Start-up: le dico indispensable de la levée de fonds

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Le jargon start-up, souvent emprunté aux Américains de la Silicon Valley, est particulièrement riche. Y compris dans le domaine des levées de fonds. Voici une (petite) sélection de mots souvent utilisés durant cette période de recherche de financement.

Amorçage

Le capital d’amorçage représente les premiers fonds apportés dans la start-up (généralement par les fondateurs) afin de financer les dépenses préalables à la création de la boîte, payer les frais de recherche et développement, les études de marché, ou les frais de constitution de l’entreprise.

Bootstrap

Vous entendez parfois qu’une start-up se lance en mode bootstrap. Kezako ? Simplement un mot plus branché pour parler d’autofinancement. En gros, il s’agit de faire démarrer sa start-up en s’appuyant à la fois sur ses ressources propres et sur les revenus éventuels générés par son business. L’avantage ? Pas besoin de chercher trop tôt du financement, et donc possibilité de garder 100 % du contrôle. Certains entrepreneurs, pour assurer le décollage en mode bootstrap, se lancent dans une activité parallèle afin de financer leur projet, par exemple du conseil.

Business Angel

Particulier, généralement fortuné, qui décide de jouer les ” anges gardiens ” de jeunes entrepreneurs motivés en acceptant d’investir une partie de ses économies dans leur projet. En échange, il obtient un pourcentage de la boîte. Le business angel (les Français parlent parfois ” d’investisseur providentiel “) intervient assez tôt dans la vie de la jeune pousse et fait donc partie des investisseurs qui prennent, a priori, le plus de risques. Mais le business angel n’a, le plus souvent, pas comme seul objectif de réaliser un investissement financier. Il n’est pas rare qu’il souhaite jouer un rôle actif : mettre à profit son expérience, ses connaissances et son carnet d’adresses pour aider la start-up qu’il prend sous son aile. On trouve différents profils de business angels. Soit d’anciens boss ou cadres supérieurs de grandes boîtes, soit des entrepreneurs à succès qui ont déjà revendu leur start-up ou PME, soit – de plus en plus – de jeunes membres de grandes familles fortunées. Les business angels investissent le plus souvent entre 25.000 et 300.000 euros.

Crowdfunding

Ou financement participatif. Mode de financement qui permet de lever des fonds non pas auprès de quelques gros investisseurs mais plutôt auprès d’un grand nombre de particuliers, et ce au travers de plateformes en ligne. L’un des pionniers belges était MyMicroInvest (devenu Spreds) mais les alternatives sont nombreuses, tant en Belgique qu’à l’étranger.

Crowdlending

Ou crédit participatif. Sous-catégorie du crowdfunding, le crowdlending consiste, pour une entreprise, à aller chercher des fonds sous forme de prêt, auprès de la ” foule ” d’internautes. Le leader belge en la matière est la plateforme Look & Fin.

Family, Friends & Fools (“Les trois F”)

Pour trouver leurs premiers fonds, les entrepreneurs se tournent généralement vers des membres de leur famille, leurs amis ou des connaissances. Ces investisseurs, non professionnels, sont souvent peu gourmands sur le nombre de parts de la société demandées en échange et financent la start-up davantage pour aider ses fondateurs que pour gagner de l’argent.

Licorne

Start-up: le dico indispensable de la levée de fonds
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Start-up qui n’est pas cotée en Bourse mais dont la valorisation, déterminée par les investisseurs, dépasse 1 milliard de dollars. Autant dire qu’en Belgique, le nom licorne est plutôt bien choisi : cela fait rêver tout le monde… mais, cela n’existe pas (encore ? ) dans le numérique pur et dur.

MRR

Rien à voir avec quelque parti politique que ce soit : le MRR signifie monthly reccurring revenue, soit le revenu récurrent mensuel. Surtout d’application dans les business models qui fonctionnent à l’abonnement, par exemple le modèle du SaaS (Software as a Service, soit l’utilisation d’un logiciel en ligne contre abonnement). Le MRR correspond donc à la valeur totale, chaque mois, des abonnements souscrits par les utilisateurs. Beaucoup d’investisseurs disent qu’ils aiment voir des start-up dotées d’un bon MRR : cela les rassure car cet indicateur clé est stable. Du moins si les clients restent fidèles.

Pitch

Exercice de communication orale consistant à présenter son projet de start-up à des personnes influentes (investisseurs, partenaires, etc.) en vue de les convaincre. Le pitch doit être court, original et convaincant. Il dure généralement entre une et cinq minutes.

Product Market Fit

Graal suprême des fondateurs ambitieux de start-up innovantes. Le product market fit n’est autre que l’adéquation entre un produit et un marché, l’équilibre parfait entre la proposition de la jeune entreprise et les attentes du public. Pas évident à trouver, il est généralement atteint lorsqu’une portion non négligeable d’une cible comprend, achète et recommande un produit ou un service. Les investisseurs aiment que les start-up aient une idée claire de ce PMF.

Scalabilité

Terme particulièrement à la mode dans l’univers start-up et emprunté à l’univers de l’informatique. Pour un produit informatique, il s’agit de sa capacité à s’adapter à un changement d’échelle de la demande tout en conservant le même niveau de performance. Pour une start-up, on peut comprendre la “scalabilité” comme sa capacité à supporter une énorme demande, sans devoir augmenter sa structure dans les mêmes proportions.

Seed

En français : graine. Sans surprise, il s’agit de l’une des premières phases de l’élaboration de la start-up, ce stade précoce où elle tend encore à développer son produit, son business model et cherche encore l’adéquation avec son marché. Même s’il n’existe pas de norme, on considère qu’en période de seed, les start-up lèvent généralement entre 100.000 euros et 1 million d’euros auprès de business angels, de fonds spécialisés dans ce stade de développement, d’invests, etc.

Serie A

Il n’existe pas de règles très établies concernant les différents tours de levées de fonds : timing, montants et objectifs peuvent fortement varier d’un business et d’un projet à un autre. Néanmoins, on considère généralement la Série A comme le premier vrai tour de table réalisé en dehors de l’entourage proche des fondateurs, des business angels et des premiers fonds institutionnels. Elle consiste le plus souvent à rendre le produit ou le service ” scalable “, et d’établir un business model. Les montants levés peuvent varier mais généralement, en Belgique, la série A dépasse 1 million d’euros, jusqu’à 5 millions.

Serie B

Deuxième tour de financement d’une start-up. Là encore, pas de véritable règle scientifique mais il intervient le plus souvent quand la start-up a pour ambition de changer d’échelle. Tout le business est généralement bien établi, ce sont les premières vraies étapes de croissance, les premiers pas sérieux vers l’étranger. Dans certains cas, c’est aussi la phase où les start-up lèvent des fonds pour réaliser leurs premières petites acquisitions en vue de se renforcer. Pour une série B, les montants peuvent être de plus de 5 millions d’euros.

Serie C, Série D, Série E, Séries F

Ce sont les levées de fonds supplémentaires, chaque tour portant une lettre. Ils ont pour objectif de soutenir une croissance et mise à l’échelle encore plus grande. La start-up a démontré certains succès à l’international et passe à une vitesse encore plus grande, sur encore plus de marchés. Les acquisitions potentielles peuvent être nettement plus importantes. Et l’argent levé dépasse les 20 millions d’euros jusqu’à plusieurs centaines de millions d’euros dans les séries D, série E et F. Rares sont les start-up belges qui sont déjà arrivées aux séries C et série D. A part les Showpad, Collibra, Teamleader, etc.

Term sheet

Document court reprenant les principaux termes d’un contrat à venir. Un term sheet est généralement signé entre les parties (investisseurs/entrepreneurs, par exemple) après une première série de négociations et avant la rédaction définitive du contrat qui, lui, est (généralement) signé après un examen minutieux de la start-up.

Traction

Probablement l’un des principaux buzzword au sein des start-up. La traction n’est autre que la capacité de la jeune pousse à “attirer”, par exemple des clients, des utilisateurs, des investisseurs, des partenaires, etc. Terme mis en avant pour démontrer l’intérêt et le début de succès du projet, encore incapable d’afficher un chiffre d’affaires. La traction, soit l’attractivité de la start-up, peut se démontrer en combinant un certain nombre de données. Par exemple : le trafic sur une page, le nombre d’utilisateurs ou la croissance du nombre d’utilisateurs, le nombre d’articles de presse, d’inscriptions et de consultations des newsletters, d’abonnés aux réseaux sociaux, etc.

V.C.

Diminutif de venture capitalist. Il s’agit de fournisseurs de capital-risque, souvent des professionnels qui investissent dans les start-up et scale-up. Généralement, il s’agit de sociétés organisées à cette fin, plus rarement des particuliers. Leur boulot, c’est de rassembler de l’argent de différentes sources (privées/publiques) puis de trouver et financer des entreprises avec, pour objectif, de réaliser les meilleures plus-values lors de la revente, à l’avantage de leurs propres investisseurs. Comme ils veulent des retours les plus élevés possibles, ils réalisent souvent de gros paris sur des business naissants susceptibles de devenir très lucratifs. Les VC acceptent donc le risque de perdre de l’argent sur certaines start-up qui échoueront, à condition bien sûr que les projets à succès soient extrêmement lucratifs pour compenser ces échecs.

Christophe Charlot

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