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1. Quels sont les avantages économiques et médicaux de la constitution d'un tel réseau hospitalier? C'est la recherche de l'efficacité, de la force de frappe. Nous formerons la plus grosse entreprise hospitalière de Wallonie, avec un ensemble de plus de 2.000 lits, soit le double de la taille habituelle de nos grands hôpitaux. Je pense que nous anticipons ainsi une tendance naturelle de l'évolution dans notre secteur. Du point de vue économique, Helora, c'est un chiffre d'affaires d'un milliard d'euros et 10.000 emplois. A l'échelle wallonne, il n'y a pas beaucoup d'acteurs de ce calibre. Tous les hôpitaux figurent d'ailleurs dans le top 100 des entreprises ayant leur siège social en Wallonie, que ce soit en termes d'emploi ou de chiffres d'affaires. Et n'oublions pas que nous sommes aussi des clients, des consommateurs pour beaucoup d'entreprises. Nous faisons tourner le tissu économique. 2. Le revers, c'est le gigantisme et la concentration des infrastructures. Comment éviter de créer des déserts hospitaliers? Il ne s'agit pas d'une rationalisation. Nous voulons absolument préserver la proximité à travers une large couverture territoriale (73 centres médicaux, sur 42 communes du Hainaut et du Brabant wallon, Ndlr) mais nous allons supprimer des doublons. A Mons comme à La Louvière, il y avait, pour des raisons historiques, deux hôpitaux quasiment l'un en face de l'autre. Nous allons construire un nouvel hôpital dans ces deux villes afin de regrouper les activités. Ils disposeront chacun de 900 lits, ce qui reste une taille raisonnable. Par ailleurs, supprimer des doublons, c'est aussi se donner des moyens supplémentaires à terme. Il y aura bien entendu quelques sur-spécialisations au sein de l'ensemble Helora mais l'enjeu est bien de proposer l'offre la plus complète partout. Les nouveaux hôpitaux de Mons et La Louvière devraient être construits d'ici 2030. 3. Les doublons dans notre paysage institutionnel résultent souvent de la concurrence entre les piliers confes-sionnels ou idéologiques. Est-ce le cas entre vos institutions? Plus mélangé que nous, c'est difficile: le groupe Jolimont est issu d'une congrégation religieuse, le CHU Tivoli est un hôpital mutualiste (Solidaris) et le CHU Ambroise Paré est un hôpital public, organisé sous la forme d'une intercommunale. Nous sommes la preuve qu'il y a moyen de dépasser les clivages traditionnels pour construire un projet ambitieux. Maintenant, dire que tout cela fut facile et spontané, ce serait vraiment exagérer... Je pense que l'ampleur du défi nous a aidés à surmonter les difficultés. Chacun a bien compris que nous pouvions accomplir ensemble des choses qu'aucun de nous n'aurait pu faire seul. Et puis il y a une certaine fierté à être parmi les premiers, voire les premiers, de Wallonie.