Il y a une espèce de malentendu à propos des libertés, et encore davantage des doctrines libérales. Pour beaucoup, le libéralisme n'est que le faux nez du capitalisme et est la doctrine de ceux qui aiment l'argent et qui veulent bénéficier des possibilités les plus larges pour en gagner sans être soumis à trop de règles. Et il faut reconnaître qu'à cette critique, de gauche, correspond malheureusement souvent un comportement, de droite, qui fait que beaucoup parmi ceux qui se pensent libéraux croient pouvoir ramener leur doctrine au simple libéralisme économique.

C'est une énorme erreur. Elle finit par donner l'impression, inexacte, que le libéralisme est une espèce de conservatisme au service des puissances d'argent alors que la liberté doit toujours être une source de progrès, dans tous les domaines, et pour tous.

On ne peut pas non plus laisser admettre l'idée qu'il y aurait des "libertés de droite", surtout économiques, et des "libertés de gauche", activables dans le domaine personnel uniquement. Les unes ne vont pas sans les autres et il est triste, d'un côté comme de l'autre, qu'on l'ignore souvent. Ceux qui veulent exprimer leur personnalité, leurs talents, artistiques ou même commerciaux dans leur travail et qui croient trouver une compensation suffisante de leurs efforts dans des satisfactions matérielles qui leur sont offertes librement doivent avoir le droit d'en bénéficier, même si c'est sans doute réduire leur vie à une petite partie de ce qu'elle pourrait être. On ne peut, à gauche, leur reprocher de faire un tel choix, même si on ne le partage sans doute pas. Mais il faut aussi accepter qu'il y a d'autres choix peut-être plus valorisants qui doivent être possibles aussi, dans la liberté.

Il est souvent dommage de voir que ceux-là même qui vantent à l'extrême les libertés économiques sont incapables d'accepter la diversité de ceux qui, tout simplement, ont choisi de vivre autrement ou ont constaté que leurs différences s'imposaient à eux.

Ces différences peuvent être de multiples sortes mais elles touchent toutes à l'identité, à la personnalité, à ce qui fait l'essence de la vie. Il ne peut exister aucun intérêt supérieur, aucun prétendu "intérêt général" qui puisse passer avant ces choix-là, ces manières de vivre sa vie en étant "libre d'être ce que l'on est". C'est cela la base de l'existence, c'est ce qui permet de comprendre sa place dans la vie et ses liens avec les autres. Et cela ne peut, jamais, être subordonné à quoi que ce soit d'autre, à quelque doctrine que ce soit, à quelque tradition, à quelqu'habitude de penser.

Chacun doit pouvoir trouver en toute liberté sa place dans sa vie, connaître son identité et la vivre exactement telle qu'elle est. Qu'il s'agisse pour lui ou pour elle d'un "choix" ou simplement, et peut-être plus justement, de la constatation qu'il ou elle est différent, non seulement de tous les autres mais aussi de ce que tous les autres ont vu en elle ou en lui, pendant longtemps.

Ce droit, c'est par exemple celui de voir qu'on n'est pas l'homme que tous ou presque ont voulu croire pendant longtemps, mais qu'on est une femme, et qu'on s'appelle désormais Typhanie au lieu de Thierry.

Il y a une espèce de malentendu à propos des libertés, et encore davantage des doctrines libérales. Pour beaucoup, le libéralisme n'est que le faux nez du capitalisme et est la doctrine de ceux qui aiment l'argent et qui veulent bénéficier des possibilités les plus larges pour en gagner sans être soumis à trop de règles. Et il faut reconnaître qu'à cette critique, de gauche, correspond malheureusement souvent un comportement, de droite, qui fait que beaucoup parmi ceux qui se pensent libéraux croient pouvoir ramener leur doctrine au simple libéralisme économique. C'est une énorme erreur. Elle finit par donner l'impression, inexacte, que le libéralisme est une espèce de conservatisme au service des puissances d'argent alors que la liberté doit toujours être une source de progrès, dans tous les domaines, et pour tous. On ne peut pas non plus laisser admettre l'idée qu'il y aurait des "libertés de droite", surtout économiques, et des "libertés de gauche", activables dans le domaine personnel uniquement. Les unes ne vont pas sans les autres et il est triste, d'un côté comme de l'autre, qu'on l'ignore souvent. Ceux qui veulent exprimer leur personnalité, leurs talents, artistiques ou même commerciaux dans leur travail et qui croient trouver une compensation suffisante de leurs efforts dans des satisfactions matérielles qui leur sont offertes librement doivent avoir le droit d'en bénéficier, même si c'est sans doute réduire leur vie à une petite partie de ce qu'elle pourrait être. On ne peut, à gauche, leur reprocher de faire un tel choix, même si on ne le partage sans doute pas. Mais il faut aussi accepter qu'il y a d'autres choix peut-être plus valorisants qui doivent être possibles aussi, dans la liberté. Il est souvent dommage de voir que ceux-là même qui vantent à l'extrême les libertés économiques sont incapables d'accepter la diversité de ceux qui, tout simplement, ont choisi de vivre autrement ou ont constaté que leurs différences s'imposaient à eux. Ces différences peuvent être de multiples sortes mais elles touchent toutes à l'identité, à la personnalité, à ce qui fait l'essence de la vie. Il ne peut exister aucun intérêt supérieur, aucun prétendu "intérêt général" qui puisse passer avant ces choix-là, ces manières de vivre sa vie en étant "libre d'être ce que l'on est". C'est cela la base de l'existence, c'est ce qui permet de comprendre sa place dans la vie et ses liens avec les autres. Et cela ne peut, jamais, être subordonné à quoi que ce soit d'autre, à quelque doctrine que ce soit, à quelque tradition, à quelqu'habitude de penser. Chacun doit pouvoir trouver en toute liberté sa place dans sa vie, connaître son identité et la vivre exactement telle qu'elle est. Qu'il s'agisse pour lui ou pour elle d'un "choix" ou simplement, et peut-être plus justement, de la constatation qu'il ou elle est différent, non seulement de tous les autres mais aussi de ce que tous les autres ont vu en elle ou en lui, pendant longtemps. Ce droit, c'est par exemple celui de voir qu'on n'est pas l'homme que tous ou presque ont voulu croire pendant longtemps, mais qu'on est une femme, et qu'on s'appelle désormais Typhanie au lieu de Thierry.