Ces dernières semaines, le président du MR et son secrétaire d'Etat à la Digitalisation, Mathieu Michel, semblent avoir entamé une campagne de séduction à l'adresse du secteur belge du digital. Après avoir accompli sa tournée de l'écosystème start-up en mars, le parti de Georges-Louis Bouchez organisait en effet il y a quelques jours un week-end dédié au jeu vidéo et à l'e-sport comprenant des tournois mais aussi une journée de débat sur le sujet.
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Ces dernières semaines, le président du MR et son secrétaire d'Etat à la Digitalisation, Mathieu Michel, semblent avoir entamé une campagne de séduction à l'adresse du secteur belge du digital. Après avoir accompli sa tournée de l'écosystème start-up en mars, le parti de Georges-Louis Bouchez organisait en effet il y a quelques jours un week-end dédié au jeu vidéo et à l'e-sport comprenant des tournois mais aussi une journée de débat sur le sujet. Pour le parti libéral, "le secteur représente un eldorado économique dont l'écosystème doit être stimulé afin de créer davantage de croissance du marché et aider la création de nouveaux emplois". Le MR évoque un total de 270 millions d'euros générés en Belgique. Son président souhaite dès lors que différents mécanismes législatifs soient mis en place en sa faveur. Le MR privilégie deux grands axes. Le premier concerne les entreprises créatrices de jeux vidéo via l'élargissement du mécanisme de tax shelter. Concrètement, cela signifierait que les sociétés pourraient consacrer une partie de leur bénéfice à l'investissement dans le développement de jeux tout en bénéficiant d'un avantage fiscal. Un procédé qui existe depuis longtemps pour soutenir le cinéma et, plus récemment, les arts de la scène. L'idée n'a d'ailleurs rien de nouveau: en mars 2019, la Chambre avait déjà voté après des années de réflexion l'extension du tax shelter au secteur du jeu, l'Europe mettant ensuite mis en doute la conformité de la mesure telle que formulée. A en croire le président de Walga, l'association wallonne du jeu vidéo, cette mesure permettrait pourtant de mettre les acteurs du sud du pays sur un pied d'égalité avec les studios flamands qui bénéficient depuis pas mal d'années d'une série d'aides bien utiles. D'après Bruno Urbain, le secteur du jeu vidéo est en effet aujourd'hui nettement plus étendu en Flandre: sur 114 entreprises de développement de jeu en Belgique, 82 seraient flamandes, assurant quelque 700 emplois directs en Flandre, contre environ 350 en Wallonie. Gaming et santé: les jeux vidéo nous font du bienLe deuxième axe de soutien que le parti de Georges-Louis Bouchez compte déployer concerne l'e-sport, ces compétitions de jeux vidéo qui se multiplient partout dans le monde, dont les vainqueurs peuvent empocher des prize money parfois très élevés. Ces gameurs professionnels ne bénéficient toutefois pas d'un statut (social ou fiscal) spécifique et, à en croire le MR, auraient tendance à quitter la Belgique pour faire carrière. Les libéraux entendent aussi proposer un aménagement scolaire à leur intention, comme c'est le cas pour les sportifs de haut niveau. Certes, à ce jour, les "gameurs de haut niveau" se compteraient sur les doigts des (deux?) mains, selon les spécialistes du secteur, mais le MR fait visiblement le pari que ce secteur comptera bien dans la relance.