Mener un consortium international pour développer des solutions d'intelligence artificielle (IA) contre la pandémie, voici ce qu'a réussi la PME Oncoradiomics basée à Liège. Ce n'est pas tout : ce projet, baptisé Dragon, réunit pas moins de 21 entités (entreprises, hôpitaux, universités, etc.). Le tout à l'international puisque certains acteurs sont situés au Royaume-Uni, en Italie, aux Pays-Bas ou en Chine.
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Mener un consortium international pour développer des solutions d'intelligence artificielle (IA) contre la pandémie, voici ce qu'a réussi la PME Oncoradiomics basée à Liège. Ce n'est pas tout : ce projet, baptisé Dragon, réunit pas moins de 21 entités (entreprises, hôpitaux, universités, etc.). Le tout à l'international puisque certains acteurs sont situés au Royaume-Uni, en Italie, aux Pays-Bas ou en Chine. Le but ? Développer des algorithmes d'IA qui permettront d'améliorer le diagnostic, pronostic et choix de traitement du Covid-19. Certains algorithmes sont déjà développés mais d'autres doivent encore émerger. Ils se baseront à la fois sur des données existantes et sur les évolutions futures liées à la maladie. Dragon pourrait, par exemple, se greffer sur des essais cliniques pour récolter de nouvelles données. " Aujourd'hui encore, le Covid-19 constitue une énigme, explique le Pr Philippe Lambin, cofondateur d'Oncoradiomics. Certaines personnes ne développent absolument aucun symptôme, d'autres meurent malheureusement très vite. On observe une diversité de cas que l'on ne comprend toujours pas et pour lesquels il est difficile de proposer des stratégies de prévention et des traitements adaptés. Notre projet d'IA doit permettre, sur base de toutes ces données, d'y voir plus clair. " Avec deux grands axes : d'une part, aider les professionnels de la santé en facilitant et accélérant le développement de nouveaux traitements ; d'autre part, aider les citoyens qui pourront eux-mêmes disposer de certains outils d'aide à la compréhension et à la décision par rapport à cette maladie. Cela se fera, notamment, au travers d'applications mobiles que va développer la start-up liégeoise Medical Cloud Company (MedC2), l'un des partenaires belges du consortium. Cette petite structure se chargera de développer des applis qui permettront au patient de savoir ce qu'il doit faire en fonction de sa situation (symptôme ou pas, etc.) mais aussi de le " monitorer " à distance, sur base d'informations volontairement encodées ou enregistrées par des appareils connectés. La start-up prévoit aussi de faciliter l'intégration de patients dans des essais cliniques. Le projet Dragon s'étalera sur trois ans mais devrait voir aboutir certains résultats déjà en 2020. Et si l'on trouve un vaccin ou des traitements dans l'intervalle ? Pour Philippe Lambin, le vaccin, comme les traitements, ne sont pas encore pour tout de suite. " S'il arrive l'année prochaine, se posera encore la question de la production. Puis, qui va-t-on vacciner en premier ? Ceux qui y mettent le prix ou ceux qui en ont le plus besoin ? " Probablement les groupes les plus en danger face à la maladie. Et dans ce cas, les logiciels que Dragon met au point pourraient jouer un rôle. Pour Brice Van Eeckhout, CEO de MedC2, " les algorithmes d'IA que va développer Dragon serviront également à d'autres maladies, voire d'autres épidémies. " Le projet a en tout cas du potentiel puisqu'il vient d'obtenir un financement de 11,4 millions d'euros par le partenariat IMI (Innovative Medicines Initiative) et qu'il est soutenu par le programme de recherche et d'innovation Horizon 2020 de la Commission européenne. Un montant que les 21 acteurs de Dragon se partageront en fonction de leur participation dans le projet. Oncoradiomics, par exemple, récupérera 1,6 million tandis que MedC2 recevra 860.000 euros.