Pourquoi Typhanie a-t-elle dû attendre si longtemps avant d'évincer Thierry ?

J'ai un bureau en Suisse et, là-bas, je suis Typhanie depuis quelques années déjà. En Belgique, se posaient des questions familiales qu'il est assez facile de deviner. Ce n'est pas évident quand on est marié et quand on a des enfants. Il faut tenir compte de sa famille quand on prend des décisions...

Cela veut-il donc dire que, jusqu'ici, vous meniez une "double vie" : Typhanie en Suisse et Thierry en Belgique ?

(Rires) Oui, oui, tout à fait ! En Suisse, j'étais Typhanie et quand je revenais en Belgique, j'étais bien obligé, à regret, de vivre en tant que Thierry.

Quel a été le déclic qui fait que, aujourd'hui, vous êtes aussi Typhanie en Belgique ?

Mon fils cadet a 14 ans et c'est un âge à partir duquel on commence à comprendre un certain nombre de choses. C'était difficile de le faire avant. C'est une question de couple à régler aussi...

Justement, quelle a été la réaction de vos proches à ce changement ?

Mes grands enfants majeurs ont réagi merveilleusement bien, de façon extrêmement positive, et le reste de ma famille aussi. J'ai beaucoup de chance d'avoir une famille très compréhensive. Elle a fait preuve de beaucoup plus que, simplement, de la tolérance passive que je vois chez beaucoup de gens et que je comprends d'ailleurs tout à fait. J'ai eu un appui réel de la part de la grande partie de ma famille.

Vous êtes donc toujours avec votre épouse ?

Oui, mais c'est un sujet délicat. C'est compliqué pour elle et je la comprends tout à fait. Je ne vais pas me prononcer pour elle, mais tout peut arriver entre nous.

Au niveau professionnel cette fois, comment cette annonce est-elle passée ?

J'ai été frappé par la grande maturité et la grande tolérance de mon entourage professionnel, que ce soit mes associés, mes collaborateurs ou mes clients. J'ai reçu un nombre important d'appels spontanés de la part de personnes qui me connaissaient pour me féliciter, pour m'encourager ou pour m'exprimer leur sympathie. J'ai trouvé cela tout à fait extraordinaire de la part de personnes qui sont des amis, des clients, des collègues, des confrères... En réalité, je n'ai pas eu de réaction négative, même si je ne suis pas naïve. Je pense qu'il y a des gens qui, sans m'en parler, doivent avoir un point de vue moins positif, mais c'est leur droit. Jusqu'ici, je n'ai pas eu d'expression de quelque terme désagréable de qui que ce soit.

Maintenant que cela se sait, craignez-vous malgré tout des réactions négatives de clients plus "conservateurs" qui pourraient ne plus recourir à vos services ?

On ne peut jamais jurer qu'aucun client ne sera mécontent, mais j'ai mon expérience du bureau suisse qui a pris beaucoup d'importance ces dernières années et qui a vu son chiffre d'affaires multiplié par cinq durant cette période. Bien loin de perdre des clients, j'en ai beaucoup plus ! Alors, je ne vais pas dire que c'est parce que je suis une femme, mais je pense en tout cas que cela ne m'a pas porté préjudice. Au contraire, j'ai senti assez bien de sympathie. Je pense que, aujourd'hui, les gens sont ouverts et que nous sommes dans une société qui est inclusive.

Il est vrai que, en Belgique, nous avons une ministre transgenre, Petra de Sutter, et cela n'a pas créé de remous...

Elle a montré une voie et j'ai beaucoup d'admiration pour elle à ce niveau-là. Elle a du courage et elle a effectivement montré que, dans notre société, cela ne pouvait pas être ni un inconvénient ni quelque chose qui peut nuire à une carrière. Les personnes différentes doivent être traitées de la même manière. Il ne faut que personne ne soit lésé en raison de son appartenance à une minorité ou en raison de ce qu'il ou elle est.

La procédure administrative a-t-elle été simple dans le changement que vous avez opéré ?

Franchement, la procédure belge est très simple et réellement accessible à tout le monde puisqu'il ne faut pas de procédure judiciaire pour changer de genre. Il suffit de faire deux déclarations à l'administration communale qui doivent être séparées d'au moins trois mois, ce qui suppose que l'on mature un peu sa décision. Je trouve que c'est une très bonne formule et qui date de la loi transgenre de 2017. Cette loi montre que la Belgique est tout à fait prête à ce niveau-là. Elle a été proposée par une secrétaire d'état N-VA, Zuhal Demir, et tout le monde était prêt à l'accepter. La Belgique a été, avec Malte et les Pays-Bas, un des pays à la pointe de cette évolution.

Au final, quel est le message que vous voulez faire passer aujourd'hui à travers cette annonce et la médiatisation qui en découle ?

Ce que je veux exprimer, c'est que j'assume mon choix. Je suis une femme et je me présente comme telle. Je n'ai absolument aucune honte, ni du passé, ni du présent. Je n'ai aucune raison de cacher que je fais ce changement très important dans ma vie et donc je l'exprime à l'égard des personnes que je connais, des personnes qui me sont proches, mais à l'égard du grand public aussi.

Pourquoi Typhanie a-t-elle dû attendre si longtemps avant d'évincer Thierry ?J'ai un bureau en Suisse et, là-bas, je suis Typhanie depuis quelques années déjà. En Belgique, se posaient des questions familiales qu'il est assez facile de deviner. Ce n'est pas évident quand on est marié et quand on a des enfants. Il faut tenir compte de sa famille quand on prend des décisions...Cela veut-il donc dire que, jusqu'ici, vous meniez une "double vie" : Typhanie en Suisse et Thierry en Belgique ?(Rires) Oui, oui, tout à fait ! En Suisse, j'étais Typhanie et quand je revenais en Belgique, j'étais bien obligé, à regret, de vivre en tant que Thierry.Quel a été le déclic qui fait que, aujourd'hui, vous êtes aussi Typhanie en Belgique ?Mon fils cadet a 14 ans et c'est un âge à partir duquel on commence à comprendre un certain nombre de choses. C'était difficile de le faire avant. C'est une question de couple à régler aussi...Justement, quelle a été la réaction de vos proches à ce changement ?Mes grands enfants majeurs ont réagi merveilleusement bien, de façon extrêmement positive, et le reste de ma famille aussi. J'ai beaucoup de chance d'avoir une famille très compréhensive. Elle a fait preuve de beaucoup plus que, simplement, de la tolérance passive que je vois chez beaucoup de gens et que je comprends d'ailleurs tout à fait. J'ai eu un appui réel de la part de la grande partie de ma famille.Vous êtes donc toujours avec votre épouse ?Oui, mais c'est un sujet délicat. C'est compliqué pour elle et je la comprends tout à fait. Je ne vais pas me prononcer pour elle, mais tout peut arriver entre nous.Au niveau professionnel cette fois, comment cette annonce est-elle passée ?J'ai été frappé par la grande maturité et la grande tolérance de mon entourage professionnel, que ce soit mes associés, mes collaborateurs ou mes clients. J'ai reçu un nombre important d'appels spontanés de la part de personnes qui me connaissaient pour me féliciter, pour m'encourager ou pour m'exprimer leur sympathie. J'ai trouvé cela tout à fait extraordinaire de la part de personnes qui sont des amis, des clients, des collègues, des confrères... En réalité, je n'ai pas eu de réaction négative, même si je ne suis pas naïve. Je pense qu'il y a des gens qui, sans m'en parler, doivent avoir un point de vue moins positif, mais c'est leur droit. Jusqu'ici, je n'ai pas eu d'expression de quelque terme désagréable de qui que ce soit.Maintenant que cela se sait, craignez-vous malgré tout des réactions négatives de clients plus "conservateurs" qui pourraient ne plus recourir à vos services ?On ne peut jamais jurer qu'aucun client ne sera mécontent, mais j'ai mon expérience du bureau suisse qui a pris beaucoup d'importance ces dernières années et qui a vu son chiffre d'affaires multiplié par cinq durant cette période. Bien loin de perdre des clients, j'en ai beaucoup plus ! Alors, je ne vais pas dire que c'est parce que je suis une femme, mais je pense en tout cas que cela ne m'a pas porté préjudice. Au contraire, j'ai senti assez bien de sympathie. Je pense que, aujourd'hui, les gens sont ouverts et que nous sommes dans une société qui est inclusive.Il est vrai que, en Belgique, nous avons une ministre transgenre, Petra de Sutter, et cela n'a pas créé de remous...Elle a montré une voie et j'ai beaucoup d'admiration pour elle à ce niveau-là. Elle a du courage et elle a effectivement montré que, dans notre société, cela ne pouvait pas être ni un inconvénient ni quelque chose qui peut nuire à une carrière. Les personnes différentes doivent être traitées de la même manière. Il ne faut que personne ne soit lésé en raison de son appartenance à une minorité ou en raison de ce qu'il ou elle est. La procédure administrative a-t-elle été simple dans le changement que vous avez opéré ?Franchement, la procédure belge est très simple et réellement accessible à tout le monde puisqu'il ne faut pas de procédure judiciaire pour changer de genre. Il suffit de faire deux déclarations à l'administration communale qui doivent être séparées d'au moins trois mois, ce qui suppose que l'on mature un peu sa décision. Je trouve que c'est une très bonne formule et qui date de la loi transgenre de 2017. Cette loi montre que la Belgique est tout à fait prête à ce niveau-là. Elle a été proposée par une secrétaire d'état N-VA, Zuhal Demir, et tout le monde était prêt à l'accepter. La Belgique a été, avec Malte et les Pays-Bas, un des pays à la pointe de cette évolution.Au final, quel est le message que vous voulez faire passer aujourd'hui à travers cette annonce et la médiatisation qui en découle ?Ce que je veux exprimer, c'est que j'assume mon choix. Je suis une femme et je me présente comme telle. Je n'ai absolument aucune honte, ni du passé, ni du présent. Je n'ai aucune raison de cacher que je fais ce changement très important dans ma vie et donc je l'exprime à l'égard des personnes que je connais, des personnes qui me sont proches, mais à l'égard du grand public aussi.