En 2020, les entreprises belges ont mis sur le marché 743.000 tonnes d'emballages industriels. Le plastique ne représente qu'une faible partie de cet imposant volume (96.000 tonnes) mais cette fraction est proportionnellement peu recyclée (60% contre 82% pour le métal, 93% pour le bois et 100% pour le carton). Et pour la recycler, on l'expédie la plupart du temps en Asie, alors que les autres déchets d'emballage sont largement traités en Europe, voire en Belgique.
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En 2020, les entreprises belges ont mis sur le marché 743.000 tonnes d'emballages industriels. Le plastique ne représente qu'une faible partie de cet imposant volume (96.000 tonnes) mais cette fraction est proportionnellement peu recyclée (60% contre 82% pour le métal, 93% pour le bois et 100% pour le carton). Et pour la recycler, on l'expédie la plupart du temps en Asie, alors que les autres déchets d'emballage sont largement traités en Europe, voire en Belgique. Valipac, l'organisme chargé de ces emballages industriels et dont la mission vient d'être reconduite pour cinq ans, ne se satisfait pas de cette situation. Il entend ramener le traitement des déchets industriels en plastique dans le flux de l'économie circulaire, à la fois pour générer de l'activité ici et pour réduire l'impact environnemental de ces emballages. A cet effet, Valipac installe un nouveau système de primes, qui agiront sur quatre maillons de la chaîne. Valipac stimule la demande pour les matières recyclées en octroyant une prime de 50 euros/tonne aux entreprises qui utilisent des emballages en plastique contenant au moins 30% de matières recyclées pour commercialiser leurs marchandises en Belgique. Le site myRecycledContent.comdoit permettre à chaque entreprise de trouver les fournisseurs de ce type de produits. "Contrairement à une idée reçue, le plastique recyclé ne coûte pas plus cher, assure Francis Huysman, CEO de Valipac. Il a l'avantage d'une certaine stabilité, car les prix du plastique vierge suivent les courbes des prix pétroliers. La prime peut être le coup de pouce pour inciter les entreprises à opter pour de nouveaux types d'emballage." Les 7.000 entreprises adhérentes à Valipac versent une cotisation, dont le montant varie selon les propriétés de réutilisation et de recyclage des emballages mis sur le marché. Cette cotisation leur donne entre autres droit à un diagnostic de Valipac sur le niveau de durabilité de leurs emballages. Valipac met aussi en place des primes pour les entreprises qui trient leurs emballages industriels et facilitent ainsi le travail de recyclage en aval. Celles qui franchiront le pas pour la première fois en 2022 recevront en outre une prime de démarrage (150 euros). Si nous traitons désormais la plupart de nos déchets en Europe, ce n'est encore que partiellement le cas pour le plastique: 37% du tonnage est expédié en Asie et 24% en Turquie. Et quand les déchets sont partis, il est très difficile de savoir ce qu'ils deviendront. Valipac a conclu un accord avec SGS, qui vérifie le traitement de ces déchets sur place. Quand un collecteur de déchets envoie ses volumes dans une usine de recyclage certifiée EuCertPlast (ou équivalent), il bénéficiera d'une prime de 5 euros/tonne. Valipac travaille avec 220 collecteurs de déchets industriels. C'est l'élément central pour réussir la circularité dans le nouveau dispositif de Valipac. Les collecteurs ou traders qui décideront de faire traiter localement leurs déchets plastiques auront droit à une prime pouvant atteindre 30 euros/tonne pour un recyclage dans un rayon de moins de 300 km autour de Bruxelles. Cette prime est cumulable avec les 5 euros pour le recyclage auprès de recycleurs EuCertPlast (ou équivalent). "Nous travaillons à la fois sur l'offre et la demande pour inciter les différents acteurs de la chaîne à développer les capacités de traitement des emballages plastiques en Europe", résume Francis Huysman. Des entreprises modifient déjà leurs habitudes pour s'adapter à cette évolution. Elles optent par exemple volontiers pour des films plastiques transparents, plus faciles à recycler, plutôt que d'afficher leurs couleurs et leur logo sur tous les emballages industriels. "En soi, le recyclage des films colorés ne pose pas de problème, précise le CEO de Valipac. Mais après traitement, on obtient alors des granulats gris foncés qui ne peuvent plus être utilisés que pour fabriquer des sacs poubelles ou des bâches de construction. Les producteurs ont été très attentifs à la composition des bouteilles en PET pour le consommateur mais ils ont longtemps oublié de s'intéresser au film plastique autour de la palette avec toutes les bouteilles." C'est de telles évolutions que le nouveau système de Valipac entend accélérer. L'an dernier, la Région wallonne avait lancé six appels à projets pour la construction d'unités de traitement de déchets plastiques. Plusieurs sont en cours de construction. Elles traiteront les déchets issus des collectes ménagères et dont la gestion est sous la responsabilité de Fost Plus. Ne serait-il pas judicieux de réunir les flux ménagers et industriels pour arriver à un effet de masse et mieux rentabiliser les outils? "Pas spécialement car ce sont d'autres types de plastique et ils ne se recyclent généralement pas ensemble", répond Francis Huysman. La Belgique est l'unique pays qui dispose d'un organisme spécifique pour la gestion des déchets d'emballages industriels. Valipac a été lancé en 1997 grâce à un accord de coopération entre les trois Régions, compétentes en matière de gestion des déchets. Les entreprises qui mettent sur le marché belge des marchandises emballées (qu'elles soient importées ou produites ici) doivent soit démontrer qu'elles retraitent les déchets d'emballage, soit adhérer à Valipac qui permet de mutualiser les objectifs de traitement. Les cotisations d'adhésion rapportent 13 millions d'euros à l'organisme. Un peu plus de la moitié de ce montant est reversé aux entreprises sous forme de primes, destinées à orienter les comportements des acteurs. Le budget prévoit aussi environ 2 millions d'euros de rétributions pour les collecteurs.