Une étude de modélisation publiée la semaine dernière dans Nature Human Behavior, une revue de référence, suggère que l'assouplissement progressif des mesures de confinement génère des pertes moindres que la levée rapide des restrictions, suivie d'une réintroduction possible du verrouillage.
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Une étude de modélisation publiée la semaine dernière dans Nature Human Behavior, une revue de référence, suggère que l'assouplissement progressif des mesures de confinement génère des pertes moindres que la levée rapide des restrictions, suivie d'une réintroduction possible du verrouillage. La pandémie de Covid-19 s'est maintenant propagée à presque tous les pays du monde et a conduit à des mesures de confinement comprenant des contrôles stricts sur les voyages, les interactions sociales et l'activité commerciale. Les auteurs de l'étude, Dabo Guan, de l'université de Tsinghua à Pékin, et ses collègues de plusieurs universités à travers le monde (Groningen, Edimbourg, Londres, Irvine et Washington) ont utilisé un modèle de catastrophe économique pour quantifier l'effet à court terme de différentes méthodes de confinement sur les chaînes d'approvisionnement mondiales (soit les systèmes de production et de distribution mondiales de biens et services) et pour étudier comment les pertes liées à la pandémie seront réparties le long de ces chaînes. Les auteurs ont modélisé 39 scénarios individuels sur la base de quatre ensembles de scénarios de confinement. Trois séries étaient basées sur la propagation géographique du virus, la durée de l'isolement et la sévérité (le pourcentage de réduction de la disponibilité de main-d'oeuvre et de transport par rapport aux niveaux d'avant la pandémie). Le quatrième ensemble a modélisé les impacts potentiels à mesure que les verrouillages se relâchent, y compris les dommages possibles si des restrictions restaient en place pendant une plus longue période ou devaient être réintroduites après un rebond du virus. Dans un scénario selon lequel un confinement de deux mois portant sur " 80% de rigueur " n'aurait été mis en oeuvre qu'en Chine, les auteurs ont constaté que l'effet sur la chaîne d'approvisionnement aurait été de 3,5% du PIB mondial. Cependant, ce chiffre passe à 26,8% si le scénario est appliqué à l'échelle mondiale. L'augmentation de la durée d'un lockdown à 80% de deux à quatre mois fait passer les pertes économiques mondiales de 20 trillions (milliards de milliards) de dollars à 22,7 trillions de dollars. Les auteurs ont également constaté que les pays non directement touchés par le virus subissent d'importantes pertes économiques en raison des politiques de confinement dans les pays touchés et que les pays à revenu faible et intermédiaire sont particulièrement vulnérables à ces effets indirects. Les auteurs ont modélisé trois scénarios de rétablissement pour la levée des restrictions et ont constaté que la levée des restrictions sur une période de 12 mois avec une réduction de 20% de la main-d'oeuvre et du transport entraînait des pertes plus faibles que la levée rapide des restrictions suivie d'un nouveau verrouillage. Ils ont constaté qu'aux Etats-Unis, les pertes prévues en levant lentement les restrictions sur 12 mois étaient de 24,6% à 54,8% moins élevées que si les restrictions étaient levées rapidement et devaient être réintroduites ensuite. Dabo Guan et ses collègues suggèrent également que si la pandémie devait se reproduire, des blocages plus courts et plus stricts, qui pourraient dépendre de la coordination mondiale, pourraient réduire les pertes d'environ 11% dans le monde. Ils soutiennent qu'un effort collectif mondial est nécessaire pour éradiquer la maladie et minimiser les impacts économiques sur les chaînes d'approvisionnement nationales et mondiales.