Ce n'est pas le départ que Luc Partoune aurait espéré. Après une année exceptionnelle, en 2020, où Liege Airport a battu les records de volumes de fret, avec plus de 1,1 million de tonnes, son CEO a été congédié pour faute grave. Parmi les reproches figurerait une convention passée, sans appel à la concurrence, à une société appartenant à un ancien élu et échevin de Blegny, Jean-Claude Phlypo, pour 60.000 euros par an. C'est le résultat d'un examen mené par Deloitte, à la demande de NEB, premier actionnaire de l'aéroport. NEB est une société contrôlée par Nethys.
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Ce n'est pas le départ que Luc Partoune aurait espéré. Après une année exceptionnelle, en 2020, où Liege Airport a battu les records de volumes de fret, avec plus de 1,1 million de tonnes, son CEO a été congédié pour faute grave. Parmi les reproches figurerait une convention passée, sans appel à la concurrence, à une société appartenant à un ancien élu et échevin de Blegny, Jean-Claude Phlypo, pour 60.000 euros par an. C'est le résultat d'un examen mené par Deloitte, à la demande de NEB, premier actionnaire de l'aéroport. NEB est une société contrôlée par Nethys. Le conseil d'administration a décidé de se séparer de Luc Partoune, "avec effet immédiat", ce 9 février, selon un bref communiqué.27 ans en placePersonne n'a sans doute occupé aussi longtemps le poste de CEO d'un aéroport en Belgique : 27 ans. Luc Partoune le dirige depuis 1994, après avoir été chef de cabinet adjoint de ministres PSC (CdH aujourd'hui), Michel Liénard et Amand Dalem. La Région venait d'hériter de cet aéroport, naguère fédéral. Il a mené son développement, centré surtout sur le cargo, avec l'étape importante de l'arrivée de TNT Express en 1998, et de bien d'autres compagnies plus tard. Il a plutôt réussi le cargo, mais n'a guère pu développer le trafic passager.Luc Partoune aurait pu tomber bien plus tôt, car il avait été accusé de faux en écriture, de détournement de bien public, et avait négocié une transaction avec la justice. Sans pour autant perdre son poste.Un nouveau conseil d'administration Mais les temps ont changé. Sous l'impulsion du nouveau management de Nethys, le conseil d'administration de Liege Airport a été changé, les élus ont fait place à davantage de professionnels.Le président a longtemps été José Happart, un élu PS qui a lui aussi eu des soucis avec la justice. Parmi les nouveaux administrateurs figurent Sybille Mertens, administratrice de la CBC, professeure à HEC Liège, et Stéphane Burton, CEO de Blueberry et de Sabena Aerospace, qui est aussi vice-président de Liege Airport.Les regrets de Luc PartouneLors d'une rencontre avec quelques journalistes (dont un représentant de Trends Tendances), en septembre 2020, Luc Partoune s'était désolé qu'il avait moins de relais parmi les élus, en particulier pour affronter les plaintes nombreuses sur les nuisances sonores, qui sont le revers du succès de l'aéroport. "Nous sommes face à des municipalistes qui n'ont plus de relais au sein de notre conseil d'administration" expliquait-il. Ce n'était pas le seul changement. Le rapport entre Luc Partoune et le conseil renouvelé a visiblement aussi changé. Les nouveaux administrateurs semblent moins tolérants sur certains écarts et ont visiblement désiré tourner la page de l'ère Partoune.Lors de ce contact en septembre, l'interview avait eu lieu avec un tout nouveau jeune directeur général adjoint, Frédéric Jacquet. C'est lui qui va occuper le poste de CEO ad interim, en attendant que le conseil d'administration lance une procédure de recrutement pour trouver un nouveau directeur général. Frédéric Jacquet était auparavant chef de cabinet du ministre de tutelle des aéroports, Jean-Luc Crucke.