Comblé par cette année record en termes de visibilité et de revenus, le patron de Dogstudio évite de faire le beau. "Je ne rentrerai pas dans les chiffres à cause de la conjoncture et des difficultés d'autres sociétés", se réserve Henry Daubrez, CEO et creative director.
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Comblé par cette année record en termes de visibilité et de revenus, le patron de Dogstudio évite de faire le beau. "Je ne rentrerai pas dans les chiffres à cause de la conjoncture et des difficultés d'autres sociétés", se réserve Henry Daubrez, CEO et creative director. D'ailleurs, en 2020, tout n'a pas été facile pour le studio créatif mêlant art, design et digital. Comme pour la plupart des sociétés liées à l'événementiel et à la publicité, les demandes de clients ont tari du jour au lendemain et la guerre des prix permanente a gagné en férocité. Dogstudio s'est même retrouvé quelques mois sans os à ronger. "Tout le monde doit effectivement manger. Cela veut dire une équipe inoccupée et une tension financière", confie le CEO.Mais à la différence d'autres agences orientées purement marketing, et donc fortement impactées par les coupes budgétaires dues à la crise, l'équipe de Dogstudio s'est concentrée sur la création de produits digitaux : des plateformes .com pour de grosses institutions ou marques, des applications nécessaires au fonctionnement de certains business, etc."Cela nous a donné plusieurs opportunités, surtout sur le marché du divertissement, une de nos 'verticals' en termes de marchés avec la tech, la culture, la mode et le luxe. On a dû se réinventer complètement en 2020. Sur fond de grosse panique pour les festivals, grosse panique pour les artistes, pour les corporations qui ont de grand-messes physiques", relate Henry Daubrez.La start-up wallonne est alors parvenue à signer une série de collaborations avec le très célèbre festival électro Tomorrowland, dont les organisateurs cherchaient évidemment des solutions après l'annulation de leur édition 2020. Les mois de disette ont soudain débouché sur deux projets d'ampleur qui ont monopolisé l'équipe pendant un moment. Le premier, Around The World, un festival entièrement virtualisé sous forme d'une île paradisiaque où ont convergé plus d'un million d'internautes des quatre coins de la planète pendant le dernier week-end de juillet.Le second, plus récent, est un tout nouveau lieu de divertissement numérique ouvert toute l'année, NAOZ. L'objectif : offrir à domicile l'expérience des concerts sous forme virtuelle grâce aux meilleures technologies de conception 3D, de production vidéo et d'effets spéciaux."Notre projet Around The World fait partie des projets pionniers en termes de possibilités pour un évènement digital et cela nous a donné une visibilité extrême ainsi qu'une série d'opportunités. Certaines sérieuses, certaines moins", indique Henry Daubrez."Namur commençait à jouer en notre défaveur "Société belge à l'origine, Dogstudio est aujourd'hui très fortement internationale. En comptant aussi ses entités de Chicago et Mexico, 70% du chiffre d'affaire total de la marque est réalisé sur le sol américain. "Mais produit à la fois là-bas et ici en Wallonie. Le fait que nous construisions Dogstudio avec une culture de la collaboration et du travail en équipe nous permet de se reposer les uns sur les autres", épingle le patron et directeur créatif.En 2020, Dogstudio a ainsi signé des collaborations majeures avec Zoox, un constructeur américain de véhicules autonomes filiale d'Amazon, le TIME magazine (NYC), Microsoft, pour ne citer que ces quelques grands noms. "Certains de ces projets sont sortis, d'autres pas, mais l'un dans l'autre, l'envolée de notre bureau à Chicago et la croissance de notre bureau à Mexico ont permis de stabiliser notre présence européenne", souligne Henry Daubrez.Quant à l'ouverture imminente de leur nouveau bureau à Amsterdam, elle résulte d'un double constat. D'abord, le marché européen est plus difficile à appréhender que le marché américain (rapidité de signature de deals, budgets, écosystème, compétition, etc.). "Ensuite, nous sommes convaincus que malgré nos efforts, comme pour les équipes de sport, les clients et les personnes s'attachent et se rappellent de sociétés ou marques grâce à leur localisation. Et ici, Namur commençait à jouer en notre défaveur. Nous avons besoin d'un flagship européen qui non seulement est plus fort dans l'inconscient collectif, mais nous permet aussi d'avoir une présence plus forte dans un milieu qui bouge rapidement", affirme le CEO de Dogstudio.La capitale des Pays-Bas regroupe non seulement une forte concentration de QG de sociétés majeures dans les "verticals" de Dogstuidop, mais également une concentration tout aussi importante de talents pour le secteur. Démarrer une activité sur place apparaît assez logique vu sous cet angle. Sans oublier qu'il s'agira d'un bureau dédié à la même "équipe européenne renforcée". Pour permettre à la Wallonie de continuer à rayonner, tout en étant stratégiquement mieux placés."Aujourd'hui, nous avons des discussions très intéressantes avec des organisations et des marques que nous n'aurions jamais rêvé approcher quand nous avons démarré l'aventure et nous espérons que ces conversations se convertiront rapidement en projets pour nous permettre de continuer notre croissance sur chaque continent", conclut Henry Daubrez.