Le télétravail est un des grands acquis de cette pandémie. Nous avons déjà abondamment parlé des avantages et des inconvénients que le travail à distance charrie tant pour les employés que pour leurs managers et les entreprises qui les emploient. Petit à petit, les sociétés belges envisagent le nouveau normal et pérennisent ce télétravail de façon formelle. De deux à trois jours fixes par semaine à des formules plus hybrides où le choix d'aller au bureau est plus flottant et lié à des besoins ponctuels. Qu'on aime ou pas, le télétravail nécessite une certaine adaptation pour parvenir à gérer les relations humaines. Comme le disait, dans ces mêmes colonnes il y a peu, Jean-Charles Velge, le cofondateur de l' insurance hacker Qover, Zoom, c'est bien pour délivrer ce qu'on attend de vous mais pour faire copain-copain, ce n'est pas génial. Dans le même ordre d'idées, moult DRH regrettent la perte de l'informalité, dont la fameuse discussion autour de la machine à café. Selon eux, c'est l'un des grands défauts du télétravail obligatoire.
...

Le télétravail est un des grands acquis de cette pandémie. Nous avons déjà abondamment parlé des avantages et des inconvénients que le travail à distance charrie tant pour les employés que pour leurs managers et les entreprises qui les emploient. Petit à petit, les sociétés belges envisagent le nouveau normal et pérennisent ce télétravail de façon formelle. De deux à trois jours fixes par semaine à des formules plus hybrides où le choix d'aller au bureau est plus flottant et lié à des besoins ponctuels. Qu'on aime ou pas, le télétravail nécessite une certaine adaptation pour parvenir à gérer les relations humaines. Comme le disait, dans ces mêmes colonnes il y a peu, Jean-Charles Velge, le cofondateur de l' insurance hacker Qover, Zoom, c'est bien pour délivrer ce qu'on attend de vous mais pour faire copain-copain, ce n'est pas génial. Dans le même ordre d'idées, moult DRH regrettent la perte de l'informalité, dont la fameuse discussion autour de la machine à café. Selon eux, c'est l'un des grands défauts du télétravail obligatoire. Et c'est là qu'interviennent les bureaux virtuels. L'idée est de reproduire sur l'écran du PC les espaces familiers du bureau mais aussi de coller, au plus près, aux interactions habituelles. Plusieurs start-up ont développé de belles solutions qui commencent à avoir beaucoup de succès. C'est le cas de TeamFlow, créée à San Francisco par le Français Florent Crivello. "Il manque quelque chose dans le travail à distance, dit-il. En gros, quand vous voulez parler à un collègue, il faut ouvrir Slack, chercher son nom, lui envoyer une demande Zoom et attendre sa réponse. Et une fois établi, le Zoom prend vite des allures formelles. Clairement, en entreprise, vous auriez été pousser la porte de son bureau, non? Eh bien, c'est exactement ce que notre solution de bureau virtuel propose. Vous voyez vos collègues sur notre solution et il suffit de se rapprocher pour entamer une discussion. Toutes les applis collaboratives sont également disponibles. Et notre bureau virtuel autorise une personnalisation infinie de l'espace de travail, y compris une salle de jeux pour se détendre et où des logiciels sont disponibles." The Coding Machine, une société de services informatiques parisienne qui fabrique des sites internet et des intranets à façon pour des clients, est partie du même constat. "L'idée est venue lors du premier confinement, se souvient David Négrier, directeur technique de The Coding Machine. Nous étions malheureux car nous, les codeurs, avons besoin d'échanges informels pour résoudre des problèmes à la minute. Or, c'est impossible avec les moyens à disposition. Alors, nous avons imaginé un outil pour reproduire nos propres bureaux et imiter de façon digitale, notre façon de travailler. Work Adventure était née. Par le plus grand des hasards, l'association française des utilisateurs de PHP (un langage open source utilisé pour réaliser des applications web, Ndlr) a aimé notre solution et s'en est servie pour réaliser son congrès annuel. C'est de la même manière que nous tombés sur le Chaos Computer Club d'Allemagne, l'association des hackers éthiques allemands. Notre produit, destiné au départ uniquement à nos usages, a fait de plus en plus d'adeptes. Au point que nous en avons fait un vrai produit commercial."Si TeamFlow a un côté plus sérieux, tant Work Adventure que Gather Town et Branch, les deux autres acteurs majeurs du secteur, ont choisi un look rétro qui rappelle Pacman ou les premiers jeux Nintendo. Un choix qui n'a rien de nostalgique même si le côté vintage participe au succès des outils. "Travailler en 2D avec des images à l'ancienne permet surtout de ne pas demander trop de puissance aux PC, confie David Négrier. Mais c'est vrai que cela plaît beaucoup. Nous constatons aussi que nos clients adorent jouer avec les petits modules qui permettent de recréer leurs espaces de travail au départ de notre bibliothèque. Cela excite clairement leur créativité."Work Adventure (comme Gather Town d'ailleurs) est facile d'utilisation. A l'aide des quatre touches flèches du clavier, on déplace son avatar dans les espaces créés. Dès qu'il s'approche d'un autre avatar, un cercle se dessine et une appli de vidéoconférence s'ouvre immédiatement. Un procédé extrêmement simple qui se répète dans les salles de réunion ou dans des auditoriums d'une centaine de places. "En réalité, nous sommes une plateforme de réunions virtuelles et informelles, poursuit David Négrier. Principalement pour celles qu'on ne doit pas planifier à l'avance. Cela peut aussi aisément remplacer les fameuses discussions autour de la machine à café. Clairement, Work Adventure permet de travailler à nouveau de façon synchrone. Ce qui marche quand même pas trop mal dans la vraie vie (rires)! C'est un outil qui permet de redéfinir notre façon de travailler à distance et de recréer le côté social qui s'est perdu en chemin. Un peu plus de plaisir, d'empathie et de sympathie aussi..." Work Adventure est un logiciel open source. Tous les codeurs peuvent donc se l'approprier sur Github et le modifier pour l'adapter à leurs besoins. Il s'agit donc d'un outil en constante évolution. Pour les entreprises qui préfèrent une solution dans le cloud, The Coding Machine peut mettre en ligne une solution sur mesure qui coûte 5 euros par employé et par mois. Au-delà de l'aspect bureau virtuel, Work Adventure fonctionne aussi très bien pour des événements. Par ses bulles personnalisées, il autorise en effet des contacts informels en dehors du programme officiel lors d'un cocktail ou dans des espaces lounges ad hoc. Une solution qui a, par exemple, séduit la Société Générale pour son opération de recrutement annuelle. "Nous avions créé un espace personnalisé aux couleurs de la banque, conclut David Négrier. Nous savons que Work Adventure est utilisé partout en Europe pour faire des événements, voire des anniversaires. Un prêtre allemand y organise même ses messes. Actuellement, nous cherchons une solution pour mettre l'outil à disposition des écoles dont on sait qu'elles ne sont pas très riches. Il serait très facile de donner cours via Work Adventure tout en permettant des échanges personnalisés entre prof et élève à l'issue de la séance. Mais aussi d'imaginer une véritable cour de récréation. Et nous savons tous que les jeunes sont en manque de contacts sociaux ces temps-ci." Les solutions de bureaux virtuels ont, en tout cas, la cote auprès des investisseurs. Gather Town, qui annonce 4 millions d'utilisateurs, vient de lever 26 millions de dollars lors d'un tour de table de série A mené par Sequoia Capital. TeamFlow a lui amassé 14 millions en deux mois de la même manière. Quant à The Coding Machine, elle va filialiser Work Adventure et recrute activement pour développer une activité qui sort de son core business.