"Le grand défi, aujourd'hui, n'est pas seulement de bien collecter, trier et recycler les bouteilles en plastique, mais de réutiliser la matière pour fabriquer de nouvelles bouteilles", lance Stany Vaes, directeur général de Denuo, la fédération belge des entreprises actives dans le traitement et le recyclage des déchets. Une directive européenne impose aux industriels d'incorporer au moins 25% de plastique recyclé dans leurs bouteilles commercialisées dans l'Union à l'horizon 2025, et 30% en 2030. "Sans cette obligation, cela aurait sans doute mis plus de temps", estime le responsable.
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"Le grand défi, aujourd'hui, n'est pas seulement de bien collecter, trier et recycler les bouteilles en plastique, mais de réutiliser la matière pour fabriquer de nouvelles bouteilles", lance Stany Vaes, directeur général de Denuo, la fédération belge des entreprises actives dans le traitement et le recyclage des déchets. Une directive européenne impose aux industriels d'incorporer au moins 25% de plastique recyclé dans leurs bouteilles commercialisées dans l'Union à l'horizon 2025, et 30% en 2030. "Sans cette obligation, cela aurait sans doute mis plus de temps", estime le responsable. Tous s'y mettent. Premier minéralier belge, Spadel annonçait le mois dernier que toute bouteille de sa marque d'eau pétillante Bru contenait désormais 100% de rPET (PET recyclé). Le groupe dit vouloir aller plus loin que le prescrit européen, ayant pour ambition de passer à des bouteilles composées à 100% de rPET pour l'ensemble de ses marques d'ici 2025. Autre acteur, même mouvement. La semaine dernière, le géant du soda Coca-Cola annonçait qu'à partir de cet été, il n'utilisera plus du tout de plastique vierge pour ses bouteilles en PET en Belgique et au Luxembourg. Cela signifie que tous les flacons de Coca-Cola, Fanta, Sprite, etc., conçus chez nous seront dorénavant fabriqués en plastique entièrement recyclé. "C'est un shift très important qui va nous permettre de réduire de 70% notre empreinte carbone en économisant 14.000 tonnes de plastique vierge chaque année", explique Eva Lefevre, porte-parole de Coca-Cola European Partners. Ce passage au plastique recyclé recèle plusieurs défis. Il a tout d'abord un coût. "La collecte, le tri, le traitement, la reproduction des granulés, etc. Toutes ces opérations font que le rPET est plus cher que le PET vierge", rappelle Stany Vaes. Pour Coca-Cola Belux, cela représentera un investissement de plus de 10 millions d'euros par an. "C'est un choix conscient, de long terme", poursuit Eva Lefevre. Autre défi: la disponibilité de la matière. La Belgique est particulièrement exemplaire en matière de collecte à domicile. On estime à 92% le taux de collecte des bouteilles en plastique via le célèbre sac poubelle bleu. Les 8% restants concernent ce que l'on appelle le on the go, la collecte hors domicile. Les consommateurs ont ici un grand rôle à jouer, tout comme les industriels eux-mêmes qui pourraient financer davantage, via Fost Plus, l'installation de poubelles dans l'espace public et lors de grands événements (festivals, matchs, etc.). Aujourd'hui, toutes les bouteilles en PET triées en Belgique dans des centres de tri sous contrat avec Fost Plus sont recyclées en Europe. Elles pourraient demain l'être chez nous. Une première unité de recyclage de PET verra en effet le jour fin 2022 à Couillet, près de Charleroi. Fruit d'un partenariat entre Suez et Sources Alma (Cristaline, Vichy Célestins, Pierval, etc.), cette usine financée en partie par la SRIW permettra de recycler 40.000 tonnes de PET chaque année.