Brussels Airlines a adopté une approche solidaire pour affronter la tempête du coronavirus. Tout le personnel a été mis au chômage temporaire à 30% de son temps de travail. La compagnie a choisi d'étaler la formule pour mitiger la baisse de revenus. Mais beaucoup travaillent encore à temps plein, car tous les postes ne sont pas touchés par l'impact du virus.
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Brussels Airlines a adopté une approche solidaire pour affronter la tempête du coronavirus. Tout le personnel a été mis au chômage temporaire à 30% de son temps de travail. La compagnie a choisi d'étaler la formule pour mitiger la baisse de revenus. Mais beaucoup travaillent encore à temps plein, car tous les postes ne sont pas touchés par l'impact du virus. La mesure, habile, s'explique car Brussels Airlines a été contrainte de réduire ses vols de 45% pour avril, et peut-être davantage si d'autres restrictions sont prises par certains pays, comme l'ont fait le Canada ou encore les Etats-Unis, qui refusent les passagers européens. Ryanair envisage l'arrêt complet de ses vols, après les avoir réduits de 80% sur avril et mai. C'est la course aux économies. Ces économies, hélas, ne suffiront pas à préserver les finances des compagnies dans une période de plusieurs semaines sans recettes. Le président de Brussels Airlines, Etienne Davignon, a indiqué à nos confrères néerlandophones de Trends que la compagnie, comme d'autres, va demander un soutien des pouvoirs publics. " Nous allons déposer un dossier auprès des autorités, a-t-il expliqué. Nous demandons un soutien temporaire, que nous rembourserons dès que nous reviendrons à une situation normale. " Un bureau d'étude du secteur aérien, Capa, a tiré la sonnette d'alarme en annonçant que " d'ici la fin mai 2020, la plupart des compagnies aériennes dans le monde auront fait faillite. Une action coordonnée des gouvernements et de l'industrie est nécessaire ". Les compagnies les plus faibles tombent les premières, comme la britannique Flybe, en difficulté avant la crise, qui a fermé récemment boutique. Notons que la Sabena, la compagnie historique belge, a disparu après la crise qui a suivi les attentats du 11 Septembre. La situation de Brussels Airlines est très différente. Elle fait partie - c'est une chance - d'un des premiers groupes mondiaux du secteur, Lufthansa. Qui survivra ? Selon Capa, tout dépendra de la volonté des Etats à soutenir leurs compagnies, même privées. C'est le cas des grandes compagnies chinoises, souvent à capitaux publics, des gros transporteurs américains, d'Air France KLM, que ni la France ni les Pays-Bas ne laisseront tomber. Idem pour Lufthansa avec l'Allemagne, les compagnies du Golfe, ou les transporteurs riches en cash, fort rentables, comme Ryanair ou easyJet. Dans un récent communiqué, Ryanair a rappelé qu'elle disposait de plus de 4 milliards d'euros de cash. Les règles européennes s'opposent aux aides publiques à des transporteurs en difficulté, craignant une distorsion de la libre concurrence. Cette fois, vu la nature de cette crise, la Commission européenne est prête à se montrer plus souple et étudie un cadre pour organiser l'intervention des Etats, à titre exceptionnel. S'ils le souhaitent.