache toute une série d'actions juridiques relativement simples et répétitives mais extrêmement chronophages pour les grandes entreprises. Ces tâches de "secrétariat juridique" peuvent coûter cher aux organisations internationales qui possèdent des filiales dans de nombreux pays. De son côté, la start-up bruxelloise y voit une superbe opportunité. Avec sa plateforme et ses outils d'automatisation, elle propose à ses clients des économies substantielles sur leurs dépenses juridiques. L'un des premiers grands groupes à avoir fait confiance à cette jeune legaltech est Levi's: "Grâce à nos solutions, l'entreprise a réduit de 40% ses coûts opérationnels et de 60% le temps passé sur ses tâches de secrétariat juridique", pointe Anthony Verhaegen. L'objectif est de décharger les juristes d'entreprise de ces tâches ingrates afin qu'ils puissent se concentrer sur les questions juridiques à plus haute valeur ajoutée. Imaginez une entreprise qui doit réunir l'assemblée générale de ses actionnaires. Le service juridique doit rédiger et envoyer les convocations, prévoir une réunion physique ou sur une plateforme de vidéo-conférence, rédiger un rapport de gestion, communiquer différentes pièces aux personnes convoquées, préparer un projet de procès-verbal, récolter des signatures électroniques, déposer des documents au greffe pour les authentifier... Toutes ces petites étapes sont indispensables et doivent être scrupuleusement suivies pour réunir l'assemblée générale de manière juridiquement conforme. Mais elles prennent du temps. Or ce temps, pour les services juridiques des entreprises, est un des biens les plus précieux. "Ce type de processus, c'est 80% de temps sur la gestion de projet, 20% de temps sur le juridique", avance Anthony Verhaegen. La solution proposée par Legal Studio est d'intégrer tout ce cheminement dans une plateforme unique. La start-up a créé des tableaux de bord adaptés à chaque réalité juridique locale. Elle promet des flux de travail "intelligents" pour les réunions des assemblées générales et des conseils d'administration dans plus de 80 pays et pour plus de 200 formes de sociétés. C'est précisément cette formule de guichet numérique unique qui intéresse les groupes internationaux. Présents via leurs filiales dans des pays où les règles de droit ne sont pas toujours identiques, ils peuvent compter sur un outil intégré qui les guide dans ces processus parfois fastidieux mais qui doivent respecter un canevas juridique prédéfini. Les options développées par la legaltech ne se limitent pas à la réunion d'AG ou de CA. La plateforme Klea peut aussi être utilisée pour valider et communiquer des changements de fonction, le licenciement d'un directeur, des délégations de pouvoir, l'approbation des comptes, l'enregistrement dans les registres UBO (respect des règles anti-blanchiment), la rédaction et le dépôt de certains documents, etc. Toutes ces tâches qui sont traitées par des juristes, des paralegals, voire par des cabinets d'avocats, peuvent vite devenir un casse-tête pour des équipes disséminées dans différentes filiales à travers le monde. La start-up les soulage avec une solution unique, clé en main. Une trentaine de groupes, présents dans 70 pays, utilisent déjà les services de Legal Studio: Lotus Bakeries (35 filiales dans le monde), UCB, bpost, Cofinimmo, Johnson Control (spécialiste américain de la sécurité), Engie (pour ses filiales africaines), United Technologies (un gros conglomérat américain), Levi Strauss, Alcatel Lucent, etc. Lire aussi: Nafissatou Tine (Sunulex): "L'écosystème legaltech n'en est qu'à ses débuts en Afrique"La jeune société compte trois associés: Anthony Verhaegen, Filip Corveleyn (ex-avocat lui aussi) et Bart Reyserhove, le directeur technique, un ancien de chez Capgemini passé par la start-up TagTagCity. L'équipe compte actuellement 15 personnes, principalement des juristes au profil international recrutés sur un marché bruxellois foisonnant grâce à la présence des institutions et lobbies européens. Ils jouent le rôle de support pour les clients qui sous-traitent la gestion du corporate housekeeping à la start-up bruxelloise. Legal Studio s'est également adjoint les services d'un réseau d'avocats partenaires, dans tous les pays où ses clients sont présents. Cela lui permet de gérer localement un certain nombre de démarches pour lesquelles l'intervention d'un avocat est nécessaire. Voilà pour le présent de Legal Studio. Pour la suite, la société a un plan bien précis. Elle compte basculer vers un modèle SaaS (software as a service) via lequel elle proposera l'accès à son logiciel sur la base d'un système de licence. "C'est ce modèle qui représente le futur de notre société. Il nous apporte de belles perspectives de croissance et de scalabilité", pointe Anthony Verhaegen. Avec le développement de Legal Studio, l'ancien avocat veut faire souffler un vent nouveau sur le secteur du droit en Belgique: "Le marché juridique doit être modernisé. Il vit depuis trop longtemps dans une tour d'ivoire et est un peu réfractaire au changement, remarque Anthony Verhaegen. Le secteur belge de la legaltech a du potentiel et des talents. Mais trop d'acteurs restent cantonnés au marché belge. Le potentiel de croissance réside hors de nos frontières".