L'année 2019 est à oublier pour Uber. Alors que l'entreprise était très enthousiaste avant son introduction en Bourse en mai de l'année dernière, celle-ci fut finalement extrêmement décevante pour l'entreprise californienne de VTC (voiture de transport avec chauffeur).
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L'année 2019 est à oublier pour Uber. Alors que l'entreprise était très enthousiaste avant son introduction en Bourse en mai de l'année dernière, celle-ci fut finalement extrêmement décevante pour l'entreprise californienne de VTC (voiture de transport avec chauffeur). La valorisation de cette dernière avant IPO avait été évaluée à 120 milliards de dollars, ramenée finalement à 82 milliards, avec une valeur de l'action fixée à 45 dollars. Valeur qui n'a fait que reculer dès les premiers jours après l'introduction en Bourse, pour tomber à 41 dollars. Depuis, comme nous l'apprend le site Business Insider, les actions se sont toujours échangées en-dessous de la valeur initiale fixée l'année dernière. Même si la plateforme américaine avait enregistré un chiffre d'affaires record en 2018 (11,3 milliards de dollars, soit 42% d'augmentation), sa perte totale avait atteint pratiquement les 2 milliards (contre 4 l'année précédente). Pour 2019, c'est pire : suite au plantage de son introduction en Bourse, l'entreprise a enregistré des pertes colossales, s'élevant à 8,5 milliards de dollars. Si Uber a augmenté son chiffre d'affaires de 37% lors du dernier trimestre de 2019 par rapport à celui de l'année 2018 (pour grimper à 4,07 milliards de dollars), cela ne lui a pas empêché de terminer l'année avec la tête des mauvais jours. L'entreprise peut en tout cas remercier sa partie "livraison à domicile" car Uber Eats a enregistré un chiffre d'affaires en augmentation de 65%, pour atteindre les 500 millions de dollars. Le tour de passe-passe du PDGLe modèle économique de l'entreprise a depuis toujours soulevé beaucoup de doutes. Sa croissance a effet un coût extrêmement important. Si ce genre d'entreprises deviennent rapidement dominantes, c'est certainement grâce aux investissements massifs. Ceux-ci permettent de couvrir les pertes en attendant de dégager, sans certitude, à moment, du profit. Mais les investisseurs pourraient-ils un moment perdre patience ? On se rappelle que Jeff Bezos avait demandé à l'époque aux actionnaires d'Amazon de rester calmes. À raison. Le leader mondial du commerce en ligne avait finalement dégagé des bénéfices, de l'ordre de 3 milliards en 2018, rassurant ses investisseurs. Du côté d'Uber, malgré les mauvais chiffres annoncés pour l'année écoulée, l'entreprise reste tout de même sereine. Son patron, Dara Khosrowshahi, a promis aux investisseurs que la rentabilité serait enfin atteinte à la fin de l'année. Les pertes du dernier trimestre de l'année 2019 ont été plus faibles que prévu, ce qui explique l'annonce plutôt optimiste du PDG, comme l'explique Korii. Mais il y a un "mais".La déclaration du Khosrowshahi a en tout cas fait grimper l'action Uber de 10% en Bourse. Mais la promesse cache un petit tour de passe-passe comptable. Il y aura des bénéfices, donc de la rentabilité, mais avant le calcul de l'EBITDA, c'est-à-dire avant les impôts, les intérêts et les amortissements. Le problème, c'est que ce genre de pratiques a tendance à masquer une réalité moins positive et à présenter les performances de l'entreprise sous un regard quelque peu tronqué. Comme l'explique une nouvelle fois Korii, de nombreuses entreprises des TIC avaient eu recours à ce procédé pour gonfler leurs revenus et ainsi faire "plaisir" aux investisseurs, ce qui a conduit à l'éclatement de la "bulle technologique" (ou internet) au début du siècle, provoquant ainsi le krach boursier de 2001-2002. Alors que l'indice IXIC du Nasdaq n'était que de 1.000 en 1995, il a quintuplé pour atteindre la barre des 5.000 points en 2000. Il s'effondrera et descendra sous la barre des 2.000 points dès 2001 pour atteindre son plus bas niveau en 2002 avec moins de 1.200 points.