Dans une récente campagne publicitaire, Coca-Cola lançait un appel : " Aide-nous à recycler ! ", scandait la marque. " Nos bouteilles ne sont constituées que de 26% de matériau recyclé alors qu'elles sont 100% recyclables, peut-on lire sur son site. Pourquoi un tel écart ? Parce que nous recevons trop peu de bouteilles vides en retour. Ces emballages finissent dans la mauvaise poubelle ou, pire encore, dans la rue ou dans la mer. " La responsabilité du consommateur, en somme...
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Dans une récente campagne publicitaire, Coca-Cola lançait un appel : " Aide-nous à recycler ! ", scandait la marque. " Nos bouteilles ne sont constituées que de 26% de matériau recyclé alors qu'elles sont 100% recyclables, peut-on lire sur son site. Pourquoi un tel écart ? Parce que nous recevons trop peu de bouteilles vides en retour. Ces emballages finissent dans la mauvaise poubelle ou, pire encore, dans la rue ou dans la mer. " La responsabilité du consommateur, en somme... Depuis septembre, pourtant, le groupe commercialise sa marque d'eau Chaudfontaine dans des bouteilles entièrement fabriquées à partir de rPET. Et il n'est pas le seul. Un autre géant du secteur, Nestlé, embouteille lui aussi son eau Valvert dans des contenants composés à 100% de plastique recyclé. Il semblerait donc qu'il suffise d'un peu de bonne volonté... et d'accepter d'acheter du PET recyclé (rPET), plus cher que le PET vierge. Ces groupes n'ont toutefois pas tort quand ils disent qu'il faut améliorer la collecte. " Si toutes les marques voulaient passer aujourd'hui à 100% de rPET dans leurs bouteilles, je ne sais pas où elles iraient le chercher, affirme Cédric Slegers, directeur général adjoint de Go4Circle, la fédération belge des entreprises privées de l'économie circulaire. La demande de PET recyclé est toujours plus forte mais il n'y en a pas suffisamment. Son prix, du coup, augmente. " Nestlé n'a d'ailleurs pas choisi Valvert par hasard pour en faire sa première marque entièrement rPET. " Avec 40 millions de bouteilles écoulées cette année, la marque représente environ 20% de notre activité 'eaux' en Belgique, explique Philippe Fardel, business executive officer de Nestlé Waters Benelux. Il était beaucoup plus simple de transformer une petite marque qu'une marque comme Vittel, qui représente, dans le groupe, 700 millions de bouteilles. " Pour le géant de l'agroalimentaire, le passage au 100% rPET pour sa marque Valvert a nécessité plusieurs adaptations. " C'est une transformation radicale d'un point de vue technique notamment, assure le responsable. Nous menons toute une série de tests pour vérifier la qualité du rPET que nous achetons majoritairement en France et aux Pays-Bas étant donné qu'il n'y a pas de production de rPET en Belgique. En ce qui concerne les presses qui transforment les granules de PET recyclé en préformes, ce n'est pas tout à fait le même réglage. Et puis, le soufflage de la bouteille a, lui aussi, dû être quelque peu adapté. " Tout cela a nécessité, on l'imagine, pas mal d'investissements, mais Philippe Fardel l'assure : " Nous n'avons pas augmenté nos tarifs. Nous sommes dans un secteur particulièrement concurrentiel. " Afin de faire baisser le prix du PET recyclé, il faut augmenter les quantités, et donc améliorer le taux de collecte. Celui-ci est déjà particulièrement élevé en Belgique avec 82% des bouteilles en PET collectées via le célèbre " sac bleu ". " Chez nous, le taux de collecte est à peu près correct, même s'il demande à être amélioré, insiste Philippe Fardel. C'est surtout la collecte hors du domicile qui doit être améliorée. " Du côté de Go4Circle, on soulève par ailleurs la question de la qualité du plastique collecté. Il a récemment été décidé d'élargir le sac PMC existant à d'autres déchets en plastique, ce qui pourrait augmenter le risque de contamination. " Le sac bleu devenant de plus en plus hétérogène, le fait de conserver un PET transparent de qualité optimale va être un fameux défi ", affirme Cédric Slegers. Chez Nestlé, on ne se fait pas trop de souci. " Le sac bleu élargi est plutôt une bonne nouvelle, estime Philippe Fardel. Plus on va collecter, mieux ce sera. Les centres de tri s'équipent d'ailleurs pour être davantage à la pointe et pour éviter les risques de contamination. " Dans l'industrie, toutefois, certains lancent d'autres pistes pour améliorer la collecte et le tri. A contre-courant de la majeure partie des acteurs du secteur, Spadel (Spa, Bru) ouvrait ainsi récemment le débat en mettant sur la table plusieurs solutions dont... l'introduction d'un système de consigne. " Il pourrait augmenter le taux de collecte, reconnaît Philippe Fardel. Mais il y a un vrai risque de déconsommation car nous allons augmenter fortement le prix d'achat. Or, le prix de l'eau est déjà très élevé en Belgique. " " La consigne ne permettra jamais d'atteindre 100% de taux de collecte, affirme pour sa part Cédric Slegers. Peut-être plus que l'actuel sac bleu, mais nous sommes avant tout pour que Fost Plus ( financé par les industriels, Ndlr) aide à collecter plus qu'avant, surtout dans les entreprises, les écoles, les centres sportifs, mais aussi dans la rue. Or, quand on voit les dernières campagnes publicitaires de Coca-Cola ou d'AB InBev, elles ont davantage pour objectif d'éviter une mauvaise image en mettant l'accent sur les déchets sauvages plutôt que d'engendrer une démarche environnementale efficace. AB InBev ferait bien de financer des sacs bleus autour des stades plutôt que de simplement dire qu'il faut mettre son emballage à la poubelle. "" Chez Nestlé Waters, on est d'accord pour dire qu'il faut améliorer la collecte hors du domicile. " Mais n'oubliez pas que l'on finance déjà énormément Fost Plus, souligne Philippe Fardel. Des test out of home sont menés. Dans les aéroports, il y a déjà plus ou moins trois sortes de poubelles. Mais c'est la partie on the go qui est aussi très importante. Il y a notamment des choses à faire dans les stations- services, en rue, etc. Nous sommes partenaires de festivals et nous sommes en train de voir si, en plus de points de collecte, nous ne pourrions pas faire en sorte que les festivaliers soient crédités de quelques centimes quand ils ramènent leurs bouteilles. " " Si nous faisons passer certaines de nos marques très rapidement en rPET, c'est bien parce que nous pensons que la collecte s'améliorera et que nous serons en capacité d'acheter suffisamment de plastique recyclé. Maintenant, nous pensons aussi que le rPET n'est qu'une étape. C'est une solution intermédiaire, mais ce n'est plus ce qu'attend le consommateur d'eau aujourd'hui. Le passage au rPET ne permet pas d'endiguer le déclin de l'eau en bouteille pour un certain nombre de clients qui considèrent que PET ou rPET, cela reste du plastique. Nous nous devons donc de chercher d'autres emballages : en métal, en carton, en verre, etc. Ce n'est pas pour rien si Nestlé a lancé deux instituts du packaging en Suisse. "