Trends-Tendances propose une dossier consacré aux voitures électriques. Découvrez l'intégralité du dossier ici:
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Pas une semaine ne passe sans qu'une entreprise n'annonce une accélération de sa transition vers un parc de véhicules 100% électriques. Les ventes de voitures électriques neuves s'envolent en Belgique (voir tableau plus bas dans l'article): elles ont augmenté d'un facteur sept en cinq ans. Mais leur part de marché totale reste réduite - moins de 3,5% l'an dernier. Et l'écart se creuse entre les voitures de société et les particuliers. Ainsi, les voitures électriques de société affichaient l'an dernier une part de marché de 5,2%. Or, chez les particuliers, cette part était d'à peine 1,2%. La différence reste significative si l'on ajoute les hybrides: 15% des voitures de société, 5,6% des véhicules de particuliers. "Les voitures de société constituent donc bel et bien un des moteurs de la mobilité électrique", en conclut Frank Van Gool, directeur général de Renta, la fédération belge des sociétés de leasing. L'écart entre voitures privées et de société s'explique par plusieurs facteurs. Tout d'abord, les secondes sont renouvelées tous les quatre ans en moyenne. Cela facilite une transition rapide vers la mobilité électrique. "Mais surtout: l'assortiment de voitures électriques se concentre dans les segments supérieurs", souligne Frank Van Gool. La voiture électrique la plus vendue en Belgique l'an dernier était la Tesla Model 3. En deuxième place, on trouve l'Audi e-tron, un SUV. Trois autres modèles premium figurent encore dans le top 10: la Porsche Taycan, la Mini et la Mercedes EQC. La fiscalité aussi incite les utilisateurs de voitures de société à opter pour l'électricité. Le gouvernement fédéral pense, par exemple, imposer des voitures de société full électriques à partir de 2026. "La voiture 100% électrique conservera le statut fiscal le plus favorable au cours des années à venir, observe Frank Van Gool. N'oubliez pas non plus que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à mettre en place une politique de durabilité. Des véhicules plus propres, meilleurs pour l'environnement et le climat, en constituent un élément central." Les sociétés de leasing facilitent également les investissements dans l'infrastructure de rechargement. Et pas seulement sur les lieux de travail: des bornes de recharge sont également installées au domicile des utilisateurs, surtout pour les modèles électriques plus chers. D'Ieteren Auto, l'importateur des marques du groupe Volkswagen en Belgique, a par exemple créé sa propre filiale qui fournit cette infrastructure. Et les utilisateurs de voitures de société ne doivent pas non plus s'inquiéter de la valeur résiduelle et des frais d'entretien. "Pourtant, les ventes de voitures 100% électriques restent plutôt faibles, insiste Frank Van Gool. Et je ne suis vraiment pas certain que le particulier va suivre. Ceci étant, les sociétés de leasing vont sans doute devoir modifier le cycle de vie de leurs véhicules. Aujourd'hui, les voitures de flotte s'achètent pour des périodes de quatre à cinq ans. Elles sont ensuite revendues en occasion. Mais il n'est pas impossible que ces véhicules restent plus longtemps dans les flottes à l'avenir. Ils pourraient, par exemple, être d'abord placés auprès d'entreprises, puis donnés en leasing d'occasion à des particuliers dans le cadre de formules de leasing privé." Chez Renta, on ne reçoit guère de plaintes concernant les voitures 100% électriques. "Au contraire, souligne Frank Van Gool. Les conducteurs sont très satisfaits de leurs véhicules qui sont à la fois puissants et silencieux mais aussi très confortables. Il faut cependant rappeler que les utilisateurs actuels sont en fait 'idéaux': des gens qui ont la possibilité de recharger leur véhicule sur leur lieu de travail et, généralement, à leur domicile. Si le gouvernement impose des voitures de société 100% électriques, notamment par le biais de mesures fiscales, nous aurons de plus en plus d'utilisateurs qui ne pourront pas les recharger à leur domicile. Certains ne pourront même pas le faire sur leur lieu de travail. Or, les possibilités (semi-)publiques de rechargement sont suffisantes pour le parc de véhicule actuel mais pas pour celui de demain. L'infrastructure reste un obstacle à la généralisation des voitures électriques. Les réseaux et l'approvisionnement ne sont pas toujours optimaux." Autre incitant fiscal: les faibles impôts que paient les travailleurs disposant d'un véhicule électrique sur son utilisation privée (le fameux "avantage de toute nature"). On peut cependant se demander qui doit investir dans l'infrastructure à domicile: l'employeur ou le travailleur? De plus, il est nécessaire de comptabiliser séparément l'électricité consommée pour recharger la voiture si l'on veut que l'employeur puisse la prendre en charge. Or, aucune solution informatique satisfaisante n'est disponible aujourd'hui. Frank Van Gool continue donc de défendre aussi les voitures à moteur thermique. "Pour ceux qui parcourent de nombreux kilomètres, le diesel ou l'essence restent de très bons choix. Les nouveaux modèles consomment très peu et n'ont qu'un impact minime en matière d'émissions. D'autant que des carburants synthétiques et autres biocarburants arrivent sur le marché. Le bilan environnemental est souvent très favorable. Conclusion: je ne condamnerais certainement pas cette technologie." Une solution intermédiaire très utilisée aujourd'hui est celle des hybrides rechargeables, notamment parce qu'elles sont très attrayantes d'un point de vue fiscal. "Quelle fiscalité automobile notre gouvernement souhaite-t-il? s'interroge toutefois le directeur général de Renta. Aujourd'hui, les automobilistes qui utilisent un moteur thermique paient la majeure partie de la facture fiscale. Le gouvernement aurait intérêt à offrir une perspective claire et fiscalement honnête à tous les automobilistes." Frank Van Gool ne prêche-t-il pas pour sa propre chapelle? Les sociétés de leasing ne risquent-elles pas de devoir procéder à d'énormes réductions de valeur si elles doivent accélérer l'amortissement des voitures équipées d'un moteur à combustion classique? "Non, cette éventualité n'inquiète pas trop nos membres. Il restera un marché de l'occasion pour les moteurs classiques. A l'exportation, la demande de véhicules relativement bon marché va se maintenir pendant un bon bout de temps. En outre, nous remarquons déjà une forte demande de voitures électriques d'occasion. Cette demande va encore s'accroître au cours des années à venir. Si ce n'est que ces voitures électriques d'occasion sont également plus chères à l'achat et qu'il subsiste parfois quelques doutes concernant la durée de vie de la batterie."