Le Covid semble inhiber les salariés. Le secrétariat social Securex a calculé que les départs volontaires ont reculé de 18% en 2020. "Depuis 2015, la tendance était pourtant inverse: on observait une hausse du taux de rotation volontaire de l'ordre de 6% tous les ans", indique Guillaume Bosmans, expert en étude RH chez Securex.
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Le Covid semble inhiber les salariés. Le secrétariat social Securex a calculé que les départs volontaires ont reculé de 18% en 2020. "Depuis 2015, la tendance était pourtant inverse: on observait une hausse du taux de rotation volontaire de l'ordre de 6% tous les ans", indique Guillaume Bosmans, expert en étude RH chez Securex. Cette petite étude a été réalisée sur un échantillon de 42.477 travailleurs, dans le portefeuille client de Securex, avec un traitement statistique pour obtenir des chiffres représentatifs au niveau national. Ce manque d'appétit pour aller voir ailleurs tient à la fois à un souci de sécurité et aussi à des opportunités moins nombreuses. La volonté de changement qui a pu se manifester ici et là avec la pandémie ne s'est donc globalement pas concrétisée. Les contrats à durée déterminée non renouvelés sont aussi moins nombreux (-17%). Le contexte du Covid a toutefois poussé les départs involontaires à la hausse, de +16%, qu'il s'agisse de licenciements, notamment dans le cadre de faillites, ou de départs à la (pré)pension. Pour Guillaume Bosmans, ces départs involontaires risquent encore d'augmenter. "Ils ont été freinés par le gel des faillites, mais cela ne va pas durer. Concernant les départs liés à la pension, anticipée ou non, la démographie fait que ce chiffre devrait augmenter." Paul Verschueren, directeur régional de Federgon, la fédération des opérateur de services RH, parle même d'une "épée de Damoclès" sur "la tête du marché de l'emploi" car "les indicateurs traditionnels masquent, pour l'instant, la gravité de la crise". Tout dépendra de la vitesse du redémarrage de l'activité lorsque la vaccination aura touché une bonne partie de la population.