450 emplois
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Tout est parti de la faillite, le 8 mars, de Greensill, l'"Amazon des fonds de roulement". Cette société fondée par l'Australien Lex Greensill avait basé son succès sur l'affacturage inversé: Greensill allégeait la trésorerie des entreprises en payant rapidement leurs fournisseurs à leur place. Et les clients à qui Greensill faisait ces avances s'engageaient à rembourser en étalant leurs paiements. Greensill, entre-temps, plaçait ces créances auprès d'investisseurs comme des fonds gérés par Credit suisse. Et pour rassurer ces investisseurs sur la qualité de ces créances, une bonne partie d'entre elles étaient assurées contre un défaut de paiement. Ce business était très important: en 2020, Greensill avait ainsi avancé 143 milliards de dollars à 10 millions de clients dans 175 pays. Le château de cartes s'est cependant écroulé lorsque Tokio Marine, le principal assureur opérant pour Greensill, a remarqué qu'il avait dépassé ses limites de risques et qu'il a jeté l'éponge. Du coup, les créances n'ont plus trouvé d'amateurs et Greensill a dû cesser ses activités, entraînant dans les problèmes ses principaux clients, parmi lesquels le financier anglo-indien Sanjeev Gupta, fondateur de GFG Alliance et de Liberty Steel et très gros client de Greensill. Beaucoup de questions se posent aujourd'hui sur l'avenir du groupe Gupta, qui avait racheté en 2019 une partie des actifs d'ArcelorMittal à Liège et à Dudelange. Les gouvernements britanniques et français ont déclaré vouloir soutenir les activités sidérurgiques de Liberty. C'est plus flou à Liège où les syndicats s'inquiètent.