Les commerces "non-essentiels" pourront rouvrir leurs portes ce mardi 1er décembre, selon un protocole sanitaire assez strict. En réalité, ils n'auraient peut-être jamais dû les fermer pendant un mois. C'est ce qu'il ressort de propos tenus par le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), et d'experts dimanche à la télévision flamande. Des propos qui provoquent du remous.
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Les commerces "non-essentiels" pourront rouvrir leurs portes ce mardi 1er décembre, selon un protocole sanitaire assez strict. En réalité, ils n'auraient peut-être jamais dû les fermer pendant un mois. C'est ce qu'il ressort de propos tenus par le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), et d'experts dimanche à la télévision flamande. Des propos qui provoquent du remous."Le shopping n'est pas un très grand risque en soi, si cela se fait de manière très contrôlée", a souligné Frank Vandenbroucke. Pourquoi ont-ils été fermés fin octobre, alors? "Parce qu'il arrive un moment où il faut prendre une 'décision choc', pour obtenir un 'effet choc'." Le ministre fédéral de la Santé dit toutefois ne pas regretter cette décision parce qu'elle a porté ses fruits. Pour Christine Mattheeuws, Présidente du Syndicat National des indépendants (SNI), c'est l'incompréhension la plus totale suite à cette sortie du ministre de la Santé socialiste. " Je connais bien Mr Vandenbroucke, ses déclarations déçoivent fortement. Cela fait mal qu'un homme aussi intelligent, socialiste en plus, fasse une déclaration aussi malheureuse. C'est très atypique pour lui car c'est une personne qui d'ordinaire prend soin des autres et apporte de l'espoir, cette déclaration ne colle pas au personnage. Je ne comprends absolument pas qu'il ait pu dire une telle chose après tous les efforts réalisés par les commerçants, c'est très dommage! ", nous confie-t-elle.Christine Mattheeuws estime qu'on ne peut pas sacrifier 35.000 indépendants par une mesure "symbolique", alors que certains risquent la faillite. "Une telle décision est complètement irresponsable et totalement irrespectueuse pour tous ces entrepreneurs qui ont consacré beaucoup d'efforts pour sécuriser leur commerce", s'offusque-t-elle.Le SNI ne compte pas demander d'indemnités supplémentaires pour ce mois perdu. "Le mal est fait. Ce qui nous console, c'est que les virologues nous ont encore dit la semaine passée que ce n'était pas une erreur d'avoir fermé les magasins non essentiels, qu'on ne pouvait pas faire autrement", commente Christine Mattheeuws.Pour le Syndicat des Indépendants, il serait toutefois utile que le ministre de la Santé explique auprès des commerçants ce qu'il a réellement voulu dire car ils sont nombreux à être fâchés et à le prendre très mal. L'Union des classes moyennes urge, de son côté, les autorités à revoir leur communication, "qui manque de clarté et de cohérence", après l'aveu du ministre Vandenbroucke sur le risque mineur que représentaient les commerces dans la propagation du virus, pourtant fermés pendant un mois."Cette déclaration - maladroite ou scandaleuse - a mis le feu aux poudres auprès des commerçants. Empêcher des citoyens de travailler, les priver de leurs revenus, est une décision grave qui ne peut se justifier qu'en cas de nécessité. Il n'y a pas d'activité 'non-essentielle' pour ceux qui l'exercent et leurs clients. Ce n'est pas la bonne manière de faire adhérer la population aux mesures de prudence sanitaire", estime la fédération. L'UCM déplore par la même occasion que le dernier comité de concertation était "une nouvelle fois tardif et filandreux" et ne présentait pas de décisions claires dans tous les cas. "Jouer au détective pour savoir si l'on peut rouvrir, et dans quelles conditions, donne le sentiment d'être tenu pour quantité négligeable et provoque le rejet", relève-t-elle. UCM demande donc la reprise des métiers de contact (coiffure, esthétique...) et des agences de paris le 15 décembre. "Ils ne peuvent pas rester à l'arrêt pour provoquer 'un choc psychologique' mais seulement si le risque sanitaire est sérieux, ce qui n'est certainement pas démontré aujourd'hui", estime la fédération. UCM demande aussi des perspectives claires pour l'horeca, les cinémas et les théâtres, ainsi que pour tous les autres lieux où des précautions sanitaires sont possibles. "Une gestion sérieuse de l'épidémie doit permettre de connaître les lieux et comportements à risques et d'agir de façon ciblée. Les entrepreneurs ne peuvent pas aborder 2021 sans savoir quand et comment ils pourront rouvrir et sur quelles aides ils pourront compter", conclut-elle.Le SDI est scandalisé Daniel Cauwel, Président du SDI et membre de la Chambre des Classes Moyennes du Conseil Economique et Social bruxellois, se déclare aussi indigné par les propos du Ministre de la Santé belge : "Un tel manque d'empathie est pour moi totalement irresponsable, méprisant et donc incompréhensible ! Le comité de concertation est-il vraiment incapable de comprendre ce que cela peut faire pour un citoyen d'être empêché de travailler du jour au lendemain, et de ne plus pouvoir nourrir sa famille ? ", déclare-t-il par voie de communiqué. Le SDI rappelle: "Derrière les commerces et les entreprises qui ont dû - ou doivent toujours - fermer, il y a des hommes et des femmes qui ne méritent en aucun cas de se voir entraîner la faillite et la misère et encore moins si c'est pour des raisons qui n'ont aucun objectif sanitaire."