Terence Renier tient depuis une dizaine d'années un magasin de feux d'artifice, d'articles de cadeaux et de déguisements à Huy. Une entreprise familiale qui a pignon sur rue depuis 35 ans. Il est aussi le gérant, en parallèle, d'une société qui organise des feux d'artifice. La crise sanitaire le touche de plein fouet. Son activité est à l'arrêt total depuis mars. "L'organisation de mon dernier feu d'artifice remonte à la mi-février. Depuis, tous les autres contrats prévus pour 2020 - une centaine en tout - ont été annulés, sans aucune compensation", nous explique-t-il.
...

Terence Renier tient depuis une dizaine d'années un magasin de feux d'artifice, d'articles de cadeaux et de déguisements à Huy. Une entreprise familiale qui a pignon sur rue depuis 35 ans. Il est aussi le gérant, en parallèle, d'une société qui organise des feux d'artifice. La crise sanitaire le touche de plein fouet. Son activité est à l'arrêt total depuis mars. "L'organisation de mon dernier feu d'artifice remonte à la mi-février. Depuis, tous les autres contrats prévus pour 2020 - une centaine en tout - ont été annulés, sans aucune compensation", nous explique-t-il. Dans le contexte difficile de la crise sanitaire, Terence Renier n'a que peu de perspectives pour les fêtes de fin d'année, décembre étant un mois important en termes de chiffres d'affaires. "Je me raccrochais encore à Halloween mais cette fête-là est aussi tombée à l'eau." Il qualifie sa situation financière de "catastrophique". "J'ai perdu depuis le début de la crise 85% de mon chiffre d'affaires." Autre tuile : un décret qui pourrait interdire les feux d'artifices en Belgique comme c'est le cas aux Pays-Bas. "Si ce décret est voté, il m'achèvera", nous confie-t-il. Le commerçant dit ressentir de la colère face à cette situation. Il considère que les autorités témoignent d'un manque de respect envers les commerces dits "non essentiels". "C'est comme si on n'existait plus, qu'on dérangeait même. Au premier confinement, j'ai respecté les consignes à la lettre car tout le monde était sur le même pied d'égalité et qu'il fallait se montrer solidaires. Aujourd'hui, c'est différent. Dans un supermarché bien connu, il y a maintenant tout un rayon avec des bougies, des fanions, ... C'est de la concurrence frontale pour un commerce comme le mien qui est obligé de fermer. Je l'accepte très difficilement", déclare-t-il.Pour lui, les indemnités proposées par le gouvernement, dont le droit passerelle, ne sont pas suffisantes pour se tenir à flots, en tenant compte des frais fixes que sont les assurances - un poste important dans le secteur des artifices - le loyer, les véhicules... " Sans une trésorerie saine, je n'aurais pas pu tenir le coup jusque maintenant". Il ajoute : "Les aides proposées, c'est de la poudre aux yeux pour faire passer la pilule et pour calmer les citoyens". Le commerçant redoute les mois à venir et par-dessus tout une troisième vague qui représenterait le couperet final pour de nombreux commerces indépendants. "On va se retrouver avec des villes fantômes au final", déplore-t-il. Son moral en prend aussi un coup : "J'ai l'impression de travailler dans le vide. Chaque jour qui passe soulève de nouvelles questions. Et si je faisais tout cela pour rien ? Je peux comprendre les indépendants qui arrêtent leur activité pour limiter la casse. Mais moi je suis encore jeune dans le métier, je veux m'y accrocher." Terence Renier évoque tout de même un point plus positif au confinement : "Je prends le temps de mettre à jour mon site internet avec les milliers de références que j'ai en stock en magasin."L'artificier nous fait part de son ras-le-bol et s'interroge : "Pourquoi les magasins sont-ils ouverts aux Pays-Bas, et rouvriront bientôt en France et pas chez nous ? Cela incite les Belges à faire leur shopping à l'étranger." Il espère pouvoir rouvrir son magasin dès ce week-end. Une réouverture qu'il envisage d'ailleurs même si le gouvernement n'assouplit pas les mesures de lutte contre le coronavirus. "J'attends de pied ferme les annonces du prochain Comité de concertation ce vendredi. Et je n'ai pas peur de le dire, même sans autorisation, j'ouvrirai ma boutique, c'est ma dernière bouée de secours pour ne pas couler. Et tant pis pour les éventuelles amendes que je pourrais recevoir", lâche-t-il sans hésiter.