"La biométrie liée à l'avatar nous tracasse fortement ", lance Axel Legay professeur à l'Ecole polytechnique de l'UCLouvain lors d'une conférence de presse sur le métavers organisée par l'UCLouvain. "Ce qui est encore plus risqué dans le métavers, c'est qu'on peut observer encore plus attentivement comment les utilisateurs s'y comportent. En 20 minutes, un avatar effectue par exemple plus de 2 millions de mouvements, qui sont autant de signatures biométriques de leur propriétaire", illustre l'expert en cybersécurité.
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"La biométrie liée à l'avatar nous tracasse fortement ", lance Axel Legay professeur à l'Ecole polytechnique de l'UCLouvain lors d'une conférence de presse sur le métavers organisée par l'UCLouvain. "Ce qui est encore plus risqué dans le métavers, c'est qu'on peut observer encore plus attentivement comment les utilisateurs s'y comportent. En 20 minutes, un avatar effectue par exemple plus de 2 millions de mouvements, qui sont autant de signatures biométriques de leur propriétaire", illustre l'expert en cybersécurité. Il donne un exemple concret : "Si un avatar se comporte de façon risquée au niveau financier, cette information sera exploitée pour lui proposer un prêt à taux variable. Cela lui coutera en réalité encore plus d'argent que le vol de sa carte de crédit." Il sera aussi possible de repérer l'état mental ou physique d'une personne avec d'éventuelles dérives à la clé. " Si une personne dodeline de la tête, il en sera peut-être déduit qu'elle est malade, il lui sera alors proposé des médicaments spécifiques. Pire, au-delà des pubs très ciblées, on peut aller encore plus loin et en déduire qu'elle n'est plus apte à travailler ", explique Axel Legay. "C'est inquiétant, car le comportement d'une personne dans la vie réelle n'est pas le même que dans le monde virtuel. On peut être violent dans un monde est pas dans l'autre, tout comme insulter sur les réseaux sociaux, mais pas dans la vie réelle".L'expert louvaniste pointe une autre brèche de sécurité dans les accessoires utilisés pour évoluer dans le métavers (casque, gants,...). "Dans les capteurs sensoriels de ces accessoires, il y a des petites puces qui permettent de collecter des infos et de les envoyer à certaines personnes. Même si le métavers est sécurisé, ces accessoires ne le sont pas", avertit-il. S'il existe des réglementations destinées à protéger les internautes - la question de l'extrapolation des données est actuellement identifiée par le RGPD - le métavers sera difficilement sécurisableet fera de ses utilisateurs des proies particulièrement vulnérables. "En plus de les sensibiliser, il faudra également que l'Union européenne, malgré le retard qu'elle a pris en la matière, se dote d'une réelle identité digitale et parle d'une seule voix pour protéger ses citoyens", estime Axel Legay.Ce dernier insiste sur un dernier point : "Il faut éviter que les métavers soient à la merci des GAFAM. Il est nécessaire de collaborer et de discuter avec eux, mais de ne pas leur laisser le monopole. Il faut un encadrement avec l'industrie, en Wallonie cela se met petit à petit en place."L'expert en cybersécurité donne trois conseils de base pour ceux et celles qui s'y aventureront : protégez au maximum votre connexion (antivirus, mots de passe, etc.), dévoilez-en le moins possible sur vous et renseignez-vous sur le matériel que vous utilisez.